Pourvu qu'E.T. soit sympa...

  Oui, je sais, c'est lundi, entre deux ponts ensoleillés, et vous avez peut-être envie que je vous parle d'autres choses que de la destruction inévitable de notre monde par des extraterrestres. Et pourtant, ce week-end, j'ai lu un très court papier qui est du genre à faire froid dans le dos.

 

 

Oui, je sais, c'est lundi, entre deux ponts ensoleillés, et vous avez peut-être envie que je vous parle d'autres choses que de la destruction inévitable de notre monde par des extraterrestres. Et pourtant, ce week-end, j'ai lu un très court papier qui est du genre à faire froid dans le dos.

L'idée est toute simple. Vous savez peut-être que depuis quelques années, on cherche, grâce à des très grands radiotelescopes, comme celui d'Arecibo(celui qu'on voit dans le James Bond Goldeneye), les traces éventuelles de signaux radio émis par de toutes aussi éventuelles civilisations extraterrestres. C'est ce qu'on appelle le programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence – recherche d'intelligence extraterrestre.).

 

Il existe aussi des programmes parallèles d'émission de messages à leur destination : M(essaging to)ETI. Il se trouve, on en apprend tous les jours, qu'il existe parmi les chercheurs des voix « METIphobes », réticentes à l'envoi de tels messages, arguant qu'ils pourraient être interceptés par des civilisations hostiles. Manquait un léger effort de quantification de la menace. C'est ce que propose le Dr Zaitsev dans son papier. Et l'affaire est vite pliée... Il s'agit en fait de sortir une calculatrice, et de constater que, grosso modo, ces messages précis ont un million de fois moins de chances d'être détectés ... que d'autres émissions radar terrestres, celles qui sont, par ailleurs, utilisées pour étudier les planètes et les astéroïdes.

 

Pour le dire autrement (et voir apparaître le léger problème), inutile de se creuser la têtes avec les risques potentiels des messages METI : il y a de toute façon un million de fois plus de chances que d'autres traces de notre vie aient déjà été repérés.

Gloups.

 

Alors bien sûr, on a le temps de voir venir, puisqu'avec l'impossibilité de voyager plus vite que la lumière, on voit mal débarquer des armées de petits hommes verts avant plusieurs millénaires. Mais ce « détail » mis à part, si comme moi vous vous dites que dans l'univers infini, il y a sacrément de chances que des civilisations extraterrestres existent en assez grand nombre et si vous vous imaginez alors qu'il y en a, dans le lot, un bon paquet qui puissent être hostiles, vous pouvez en conclure que je viens... de vous gâcher la semaine.

Euh sinon, sympa les beaux jours qui reviennent...:)

 

 

Etonnant, ces exercices de styles quantitatifs et un peu dérisoires pour, finalement, jouer à se faire peur, ou chercher tant et plus tous les moyens de sonder notre vraie place dans l'univers. Probabilité d'une vie ailleurs, probabilité de se connecter, probabilité de s'entendre, on n'en sortira donc jamais !

 

Il y a dix milles manières de s'inquiéter de la fin de la vie humaine sur terre : nos stocks d'armes à ruiner cent fois toute trace de vie, sans parler de l'arme de destruction massive qu'est notre rapport au réchauffement climatique, ni même l'éventualité d'un prochain disque de Céline Dion, bref, ce monde est déjà cruel mais non, il faut quand même qu'on se demande sérieusement si Alien va venir nous dévorer tout cru. La science, parfois, avec ses règles de trois et ses calculs de probabilités, me déroute tant elle cache mal les envies naïves, et finalement touchantes, de comprendre tout simplement ce que nous faisons-là...

 

(Message Personnel : Alf, E.T., j'ai laissé des bières dans le frigo. Pour vous. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir. Vous pouvez aussi attaquer le saucisson. Pas de quoi)

 

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