La science 2.0 après le chercheur 1.0 !

Pour un nouveau blog qui tente modestement de se lancer sur les questions de science, certains d'entre vous trouveront le titre de ce premier billet assez peu original. Il se trouve que cette formule n'est pas de mon crû, mais qu'il s'agit du titre d'un article paru la semaine dernière dans la « prestigieuse » revue Science, comme on dit, et abondamment commenté dans la blogosphère scientifique anglo-saxonne.

Pour un nouveau blog qui tente modestement de se lancer sur les questions de science, certains d'entre vous trouveront le titre de ce premier billet assez peu original. Il se trouve que cette formule n'est pas de mon crû, mais qu'il s'agit du titre d'un article paru la semaine dernière dans la « prestigieuse » revue Science, comme on dit, et abondamment commenté dans la blogosphère scientifique anglo-saxonne. Ben Shneiderman, son auteur, nous annonce rien moins que la transition de la « Science 1.0 », son cortège de « héros » (sic) comme « Galilée, Newton et Einstein », ses principes - « tests d'hypothèse, modèles prédictifs, reproductibilité »,etc.- vers la « Science 2.0 ». A ce stade, on est déjà heureux d'apprendre -c'est mon cas- que l'on est un chercheur 1.0, la journée n'est pas perdue. Mais on brûle d'envie de savoir ce qu'est ce nouvel âge de la science. C'est là que cela devient déconcertant...Shneiderman explique que le succès des approches collaboratives sur le web offrent des potentialités nouvelles pour le « business, l'éducation et la sécurité nationale ». Il continue en expliquant à quel point ces approches servent aussi bien la cause du « journalisme citoyen » que celle... d' « Amazon (et) eBay » !

Alors pourquoi pas celle de la recherche scientifique ? L'interrogation se fait alors affirmation, et l'on apprend donc que les approches collaboratives vont donner un coup de vieux aux principes poussiéreux évoqués ci-dessus qui ont, certes, permis de décrire la « gravité, l'électricité, le magnétisme, et la lumière » ( une paille !) mais que les « leaders de la science 2.0 » eux, étudient « la confiance, l'empathie, la responsabilité ».

D'ailleurs, les « 400 prochaines années » les verront ( il doit y avoir un widget « boule de cristal » dans la science 2.0) définir et mesurer ce qui permettra d'accélérer entre autre, la découverte scientifique et ... le e-commerce. Quel programme !

Bien sur, petit détail, il faudra pour cela réorganiser les priorités de la recherche et réorienter les fonds vers la science 2.0, malgré la résistance prévisible des agences de financements. Doit-on préciser que Ben Shneiderman est chercheur dans un département de science informatique (Université du Maryland) ?

Parlons clairs : ce n'est pas le jour où nous portons Médiapart sur les e-fonts baptismaux (laïcs!) que l'on va dénigrer ici le web collaboratif. Mais cette petite histoire nous montre bien comment un « sabir 2.0 », parfaitement dans l'air du temps, peut aussi permettre de raconter pas mal de bêtises et de prophéties absurdes, non dénuées d'intérêt. Quand il s'agit de la revue Science, c'est un peu préoccupant...

 

Bienvenue donc sur ce blog. Je vais tenter d'y venir régulièrement pour vous parler de sciences expérimentales et notamment de celle que je connais un peu mieux, la biologie. J'essaierai de décrypter les informations scientifiques, vous parler de découvertes passées inapercues qui m'émerveillent ou me consternent, d'aborder aussi la vie de la recherche et des labos, et ses rapports avec la politique et l'argent. Ne vous privez pas de réagir !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.