"L'audiovisuel selon le PS"

Thomas LecourbeRetour des Universités d'été de la Rochelle.Nom pompeux pour signifier "Festival de Cannes du Parti Socialiste". Jeans et chemises claires légèrement ouvertes de rigueur, que ce soit pour les grands dirigeants du parti ou les (gros pour certains...) militants.Pour se donner bonne conscience et faire croire à un rassemblement de travail, des ateliers sont organisés entre les discours des différents prétendants à la Palme d'Or de Novembre. Parmi ces ateliers, "l'audiovisuel selon Sarkozy", forcément un thème qui m'intéresse, auquel j'ai assisté.
Thomas Lecourbe

Retour des Universités d'été de la Rochelle.

Nom pompeux pour signifier "Festival de Cannes du Parti Socialiste". Jeans et chemises claires légèrement ouvertes de rigueur, que ce soit pour les grands dirigeants du parti ou les (gros pour certains...) militants.

Pour se donner bonne conscience et faire croire à un rassemblement de travail, des ateliers sont organisés entre les discours des différents prétendants à la Palme d'Or de Novembre. Parmi ces ateliers, "l'audiovisuel selon Sarkozy", forcément un thème qui m'intéresse, auquel j'ai assisté.

 

Trois types d'intervenants : les animateurs (Patrick Bloche et Laurence Rossignol), les politiques (Aurélie Filipetti, Michel Francaix, Christophe Girard, Didier Mathus) et les professionnels (Edwy Plenel et Fabienne Serban-Schreiber)

Malgré des propos intéressants (principalement des deux professionnels - Edwy sur les médias en général et Fabienne S-S sur la télé, ainsi que Catherine Tasca), il faut quand même avouer que ce séminaire enfonçait des portes ouvertes avec une diabolisation extrèm(ist)e de la part des politiques :

 

- Nicolas Sarkozy veut tout contrôler, il organise les médias pour aider ses (méchants) amis capitalistes et assurer son avenir politique.
- La télévision publique doit jouer sa mission culturelle et ne pas s'aligner sur les (méchantes, comme ses dirigeants) chaînes privées, qui n'offre que des émissions idiotes et dont on ne veut pas sur les chaînes publiques. D'ailleurs, lorsque quelqu'un a posé la question de "qu'est ce que vous entendez par divertissement sur les chaines publiques ?", la seule réponse obtenue a été une interpellation expéditive de Laurence Rossignol qui a lâché un "Si c'est pour avoir du Secret Story tous les jours, non merci"... Merci pour la réflexion profonde sur le sujet, on voit qu'elle y a réfléchi...

 

S'il est vrai que l'affaiblissement du service public permettra aux chaînes privées de ne plus faire d'effort et tirera le niveau de notre télévision vers le bas, cette diabolisation en bloc du service privé est injuste. Faut-il rappeler que depuis 15 ans, en prime-time chaque semaine, M6 propose la seule émission sur l'économie et la consommation le dimanche, en alternance avec une émission de reportage qui n'a rien à envier à Envoyé Spécial ("Capital" et "Zone Interdite") ? "Capital" est une émission de service public, mais le service public n'en a aucune de ce type, qui vulgarise l'économie.


Pareillement, France Télé aura attendu 13 ans de "Sans aucun doute" pour enfin faire une émission juridico-populaire... en faisant l'erreur de faire appel à M.Sans Aucun Doute, à l'image juridico-populiste.

 

Il est d'ailleurs très dommage que Fabienne S-S, seule professionnelle de la télévision du panel, n'aie pas esquissé ce qui est pour elle des programmes de service publique, d'autant qu'elle est citée comme successeur potentiel de P. de Carolis...

Elle a cependant, avec Catherine Tasca, soutenu avec énergie la redevance, expliquant en quoi elle était le prix de l'indépendance politique du groupe, et le lien financier (donc les devoirs) que ce groupe a envers les téléspectateurs. Point de vue intéressant, car non démago, qui porte une réel connaissance du sujet.

Thomas (www.twistorama.fr)

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