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Billet de blog 6 déc. 2008

Réaction au texte d'orientations politiques de Martine Aubry

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Thomas Lecourbe

Martine Aubry a soumis ce matin ce texte d'orientations politiques pour 2008-2011 au conseil national, qui l'a adopté.
Le document a été élaboré après de longues discussions avec les amis de Benoît Hamon et de Bertrand Delanoë. Il a été envoyé à Ségolène Royal hier vers midi. Soit plusieurs jours après les autres. Tout un symbole...
Toujours la même anectode qui pourrait être amusante si elle n'impliquait pas l'avenir de notre pays : "Nous refusons toute alliance avec le Modem", écrit celle qui en a passé... un à Lille en mars dernier pour les municipales.


Lire le texte en PDF (Source: Le blog politique de l'Express)


Morceaux choisis directement dirigés contre Ségolène Royal, donc peut-être contre (peut être plus de) 50 % des militants qui ont voté pour elle.


"Nous n'admettrons pas de voir notre parti se transformer progressivement en un parti au service d'une candidature"


La dernière fois que c'est arrivé, c'était en 1980, soit un an avant la victoire de François Mitterrand, il serait effectivement dommage que cela se reproduise. Grâce aux gardiens du temple, il y a peu de risques pour le moment que ça se reproduise...


"Nous refusons toute alliance avec le Modem"


J'ai déjà commenté cette phrase plus haut, dans l'article précédent.


"Maintenir un esprit militant, forger et porter des analyses communes, débattre sérieusement, est une actualité plus grande que jamais si nous ne voulons pas avoir comme horizon que l'actualité immédiate, oubliant que nous portons une histoire qui est aussi une boussole pour l'avenir..."


L'avenir est fait d'Histoire, mais l'Histoire ne fait pas l'avenir.
Qu'avaient en commun Jean Jaurès, Léon Blum ou François Mitterrand, au delà de leur "étiquette" de gauche ? Ils ont été chacun, à leur époque, modernes. Ils ont su, tout en gardant leur Histoire, s'affranchir des "boussoles" un peu trop dogmatiques. L'Histoire n'est pas un dogme, et la modernité n'est pas une insulte à l'Histoire.


"Le Parti Socialiste doit être exemplaire dans ses pratiques démocratiques. Un travail commun doit être mené pour fixer des règles claires et identifiées pour le suffrage militant"


Les règles existent déjà. Grosso modo, ces règles disent "les militants votent, et on compte leur voix, et celui qui en a le plus a gagné". Jusque la tout est simple.
Dans un parti démocratique, il n'y a normalement pas besoin d'ajouter "Il est interdit d'empêcher des militants de voter", "il est interdit de faire voter des gens qui n'existent pas", "il est interdit d'éteindre la lumière pour remplacer les urnes" ou alors toutes les autres excentricités qui ont permis à Martine Aubry de présenter ce texte aujourd'hui.


"Il nous faudra aussi étudier et débattre sérieusement la question du mode de désignation de notre candidat à l'élection présidentielle, que nous n'avons pas réglé dans notre dernière réforme statutaire."


Pour rappel, la dernière désignation s'est faite par les militants, qui ont voté pour une candidate à 60 %. Que faut-il revoir dans cette procédure ? Certains, et j'en fais parti, pensent qu'il faut ouvrir plus largement cette désignation à l'ensemble des Français de gauche. Vu la teneur du discours de ce matin, je doute que ce soit vraiment ce à quoi elle pense...
Donc que faut-il revoir ? Est ce à mettre en lien avec la phrase précédente ? C'est à dire qu'en 2006, l'écart était trop important pour prendre en compte d'éventuelles tricheries et qu'il faudra faire en sorte que cela ne se reproduise plus ?


Lors de sa désignation officielle, j'ai espéré que Martine Aubry fasse quelque chose ce parti à la dérive. Je le lui souhaite toujours, mais au vu de ses dernières déclarations et son ratage sur des conditions de rassemblement, en tant que militant socialiste plus qu'inquiet. J'ai toujours fait passé mon engagement pour le parti avant mon engagement envers une personnalité de ce parti (en l'occurrence Ségolène Royal) et en tant que militant de ce parti, pour lequel je milite depuis déjà deux ans, je me dis que nous ne prenons pas le bon chemin, et suis affligé de ce que ses dirigeants en font. Ceux qui le dirigent depuis à peine deux semaines réussissent à faire presque pire que ceux qui l'ont amené au naufrage ces 11 dernières années, car ils le font ouvertement, d'une façon outrancière et dans un seul but : leur promotion personnelle, qui passe par une véritable extermination des convictions de 50% des militants.

Thomas (www.twistorama.fr)

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