Querido José Luis...

Thomas Lecourbe

Quelle drôle d'idée... Généralement, j'adhère plutôt aux turpitudes de Ségolène Royal, je la défends même. Je saisis son humour quand elle cite la bravitude en ricanant, admire son courage quand elle demande pardon aux sénégalais au nom de la France, ricane sur ses hésitations sur les sous marins nucléaires, dont personne n'a idée du nombre à part les anciens ministre de la défense... Mais là...

Parce que le coup des excuses a marché une fois, Ségolène se sent pousser des ailes et fait feu : pardonnez, habitants de la planète terre, au nom de la France, les Français d'avoir élu un président si médiocre.


Sur le fond, je suis d'accord, je n'ai pas voté pour lui la denrière fois et ne le ferai pas la seconde, mais la méthode... Discours de fond contre discours de fond, au même endroit, d'accord... mais envoyer une lettre au premier ministre espagnol pour des propos prétendus, démentis...et l'annoncer en France travers un communiqué. Pourquoi ne s'est-elle pas contentée d'un communiqué, comme n'importe quel protagoniste d'opposition ?

 

Mes amis, parfois ségôlatres, répondront que justement elle n'est pas n'importe quel protagoniste de l'opposition, que José Luis Zapatero l'a soutenu elle pendant la campagne, qu'ils ont une relation privilégiée. Soit, donc pourquoi ce communiqué, elle aurait pu se contenter de l'appeler et tatasser sur son ex-rival. Que ce soit par opposition ou par relation, ce procédé et ce double emploi est bizarre et pose question avec une seule réponse : pure coup de comm'.

 

Surtout que sur le fond, cette affaire est quand même discutable...A vrai dire, en lisant la phrase du petit Nicolas dans son ensemble, on sent bien que cette phrase est ironique,et qu'elle a le sens de "c'est peut-être un con mais lui il avance"... Que la presse étrangère s'en offusque, pourquoi pas, la France a ricané de la bravitude, qui était une blague; a retenu "Obama m'a copié", qui était une boutade. Il est étrange que l'auteur de ses phrases ne distingue pas plus l'ironie et la "bourritude".

 

C'était donc un pur coup de comm', mais tellement mauvais... La polémique était lancée, le petit Nicolas était la risée de la presse internationale, et l'angle d'attaque des pit-bulls de la majorité était assez minable. Elle leur a donné un vrai angle d'attaque, et une diversion facile et justifiée... A quand un peu de politique ?

 

Il ne me semble pas qu'elle ait pris position contre Hadopi récemment (sa dernière prise de position sur le sujet - intéressante en plus - remonte à son livre "Maintenant" pendant la campagne), qu'elle ait pris position sur le statut des beaux-parents (continuité de sa propre action au Ministère de la famille)... Il serait quand même temps qu'elle fasse un travail d'opposition politique, et plus de simple réaction polémique. Il serait temps non pas pour moi, mais parce qu'elle est aujourd'hui la seule alternative crédible en 2012 et que sa crédibilité en prend un vrai coup, au dela de son image Je ne suis pas de nature anti-comm' et je suis plutôt porté sur la chose, mais il est important de faire la difference entre une image et une crédibilité. Il est temps qu'elle retravaille sur ce second point, parce que c'est ça qui peut la faire gagner en 2011 (primaires), et il sera trop tard de s'y mettre à ce moment pour 2012...

 

Thomas (www.twistorama.fr)

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