L’Hermione, et que vogue l'histoire franco-américaine

Depuis mardi 7 octobre, les quais de Bordeaux ne désemplissent pas du flot de badauds venu contempler L’Hermione. Cet imposant trois-mâts de 65 mètres est une réplique d’une frégate du XVIIIe siècle construite dans les arsenaux royaux de Rochefort et qui avait transporté le marquis de la Fayette lors de la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

Partie du gréement de l'Hermione © Thomas Belet Partie du gréement de l'Hermione © Thomas Belet
Depuis mardi 7 octobre, les quais de Bordeaux ne désemplissent pas du flot de badauds venu contempler L’Hermione. Cet imposant trois-mâts de 65 mètres est une réplique d’une frégate du XVIIIe siècle construite dans les arsenaux royaux de Rochefort et qui avait transporté le marquis de la Fayette lors de la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

L'Hermione, réplique d'une frégate du 18ème siècle, en escale à Bordeaux © Thomas Belet L'Hermione, réplique d'une frégate du 18ème siècle, en escale à Bordeaux © Thomas Belet

2000 mètres carrés de voilure, un mât qui culmine à 47 mètres de haut, 1200 poulies et pièces d’accastillage, 65 mètres de longueur, 54 équipiers volontaires…les chiffres ont de quoi donner le tournis quand on regarde d’un peu plus près les spécificités techniques de l’Hermione. Initialement sortie de l’arsenal royal de Rochefort en 1779 après six mois de travaux, la réplique qui vient d’être mise à l’eau le 7 septembre 2014 aura nécessité 17 ans de travaux ! A l’époque, les moyens sont tout autre, puisque rapidement mis à disposition par le roi. Ici, il aura fallu qu’une association soit créée et commence à lever des fonds auprès des collectivités et des privés pour que ce projet de réplique puisse voir le jour. Si l’association Hermione-La Fayette est née en 1992, il faudra attendre 1997 pour que la première pièce de bois soit posée. « Il a également fallu réapprendre des techniques aujourd’hui tombées dans l’oubli pour respecter le bateau initial et permettre à la réplique d’être la plus fidèle possible. Nous avons également fait appel à un gréeur suédois, Jens Langert, pour concevoir et fabriquer le gréement de l’Hermione…qui nécessite 25 kilomètres de cordage !», précise Maryse Vital, Déléguée générale de l’association Hermione-La Fayette, ravie de voir les 3000 visiteurs quotidiens continuer d’affluer sur les berges bordelaises pour visiter le navire. Sur les 26 millions d’euros investis dans le projet de l’Hermione, 60% proviennent des visites sur le chantier de Rochefort. Au total, près de 4 millions de visiteurs s’y sont déjà précipités.


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L’an prochain, Boston, Baltimore et New-York

« Il nous manque encore 500 000 euros pour pouvoir boucler notre budget de navigation, ajoute Maryse Vital. Si nous sommes ici à Bordeaux, c’est aussi pour remercier trois sponsors bordelais qui ont investis 150 000 € dans l’association. En plus des visites, nous espérons aussi attirer de nouveaux mécènes pour finaliser notre budget », reconnaît-elle.L’an prochain, au mois d’avril, la frégate de 65 mètres prendra véritablement le large en direction de la côte Est américaine où elle arrivera à Norfolk au début du mois de juin, pour commémorer l’une des plus importantes batailles de la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Ensuite, le bateau remontera progressivement jusqu’à Halifax en cabotant dans les différents ports de la côte, notamment Boston, Baltimore ou New-York le jour de la fête d’indépendance des Etats-Unis. Au total, c’est un équipage de plus de 70 personnes qui est en permanence à bord pour permettre de manœuvrer les quelques 250 points de tournage et les 17 voiles du gréement. A leur tête Yann Cariou, l’ancien capitaine du Belem un autre vieux gréement d’exception, s’enorgueillit déjà de son équipage, pourtant volontairement composée de professionnels et de néophytes dont certains n’avaient même jamais mis le pied sur un bateau. « Je crois que nous sommes vraiment en train de vivre une chose qui n’arrive qu’une fois dans une vie, quelque chose d’exceptionnel», témoigne Vincent, l’un des membres de l’équipage volontaire engagé dans cette aventure maritime, et humaine.

Pour en savoir plus : http://www.hermione.com/projet/l-histoire/

Gabiers de l'Hermione dans le gréement © Thomas Belet Gabiers de l'Hermione dans le gréement © Thomas Belet


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