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Billet de blog 26 octobre 2025

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L’amour à l’ère de l’indéfini

Aujourd’hui, tomber amoureux ressemble parfois à naviguer dans le vide. Les codes de la séduction et des rencontres se sont effondrés, laissant place à l’indéfini, aux échanges superficiels et à la confusion entre intimité réelle et apparence digitale. Pourtant, l’amour reste possible, mais il demande une autre approche : une connexion intellectuelle, artistique et spirituelle avant tout.

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Il fut un temps où tomber amoureux avait un rythme, une logique, presque une poésie. On se rencontrait dans la vraie vie, on échangeait des regards, des mots, des silences. Aujourd’hui, tout a changé. On glisse, on swipe, on like. On croit connaître quelqu’un parce qu’on lui a écrit un message, échangé quelques emojis ou partagé un “match” sur une application. Mais la réalité est souvent ailleurs : le cœur, lui, reste sur sa faim.

Je me souviens des histoires de mes parents, des récits de rencontres orchestrées par le hasard ou le cercle social. Les gestes avaient un sens, les rendez-vous un cadre, et même les refus étaient clairs et respectueux. Aujourd’hui, ce cadre a disparu. On se retrouve dans un espace sans règles : tout est possible, mais rien n’est sûr. Les codes traditionnels de la séduction se sont effondrés, laissant place à l’indéfini, au flou, à l’ambiguïté.

Les applications de rencontre promettent tout et rien à la fois. Elles donnent l’illusion de choix infinis, de connexions potentielles à portée de doigt. Mais derrière l’écran, tout devient superficiel : on juge sur l’apparence, on zappe si l’autre ne réagit pas immédiatement, et on oublie que connaître quelqu’un exige du temps, de la patience, de l’intimité réelle. Il n’y a pas de cours pour apprendre à aimer vraiment. On enseigne la morale, la citoyenneté, la science, mais rarement comment comprendre l’autre, exprimer ses désirs, gérer ses émotions. Résultat : beaucoup se perdent, se blessent, se découragent. Et pourtant, l’amour reste possible. Il demande une approche consciente : une connexion intellectuelle, artistique et spirituelle avant que le corps ne suive.

On rêve de passion, de foudre, de vertiges, mais on fuit l’effort qu’il faut pour la cultiver. On tombe souvent sur des personnes manipulatrices, toxiques, ou simplement incapables de créer un lien réel. Et pourtant, ceux qui persévèrent découvrent que la vraie intensité n’est pas dans la rapidité ou la quantité, mais dans la qualité de la connexion. Si nous voulons un monde où l’amour existe vraiment, il faut réapprendre à rencontrer, à écouter, à partager. La passion et l’intimité ne s’achètent pas, elles se construisent. Il est temps de retrouver des codes, de réhabiliter la patience et la sincérité, et de redonner à l’amour sa place d’art, de flamme et de lumière.

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