Les conflits de la planète, symptômes de la maladie de l'Occident

Le monde occidental judéo-chrétien, dès qu'il a pu partir à la découverte de la planète terre, n'a eu de cesse de la conquérir à son profit - croisades – colonisations . . . . . . . . . saisies des terres aux dépens des autochtones, exploitations sans limites des richesses du sol . . .). Il a inventé, développé le capitalisme (né en Angleterre au XIXème) qui exploite la force de travail des ouvriers, pour une plus-value au profit des actionnaires, des patrons, et aujourd'hui de la finance.

          De par cette posture de conquête, l'occident a pu progresser plus vite sur le plan du progrès technique, sur le plan des institutions politiques « régulatrices », sur le plan des structures éducatives, tout en pompant les richesses matérielles et humaines hors de son sol (y compris par les flux migratoires), pour se permettre d'établir un niveau de vie d'ensemble plus élevé, pour se permettre de courir après une croissance continue, dispendieuse pour la planète, et in fine, se permettre de se considérercomme une civilisation de niveau supérieur (cf C. Guégan), et qu'il est fondé à avoir raison. Et là, il ne se prive pas de requérir sa filiation avec la civilisation grecque (pourtant les écrits de ses philosophes n'ont été préservés que grâce à la civilisation musulmane), le siècle des lumières . . . pour en asseoir sa certitude « indéracinable ».

         Pour conforter « cette supériorité » acquise par l'histoire, il sait fomenter, encourager les désordres chez l'autre pour l'affaiblir et s'installer ensuite en instance de « régulation », de contrôle, de sujétion. Il sait parfaitement susciter, provoquer des désordres dans les populations autochtones (talibans en Afghanistan, jihadistes au Moyen-Orient . . .) pour affaiblir l'espace, le camp convoité, pour justifier par la suite, à l'appui de postures horrifiées, son intervention de remise en ordre. C'est l'accord Sykes-Picot de 1916 qui produit encore ses effets dévastateurs aujourd'hui au Moyen-Orient, c'est l'ONU-Occidental qui a imposé la création d'Israël. Peu importe ou il faut, les désordres dans les populations « qui ne demandent rien » si ça sert les intérêts de l'occident, si le « capitalisme à son profit » peut perdurer et se développer. Le capitalisme, dans sa suprême habileté, dans sa suprême duplicité, sait berner, endormir sa population par un système médiatique-au sens large et de communication, remarquablement efficace. « L'air de rien », il développe un «softpower*» qui neutralise, aseptise et surtout met l'histoire aux oubliettes pour expliquer les conflits, loin là-bas. L'existence des ONG est aussi à interroger. Elles ne doivent pas « intervenir dans le conflit ». Elles ont l'argent, donc le pouvoir. Existent elles vraiment au bénéfice du règlement du conflit ou pour asseoir la déculpabilisation de l'occident et son entregent ? La pratique militante chez nous également. Son angle de vue, sa manière de penser prennent ils en compte la complexité des contextes et des causes de conflit (*dixit Georges CORM in « La lecture profane des conflits »), où s'engagent ils dans la certitude inébranlable d'une conception réductionniste ? Ainsi, le militant que j'ai pu côtoyer en Palestine (mission cueillette des olives) y va, certes pour aider le paysan palestinien, mais ne cherche qu'à conforter ce qu'il a déjà dans la tête . . .

         En substance, l'occident est animé par un esprit de mort. Celui de l'appât du gain où seuls « les plus malins » s'en sortent ou en profitent. C'est pour cela qu'il y a 8 millions de gens en dessous du seuil de pauvreté en France, qu'il y a des précaires qui ne s'adaptent pas, qui « résistent » à se conformer. Celui d'une société régie par le conventionnel, au détriment de l'intime, du partage. C'est pour cela qu'il y a des « déficients psychiques », des dépressifs inscrits au livre des records du comprimé. Celui du culte de la peur, entretenue pour maintenir un niveau d'alerte, une anxiété qui empêche de réfléchir, qui fait tomber "tout un chacun" dans les bras du « sauveur » : l'élu, le politique, le consultant.

         En écart, les peuples de la planète, qui se sont placés suffisamment « à l'abri » des grandes puissances occidentales, sont animés eux par l'esprit de vie. Nombre de pays d'Amérique du sud, dénoncent Israël. Bien sûr, la corruption, voire pourquoi pas les systèmes mafieux, y existent aussi, mais ils ne sont que le produit de la misère sociale, de la misère politique. Et on retrouve aussi la corruption et la tricherie sociale dans notre « belle société avancée », et ce à tous les niveaux sociaux. L'esprit de vie, c'est celui du mouvement ensemble, celui de la solidarité et du partage. Ces 2 postures de vie se confrontent le plus souvent à distance, mais dans le cas du conflit israélo-palestinien qu'un article placé sur Agoravox – Vers une re-naissance de la Palestine essaye de traiter (se rendre sur le site – pseudo leclairobscur), c'est un « face à face » et un côtoiement.

        Des sociologues parlent de corps électoral lors des élections, qui, au delà du décompte des voix, aurait une existence autonome. Un corps qui aurait des réactions dans son ensemble, qui pourrait avoir de la fièvre, qui pourrait s'assoupir ou refuser par l'abstention. En tant que corps, l'occident est fondamentalement malade, depuis sa genèse. Et pourtant c'est lui qui impose sa vision du monde au reste de la planète, qui s'impose au monde. Et les conflits de la planète ne sont que les symptômes de cette maladie. Comme l'avance Georges Corm, ils ne pourront cesser que lorsqu'il changera de modèle de développement, que lorsque sera cassé l'économie de la rente. Le chemin est encore long, et il passe par la prise de conscience des populations qu'elles sont instrumentalisées par la logique capitaliste. Leur « corporéité », au travail mais aussi en dehors, sont prises en otage d'une aspiration à un bonheur factice.

Quand l'humain s'éveillera, quand pourra se tisser les fils de la rencontre entre les gens du peuple, pour dissoudre les peurs, alors « le système » n'aura qu'à bien se tenir. Nos responsables politiques ne pèseront alors pas bien lourd.

Leclairobscur - 20 novembre 2014

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