De nécessaires présentations

Vous ne le savez peut-être pas, mais l'on se côtoie depuis maintenant quelques mois. Venez découvrir pourquoi !

Bonsoir,

 

Peut-être nous sommes nous croisés au détour d’un papier, mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de faire les présentations : ce billet en est l’opportunité.

 

Je m’appelle Timothée, 25 ans, originaire de Montpellier. Je poursuis actuellement un master 2 de science politique au titre barbare : « Research : Comparative politics & public action ». Inutile d’essayer de vous expliquer ce qui se cache derrière cet intitulé, ce serait perdre votre temps comme le mien. Toutefois je peux vous parler de ce qui m’a attiré dans cette formation (et ce n’est certainement pas son nom) : la possibilité de se lancer dans un projet de recherche totalement libre, de faire des expériences en complète autonomie, et de lire.

 

   Avant d’entrer plus dans les détails, je pense qu’il faudrait que je vous fasse une petite rétrospective sur mon parcours scolaire / universitaire. La première information que vous devez savoir, je pense, c’est que j’ai toujours été effrayé par les sciences dures : malgré un père ancien prof de maths, les chiffres m’ont depuis tout petit repoussés, et même si je me défendais en proba/stat, je n’ai jamais vraiment fait le moindre effort pour m’approprier les sciences numériques, leur préférant très largement les matières littéraires comme l’histoire et, dans une moindre mesure, la philosophie politique : ma vraie passion a cependant toujours été les relations internationales.

J’ai été un élève somme toute moyen : je travaillais uniquement quand nécessaire, étant atteint d’une sorte d’allergie aux devoirs à la maison (ou syndrome du « poil dans la main »). C’est pourquoi j’ai passé mon baccalauréat dans la section Economique et Sociale sans briller, avant de m’orienter « logiquement » (comme disait mon conseiller d’orientation après un entretien de 10 minutes) vers un modeste IUT Techniques de Commercialisation. Après deux années dans le monde féérique du marketing et des connaissances stagnantes, j’ai poursuivi sur une année Erasmus en Irlande (dans la petite ville pas très glamour de Waterford), véritable révélation pour moi.

Je veux dire : pas l’enseignement, qui continuait à se concentrer sur les raisons stratégiques mais non éthiques du succès de modèles comme celui d’Apple, McDonalds et autres entités assurément bienfaisantes pour l’humanité. Mais justement par le côté relationnel unique, je pense, à ces expériences universitaires internationales : le mix des identités, des cultures et des idées… J’y suis resté toute une année, politiquement incroyablement stimulante : en 2011/2012, c’était les révolutions arabes, le début de la guerre en Syrie, et les élections présidentielles. Le contexte dans lequel j’ai vécu tout m’a, je pense, ouvert les yeux comme l’esprit.

Je me souviens encore de cette longue conversation avec un ami égyptien qui me parlait de son vécu sur la place Tahrir, et qui fut, je pense, le déclic de ma grande décision, celle qui fit bondir mes parents : « je ne passerai pas les concours d’école de commerce, je vais faire de la science politique ».

Suivre sa passion… Tout le monde donne ce conseil, peu le suivent. Et en effet, ce pas fut très difficile à franchir : la question des « débouchés », de mon futur métier, je n’en avais tout simplement aucune idée. Je voulais juste faire ce qui me plaisait.

 

   Je me suis donc retrouvé sur les bancs de l’Université de Montpellier. Cette décision, je ne l’ai pas une seule fois regrettée : les cours n’avaient rien à voir avec ceux en Commerce : apprentissage plus que rabâchage, débats passionnés, coups de gueule et prises de position. Infiniment plus stimulant ! Très vite cependant, la question de « l’après » s’est reposée : il a fallut, en master 1, choisir le sujet de son mémoire, qui allait grandement influencer la suite de mes études (en science politique, en tous cas à Montpellier, la spécialisation ne se fait qu’en dernière année). J’ai choisi d’orienter mon mémoire sur un sujet qui abordait beaucoup de mes centres d’intérêts : les relations internationales, l’Internet et ses réseaux (de manière large) et la sphère médiatique (intérêt fraichement apparu). Je vous donne l’intitulé de mon travail, même s’il n’est pas forcément plus clair que celui de ma formation actuelle : « The Interview et Sony Pictures : entre attaque informatique, opinions publiques et incident diplomatique ». J’ai spécifiquement travaillé sur cette sombre histoire du piratage d’un grand studio californien, en novembre/décembre 2014, suivi de chantages des hackers nord-coréens.

Cette étude m’a donné un premier aperçu de ce qu’est la recherche scientifique dans les sciences-sociales, dites « molles », et j’ai pris beaucoup de plaisir à passer du temps là-dessus. En outre, ça m’a permis de découvrir un concept qui, depuis, ne sort plus de mon esprit : la « diplomatie 2.0 », ou comment est-ce que l’on pourrait prendre en compte les avis des internautes pour l’intégrer à des décisions diplomatiques (pour faire court, le concept est encore tout jeune, mal définit et assez peu aboutit). Mais vous voyez l’idée.

 

   BREF. Rentrons dans le vif du sujet, et désolé de m’éterniser… Suite à ce premier mémoire, j’ai décidé de franchir une étape supplémentaire dans l’incertitude, et de m’inscrire dans ce M2 au nom définitivement obscur. Encore une fois, je n’ai pas eu à déplorer mon choix : promo très réduite avec différentes nationalités (7 étudiants Français, Pakistanais, Turcs et Japonais), tout en anglais, prof à l’écoute et motivés. Les cours étaient très variés : construction des Etats-Nations, histoire des Régimes, politiques écologiques, sociologie des institutions et des acteurs, séminaires de recherche, à chaque fois dans une optique comparative grâce à nos amis étrangers… Passionnant, mais parfois un peu trop abstrait. C’est pourquoi j’ai voulu écrire mon mémoire (« L’opinion publique numérique et la réinvention du journalisme ») dans le cadre d’un stage, pour ajouter quelques lignes) un CV à mon goût un peu trop clairsemé et me professionnaliser (pour reprendre un terme dans l’ère du temps). J’ai eu la chance d’atterrir chez Mediapart.

Donc me voilà, pour 5 mois. J’ai passé les deux premiers mois derrière mon écran, sur les réseaux et sur le site, à travailler spécifiquement sur mon projet de recherche. Puis, Nuit Debout a fait son apparition. Ca a été l’occasion de passer de la virtualité à la réalité, d’aller vérifier mes premiers résultats sur du concret et aussi, il faut le dire, de joindre l’utile à l’agréable, car ce Mouvement m’inspire énormément, personnellement. C’était inattendu, mais ce qui le fut encore plus fut mon passage du côté de la Rédaction : écrire des articles est un exercice complètement nouveau pour moi, sûrement nécessaire au vu de mon sujet de recherche, mais un challenge malgré tout.

J’espère pouvoir continuer à cumuler ces activités : mon projet de recherche, le récit de mes Nuits Debout que des analyses plus poussées sur le même sujet.

 

Aujourd’hui, et certainement pour un petit moment, j’ai donc le cul entre deux chaises, tiraillé entre le community management et le journalisme. Je pense que l’on aura beaucoup d’occasions de se parler, peut-être même de se connaître, à travers les espaces de commentaires (qui restent mon espace de jeu favori), le Club et le Journal. Je ne sais pas encore exactement comme tout cela va s’imbriquer, mais j’aime bien l’idée du « pas-à-pas », étape par étape. Et puis je suis bien sur ouvert à toute suggestion, critique ou autre question !

Voilà, j’espère ne pas avoir été trop long.

 

A très bientôt,

Timothée

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