Face à la mer

Au retour de la mer toujours les petites blessures des rochers sous les pieds. le sel les visages gorgés de soleil les corps soulés de plaisir et de paix et ces petites blessures sous les pieds qui se referment dans la soirée

La marée de son reflux
a posé les barques
sur le sable

Enlever ses chaussures
poser ses pas nus sur le fond
parmi les algues couchées et les pierres
le sel affleure une intimitée
l'étonnement de se sentir
d'un coup
chez soi

les bras ouverts de la crique
accueillent déjà
l'eau à venir
une caverne sonore
d'un reflux halé
où résonnent nos rires

pèsent les bateaux
sur le souvenir

quelques pas fébriles
nous glissent frissonant
dans l'épaisseur de l'eau
et nos corps
se détendent

Nous vivons de ces deux vies
celle qui appelle et celle qui tient

les vagues à la surface
pressentent l'accueil des corps sous-marins
la nonchalence sous notre part d'horizon
et les regards au loin
cherchent les îles à habiter

sous les nuages lèvres de l'horizon
les lignes de la falaise
étages de la matière
une constance tenue
parmi les mondes agités

le temps est aux fondations
loin du vide refoulé
loin de l'ennui
loin du cynisme ou de l'abdication

nos
pas
portés

les petits cailloux noirs de tes yeux
ton sourire salé
chauffe ton visage soleil de mon lit
caresse de demain
sur ma mémoire
en suspend

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