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Billet de blog 17 nov. 2022

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Billet du Brésil #6 | La chute de la maison Bolsonaro

En moins de quarante-huit heures, Jair Bolsonaro, actuel président mandataire désavoué par les urnes le 30 octobre dernier, semble avoir perdu tout crédit politique. Acculé par la victoire de Lula et délaissé par ses soutiens, il a fini par reconnaitre à demi-mots sa défaite. Retour sur une campagne mouvementée, sur la chute de la maison Bolsonaro et sur la transition en cours...

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© Poder 360

Après quatre années marquées par la recrudescence de la violence politique, le retour de la faim, la hausse spectaculaire de la déforestation et l’intensification d’une nécropolitique touchant particulièrement les populations pauvres, noires et autochtones, le Brésil semble être en train d’écrire un nouveau chapitre de son histoire… Présidée par le vice-président en devenir Geraldo Alckmin (centre-droit), la transition présidentielle et gouvernementale se fait aujourd’hui dans un climat relativement apaisé. Rattrapé par la réalité, le camp bolsonariste se retrouve, lui, désorienté, voire au bord de l’implosion.


Dystopie électorale

Les quarante-huit heures avant l’élection de Lula étaient digne d'une mauvaise dystopie. Déjà marquée par la flambée de la violence électorale (qui, dans l’extrême majorité des cas, était provoquée par de supporters de Jair Bolsonaro), la campagne présidentielle brésilienne a connu à la veille du second tour un événement particulièrement révélateur à la fois du projet bolsonariste et des tensions raciales au Brésil : Carla Zambelli, députée fédérale affiliée au parti présidentiel (le Parti Libéral, extrême-droite) et soutien de la première heure de Jair Bolsonaro, a pourchassé dans la rue un journaliste noir qui l’avait insultée. Après une vaine course-poursuite sur le pavé, elle finit par l’intimider en pointant sur lui son arme chargée jusque dans bistrot où le militant pro-Lula avait tenté de se réfugier. Alors que les vidéos prouvaient le contraire, Carla Zambelli a par la suite tenté de se faire passer pour la victime en affirmant sur son Twitter avoir été agressée physiquement par l’homme en question. 

Au-delà du caractère éminemment violent et anti-démocratique de la scène, la sociologue Flávia Rios a insisté sur la charge hautement symbolique d’une représentante de l’élite blanche, ouvertement raciste, chassant à bout portant un citoyen noir sans défense. Pour elle, cette terrible altercation n’est pas sans rappeler les scènes du Brésil colonial, où les capitoes do mato, ces employés des grandes exploitations agricoles, étaient chargés de chasser les esclavisé·e·s fugitif/ves et de les ramener à leurs propriétaires. Au lendemain du vote, le clan Bolsonaro accusera cette alliée de toujours d’avoir eu sa part de responsabilité dans la défaite de leur candidat, tant les répercussions de cette « affaire » auront été négatives. Son immunité parlementaire rend pour l’instant son emprisonnement incertain, bien que souhaité par le Tribunal Suprême Fédéral.

La députée bolsonariste Carla Zambelli, menaçant un journaliste noir pro-Lula avec son arme à feu © Capture d'écran

Concluant cette éprouvante période électorale, l’autre grand frisson dystopique aura bien évidemment été ces intimidations venant de la police fédérale chargée des routes et des autoroutes (PRF), vivier bolsonariste au sein des forces de l'ordre et déjà tristement célèbre pour avoir impunément assassiné par asphyxie en mai dernier Genivaldo de Jesus Santos, un motard qui roulait sans casque (attention, les images sont violentes).

Le 30 octobre dernier donc, plusieurs centaines de routes ont été bloquées dans le pays par un peu moins de 600 « blitzs » — nom donné à ces opérations de contrôle spontanées effectuées par les agents de la PRF, parfois même secondés par des militaires. Or, ces blitzs se sont (comme de par hasard!) particulièrement concentrés dans les Etats du Nordeste, très favorables au candidat Lula. Des images impressionnantes d’embouteillages et d’autobus arrêtés ont circulé sur le net. Même la circulation sur le pont enjambant la baie de Guanabara, entre Rio de Janeiro et Niteroi, a momentanément été suspendue.

L’objectif de telles opérations de contrôle (pas illégales en soi, mais très suspectes par leur nombre et par leur géolocalisation) est évident : empêcher à tout prix des sympathisant·e·s de gauche d’aller composer le nombre 13 (code électoral du Parti des Travailleurs) sur les urnes électroniques. Encore aujourd’hui, il est difficile de savoir combien de citoyen·ne·s n’ont pas pu accéder aux bureaux de vote à cause de ces blitzs. Certain·e·s ont affirmé sur les réseaux sociaux que les policiers laissaient passer les voitures décorées d’autocollants pro-Bolsonaro, tandis qu'ils contrôlaient systématiquement celles qui offraient le moindre signe de soutien au camp adverse. Face à la hausse de signalements venant de tout le pays — et en particulier du Nordeste — certain·e·s analystes ont affirmé, sans doute un peu trop vite, que ces actions n’étaient que le signe d’un coup d’Etat en préparation.

© José Cruz/Agência Brasil

La coordination de ces blitzs n’a en effet échappé à personne, et tous les regards se sont tournés vers Silvinei Vasques, directeur-général de la PRF, qui n’a jamais caché son soutien au candidat Bolsonaro. Le Ministère Public Fédéral a décidé d’ouvrir une enquête pour «  mauvaise conduite » dans sa gestion de ses forces, accusées « d’ingérence dans le processus électoral ». Alexandre de Moraes, président du Tribunal Suprême Electoral (TSE) et bête noire des bolsonaristes, a quant à lui demandé à Vasques d’informer les raisons qui ont conduit au déploiement de telles opérations.

Lauro Jardim, journaliste de la Folha de São Paulo, a révélé dans la foulée que ces blitzs ont été organisé lors d’une réunion qui s’est tenue le 19 octobre 2022 à Brasilia à l’initiative de l’équipe de campagne de Jair Bolsonaro, réunie ce jour-là en cercle restreint. Étaient aussi présents des représentants des forces armées et des Polices Fédérales — notamment celle en charge des infrastructures routières. Leur but était simple : provoquer le désordre et pousser la Justice Electorale à reporter le second tour.

Malgré la gravité de la situation et les demandes d’une partie de la société civile de prolonger l’ouverture des bureaux de votes, Alexandre de Moraes, sans doute dans un esprit d’apaisement, a tenté de tempérer la situation. Dans son allocution, après avoir (très) longuement disserté sur la bonne tenue du vote à l’étranger, celui-ci a assuré que ces opérations policières n’ont pas porté préjudice au droit de vote des citoyen·ne·s. Les conséquences de ces blitzs ont-elles été sous-estimées par le pouvoir judiciaire ? Probablement que oui. Nombreuses et nombreux sont les votant·e·s qui ont dénoncé, sur les réseaux sociaux, avoir été empêché·e·s de voter à cause des opérations de la PRF. On peut toutefois analyser ces intimidations policières comme un piège tendu par l'extrême droite néofasciste, dont le but aurait été de faire vaciller le scrutin et de le reporter. Or, une telle décision de la part du TSE aurait contribué à l'amplification du désordre. Alexandre de Moraes n'aura pas été dupe en refusant catégoriquement cette option. Quitte, donc, à sacrifier quelques voix…


Le bateau coule, les rats quittent le navire

L’intimidation réelle des forces de l'ordre pro-Bolsonaro n’ont pourtant pas empêché la victoire du camp démocratique.

Il y a deux manières de voir les résultats du second tour. Les pessimistes diront que Lula ne s’en est sorti qu'avec une différence de 2 millions de voix seulement. Les optimistes — dont je fait partie — voient son retour comme l’accomplissement de quatre ans de lutte incessante en faveur de la sauvegarde de la démocratie, de l’environnement et des droits humains. Fait remarquable : si Jair Bolsonaro n’a gagné que quelques milliers de voix par rapport à 2018, Lula gagne la palme du candidat le plus voté lors d'un second tour d'une élection présidentielle au Brésil. L’actuel mandataire est également le seul président élu à ne pas être reconduit à ses fonctions depuis Fernando Henrique Cardoso (1995 - 2003).

Le premier discours de Lula en tant que président élu, lisse et consensuel, a néanmoins été une véritable bouffée d’air frais après quatre ans de destruction, de chaos et de mort. Entouré de ses allié·e·s de la gauche et de la droite démocratique, exceptionnellement réuni·e·s sous sa bannière durant cette campagne, Lula a prouvé encore une fois sa capacité et sa volonté à parler à toutes les catégories de la société, de l’élite économique blanche aux groupes minoritaires, des matérialistes aux évangéliques, des militant·e·s écologistes aux tenants de l’agriculture intensive en passant par les banquiers et les entrepreneurs — au risque, peut être, de rajouter du flou à un projet politique déjà abscons.

Lors des différents débats télévisés, Lula a en effet davantage défendu son (extraordinaire) bilan en tant qu’ancien président plutôt que d'exposer un programme aux contours bien définis. Quitte à tirer sur la corde de la nostalgie et à glorifier un peu trop « le temps béni du PT » que la jeune génération n'a, de toute façon, pas connu. Si son agenda politique pour le futur manquait de précision, on ne peut néanmoins reprocher à l’ancien syndicaliste d’avoir tenté de donner quelques pistes pour que le pays retrouve sa stature et son prestige d’antan. Son opposant Bolsonaro, lui, n’avait ni programme, ni vision générale à défendre. Il se contentait de faire ce qu’il sait faire de mieux : insulter ses interlocuteur·ice·s, leur couper la parole, manquer de respect aux journalistes, s'ériger en défenseur de la famille et en pourfendeur de la rectitude politique. Ce qui ne l’a pas empêché de perdre...

Lula et son colistier de centre-droit Geraldo Alckmin, célébrant leur victoire le 30 octobre 2022 © AP Photo/Andre Penner

Car, selon les dires, Jair Bolsonaro était convaincu de sa réélection. L’annonce de sa défaite a donc été une douche froide pour le candidat d’extrême-droite et son clan. Sentant le naufrage inéluctable et voulant sauver leur carrière politique, les allié·e·s du président ont peu à peu quitté le navire. L’un des premiers à reconnaître publiquement la victoire de Lula n’est autre qu'Arthur Lira, actuel président de la Chambre des Député·e·s que Jair Bolsonaro avait pourtant désigné comme son "grand ami" lors du congrès national du Parti Libéral en juillet dernier. S’en sont suivis Rodrigo Garcia et Tarcisio de Freitas, respectivement gouverneurs des deux Etats les plus importants de la Fédération (Rio de Janeiro et São Paulo) ainsi que les deux plus grands pasteurs télévangélistes Silas Malafaia et Edir Macedo. Au début du mois de novembre, le ministère de la Défense a même publié un communiqué officiel reconnaissant, à demi-mots, l’absence de fraude électorale pendant cette élection. Et donc, la victoire indiscutable de Lula.

Sensiblement étonné (au sens étymologique du terme), impuissant face à ce naufrage électoral et sentant que le vent tourne en sa défaveur, l’actuel mandataire aura mis près de trente-six heures pour reconnaître publiquement, dans une allocution de deux minutes seulement, et là encore à demi-mots, sa défaite. Malgré les manifestations de quelques bolsonaristes radicaux qui bloquaient les routes et appelaient à une intervention de l’armée, le président savait que toute contestation des résultats était inutile ; et que le système démocratique et l’opportunisme de ses allié·e·s avaient eu raison de ses velléités autoritaristes.

En moins de trois jours, Jair Bolsonaro a perdu une bonne partie de sa crédibilité et de son capital politique. D’habitude prolixe sur les réseaux sociaux et devant les caméras de télévision, il tente désormais de se faire discret en attendant que la tempête passe. Mes ami·e·s sur place m’ont témoigné leur soulagement réel de ne plus entendre d'éreintantes“bolsonarades”. Le 16 novembre, la revue Forum laissait entendre que la santé psychique de l’actuel mandataire se serait gravement détériorée et qu’il souffrirait de dépression.


Le Congrès à droite, la balle au centre 

Le 1er janvier 2023, date de son investiture officielle, le président Lula se retrouvera avec une Chambre des Députés et un Sénat très à droite, dominés par le bolsonariste Parti Libéral (99 sièges sur 537 pour l’une, 8 sièges sur 27 pour l’autre — soit une augmentation respective de 200% et de 700% par rapport aux élections de 2018). A titre de comparaison, la fédération Brésil de l’Espérance (comprenant le Parti des Travailleurs, le Parti Communiste du Brésil et le Parti Vert) n’a obtenu que 81 député·e·s et 4 sénateur·ice·s.

A cela s’ajoute aussi une percée de la droite conservatrice aux élections gouvernatoriales (permettez-moi ce néologisme utile) — le PT ne remportant que 4 des 27 Etats de la Fédération. Parmi les gouverneur·e·s élu·e·s ou réélu·e·s se trouvent donc de grandes figures du bolsonarisme, comme Rodrigo Garcia (Rio de Janeiro), Tarcísio de Freitas (São Paulo) ou encore Wilson Miranda Lima (Amazonas), accusé de corruption et tristement célèbre pour son inaction criminelle face à la pandémie de COVID-19, qui a particulièrement frappé son État.

Marina Silva, Lula et la sénatrice Simone Tibet lors d'un meeting de campagne dans le Minas Gerais. Issue de la droite, cette candidate malheureuse à la présidence s'est ralliée au second tour à Lula et entend faire peser les revendications de son camp dans le futur gouvernement © Ricardo Stuckert

Cette situation rend-elle le Brésil ingouvernable ? Ce n’est pas sans compter la redoutable capacité de Lula à dialoguer avec ses adversaires politiques, ainsi que son obsession pour le compromis. Il est bon ici de rappeler que ce dernier s’est allié à la droite et au centre démocratique afin de pouvoir battre Jair Bolsonaro aux élections, agrégeant autour de lui des forces politiques fondamentalement opposées. Si ce « front ample » est depuis sa formation critiqué par les ténors de la gauche anti-libérale et par certains membres influents du PT, il n’empêche qu’il s’est révélé être une stratégie gagnante pour combattre l'extrême-droite néofasciste.

Durant quatre années, Jair Bolsonaro a pris un malin plaisir à détruire tout ce qu’il pouvait. Si le système démocratique a tenu bon, l’équilibre financier du pays a totalement vacillé, l’éducation asphyxiée, la culture annihilée et la nature réduite en tas de cendre. Face à l’ampleur du désastre, une candidature 100% de gauche aurait sans doute été une erreur fatale et aurait permis à Jair Bolsonaro d’être réélu haut la main.


Le Brésil en transition

Le 1er janvier 2023, Lula retrouvera un Brésil bien différent de celui qu’il avait quitté en 2012, en passant l’écharpe présidentielle à Dilma Rousseff. La faim à fait son grand retour, touchant près de 33 millions de personnes et des millions d’enfants vont tous les jours à l’école le ventre vide, à en tomber dans les pommes en pleine classe. La contamination au mercure et  le diabète continuent de provoquer son lot de morts dans les villages autochtones, totalement abandonnés par l'État fédéral. Régulièrement, des opérations policières meurtrières tuent des dizaines d'innocent·e·s dans les favelas, et parfois même des enfants. Enfin, depuis 2019, une surface équivalente à la surface de la Belgique (soit 33 000 km2) a été impunément déboisée en Amazonie (voir notre dernier Baromètre d'alerte sur la situation des droits humains au Brésil).

Acculé et impuissant, Jair Bolsonaro et son gouvernement n’ont pas eu d’autre choix que d’accepter le protocole de transition. Du côté bolsonariste, c’est Ciro Nogueira, actuel ministre des Relations avec le Parlement, qui s’en charge. Du côté luliste, c’est Geraldo Alckmin, futur vice-président qui a été stratégiquement désigné comme coordinateur de la transition.

Dans la dynamique du front large, divers noms de partis alliés allant de la droite à l’extrême-gauche ont été invités à participer à la fondation d’un futur gouvernement d’union nationale : on y trouve notamment Rosangêla «  Janja » da Silva, épouse du président élu (à l’organisation de la passation de pouvoir) ; Katia Abreu (ancienne ministre de l’Agriculture sous Dilma Rousseff et pilier du lobby agroalimentaire) au groupe dédié à l’agriculture ; Guilherme Boulos (député fédéral et figure du Mouvement des Travailleurs sans Toits) à la ville ; André Janones (directeur officieux de la campagne digitale de Lula, proche des milieux évangéliques) à la communication sociale ; Juca Ferreira (ancien ministre de la Culture) et la chanteuse Margareth Menezes à la culture ; Simone Tebet (ex-candidate de droite dont le ralliement a été déterminant dans la victoire de Lula) au combat contre la faim... Même Rai, le mythique joueur de foot de la Seleçao et fidèle défenseur de la démocratie, a été invité à venir travailler sur la thématique des sports.

Même si cette équipe de choc est majoritairement composée de personnalités influentes de gauche (dont certaines ayant déjà exercé des fonctions politiques importantes sous les gouvernements de l’ère PT), Alckmin et Lula ont pris soin de placer des noms associés à l'agrobusiness et à la défense du néolibéralisme au sein de groupes particulièrement stratégiques, comme l’économie, la finance, l’agriculture ainsi que les mines et les énergies. On remarquera également le souci porté à la parité et à la représentativité raciale, même si ce sont les hommes blancs qui dominent le plus souvent les groupes « techniques » comme ceux sus-mentionnés.

Bonne nouvelle : parmi la longue liste se trouvent des noms influents issus des mouvements de la société civile organisée, des minorités sexuelles ainsi que des populations noires et autochtones : c’est le cas d’Anielle Franco (soeur de Marielle, assassinée le 14 mars 2018) ; de Silvio Almeida (professeur de droit et grand spécialiste de la discrimination raciale) ; Preta Ferreira (militante de la cause noire et de l’accès au logement) ou de Davi Kopenawa Yanomami et de Sônia Guajajara, grandes figures de la lutte des peuples indigènes [1].

Cette équipe de transition très diversifiée reflète enfin le souci, pour Lula, de mettre l’éducation, la culture, l’environnement et les droits humains — secteurs particulièrement endommagés par la guerre culturelle bolsonariste — au coeur de sa future gouvernance. La décision de créer un groupe entièrement dédié aux populations autochtones indique que Lula respectera une de ses grandes promesses de campagne, à savoir de fonder un ministère des Peuples Originaires (povos originarios).

Malgré la nécessité de faire front pour reconstruire un pays en ruines, malgré la bonne intelligence des partis politiques qui réussissent à travailler ensemble sous l’égide de Lula et de Geraldo Alckmin, la (trop grande) diversité de ce front ample, qui pour l’instant fait sa force, ne constituera-t-il pas à moyen terme sa faiblesse ? La recherche obsessive de compromis permettra-t-elle de mener une politique ambitieuse en matière de respect des droits humains et de lutte contre le dérèglement climatique ? A l’heure où le président élu souhaite organiser la future COP28 en Amazonie, ne devrait-il pas remettre davantage en question le capitalisme néolibéral destructeur de la nature et des vies humaines ?

Le président élu Lula en Egypte à l'occasion de la COP27

Notes de bas de page : 

[1] Dans un poste Instagram, l'activiste et influenceur digital Erisvan Guajajara (petit frère de la députée Sônia Guajajara) déplore toutefois la présence, au sein du groupe, de Márcio Meira e João Pedro Gonçalves da Costa, deux anciens hauts-fonctionnaires de la FUNAI (Fondation Nationale pour l'Indien) qui avaient donné leur accord à la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte sur le fleuve Xingu (Pará) malgré son impact sur l'environnement et les populations autochtones locales.

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