Nous ne voulons pas que les partis s’entendent. Nous voulons qu’ils nous entendent.

Les partis de gauche ne pourront être au rendez-vous de 2022. Les initiatives qui visent une primaire entre ces partis sur la base d’un socle programmatique commun ne réussiront pas à mobiliser. Pourquoi ? Parce que les citoyens sont fatigués d’être dépossédés de leur capacité de choisir. Nous ne voulons pas que les partis s’entendent. Nous voulons qu’ils nous entendent. Prenons la main !

Nous ne croyons pas que les partis de gauche pourront être au rendez-vous de la présidentielle de 2022. Nous ne croyons pas que les initiatives qui visent à établir une primaire entre ces partis sur la base d’un socle programmatique commun réussiront à mobiliser largement. Pourquoi ? Parce que les citoyens sont fatigués d’être dépossédés de leur capacité de choisir. Nous ne voulons pas que les partis s’entendent. Nous voulons qu’ils nous entendent.

Par nature, la ligne d’un parti se construit sur ce qui le différencie le plus des autres. Par nature, ils ne peuvent être les vecteurs d’une véritable union. Et les partis de droite se régalent à stigmatiser ces différences, accentuant les clivages et déchirant plus encore ce qui nous lie pourtant profondément dans notre combat contre leurs idées.

Voulons-nous d’une accentuation bien-pensante du libéralisme qui veut responsabiliser chacun sans lui en donner les moyens (« traversez donc la rue, cher ami, il y a du travail en face ») et qui pense que la liberté individuelle veut dire qu’il n’existe pas de pacte social (la retraite à points) et qui a l’hypocrisie de le cacher (« c’est le même système, simplement il faut bien boucler les comptes ») ? Voulons-nous d’une sécurité prédéfinie par l’exclusion de toute « déviance » ? Sachant que la normalité du Rassemblement national est celle d’un ultra-libéralisme qui manipule cyniquement les affects des plus désemparés tout en banalisant les pensées les plus sombres ?

Non, et nous sommes nombreux à ne pas le vouloir. Et si certains d’entre nous sont en désaccord sur la politique énergétique, ou sur l’idée de l’Europe, ou sur l’écriture inclusive, nous ne voulons pas en parler maintenant. Pas tant qu’on n’aura pas donné une chance à un autre possible. Pas d’autre programme que celui de refuser l’extrême droite et la dérive meurtrière d’un libéralisme « réaliste » qui oublie que la première des réalités d’une société est celle de construire un « nous » qui respecte tous les citoyens. Pas d’autre ambition que de construire ce « nous », en repensant les vieilles catégories de démocrates, de républicains et de libertaires.

Réunissons-nous pour montrer que le primat du citoyen est au cœur de nos préoccupations, quelle que soit notre orientation politique, quels que soient nos combats passés.

Pour ceux qui ont connu l’union de la gauche et le Programme commun des années 70, souvenez-vous de ce qu’il est devenu et surtout, rappelez-vous ce que la somme des voix du PS, du PCF et du MRG représentaient… Nous sommes très loin de ce compte. Sans le retour des abstentionnistes et des découragés, des désengagés, notre pays est de droite. Et la seule question subsidiaire est : de droite ultra-libérale ou d’extrême-droite (chez les jeunes qui déclarent leur intention de voter en 2022, c’est l’extrême-droite…) ?

Non, nous n’y arriverons pas avec les partis, qu’ils cherchent sincèrement une alliance ou non, ils ne suffiront pas. Les partis politiques sont importants dans une démocratie, mais là, ils sont coincés. Aidons-les en rejoignant une initiative citoyenne qui, parce qu’elle se construit uniquement avec les citoyens, peut, peut-être, faire revenir à la politique ceux qui partagent nos valeurs.

Ne nous laissons pas priver de notre citoyenneté. Ayons confiance en les citoyens, ayons confiance en nous. Prenons la main ( https://www.prenonslamain2022.fr/ ).

 

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