Il y a violences et violences

Il y a deux sujets distincts dans l'affaire Benalla. Le premier sujet est le comportement de Benalla et de sa hiérarchie. Le second est l'attitudes des policiers présents le premier mai place de la Contrescarpe.

Depuis le début de l'affaire Benalla un élément, comme on dit, "m'interpelle". Le dénommé Benalla   se livre à des violences gratuites contre un homme à terre, le tabasse, lui donne un coup de pied dans le ventre. La scène ne se passe pas de nuit dans une ruelle écartée et sans témoins. Elle se passe en plein jour, place Maubert, sous le regard de nombreux CRS, ce qui en dit long sur le sentiment d'impunité du personnage. Mais ce sentiment d'impunité ne peut être que conforté par l'attitude des CRS. Aucun d'eux n'intervient pour mettre le forcené hors d'état de nuire, au moins pour le calmer. N'y a-t-il pas de leur part non assistance à personne en danger, la personne en danger étant évidemment le manifestant qui reçoit des coups de pied dans le ventre ?  Ne sont-ils pas conscients qu'en assistant passivement au délit que constituent ces violences, alors qu'ils sont bien placés pour s'y opposer et que selon l'article 40 ils ont le devoir de les dénoncer,  ils s'en rendent complices ? Chacun de ces CRS ne devrait-il pas être lui aussi  en garde à vue pour s'expliquer ?

Mais il y a mieux. On apprend que le commissaire Creusat a ordonné l'interpellation du manifestant "intercepté"  (qu'en termes galants ces choses-là sont dites) par le dénommé Benalla. "Répondant aux ordres de ce dernier, peut-on lire sur Mediapart, un responsable des CRS fait menotter le manifestant par ses hommes qui lui assènent de nouveaux coups" Ces coups ne sont-ils pas des violences par personnes chargées de l'autorité publique ? Pourquoi ne donnent-ils lieu à aucune poursuite ?

On nous dit que ce qui est reproché (entre autres choses) à Benalla c'est "l'usage de la force". N'y a-t-il pas une différence entre "l'usage de la force" (qui peut être légitime dans certaines circonstances et sous certaines conditions) et le tabassage gratuit d'un manifestant à terre ?

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