Processus indépendantiste catalan.

En ce moment L'Espagne traverse sa plus grave crise économique depuis sa transition vers la démocratie. Cette crise se double d'une autre crise politique tout aussi grave, avec une des régions les plus riches de la péninsule, en l’occurrence la Catalogne.

En ce moment L'Espagne traverse sa plus grave crise économique depuis sa transition vers la démocratie. Cette crise se double d'une autre crise politique tout aussi grave, avec une des régions les plus riches de la péninsule, en l’occurrence la Catalogne. Cette crise peut s’avérer d'une gravité dont les répercussions peuvent affecter, l'avenir même de la nation espagnole. comme la stabilité de l'Euro, et de l'union Européenne. Du fait de l'importance de cette région pour l'Espagne, comme du poids de l'Espagne dans l'UE.

 

Modification du statut d'autonomie

Les nationalistes catalans font remonter l'origine de cette crise, au rejet par le tribunal constitutionnel, d'un nouveau statut d'autonomie proposé par le gouvernement autonome catalan « la Generalitat » et approuvé par referendum en Catalogne en 2006.

Pour être précis, le referendum de 2006 approuvé par les catalans à 74% le fut avec une participation de 48,8% ce qui relativise la volonté du peuple catalan pour cette modification du statut d'autonomie.

 

Ce nouveau statut fut rejeté par le tribunal constitutionnel, malgré l'approbation au préalable de la chambre des députés (cortés) à majorité socialiste.

 

Il est utile de connaître les nouvelles mesures que ce projet de statut proposait, ainsi que les raisons pour lesquelles il fut rejeté.

 

  • Un des premiers points très polémique et qui s'est averé très important sur le plan des symboles, est la reconnaissance de la notion de “nation catalane” dans le cadre de la constitution espagnole, mais reconnaissance, de fait, en contradiction avec le terme général de “nation espagnole” pierre angulaire de la constitution espagnole. Argument discutable, mais en opposition avec cette constitution implicitement. Il convenait de modifier au préalable la constitution, avant de présenter un tel projet, le tribunal constitutionnel au-delà de l'idéologie de ses membres ne pouvait l'approuver.

 

  • L'obligation de l'apprentissage du catalan en Catalogne ; mettant ainsi fin, à la liberté des parents de faire éduquer leurs enfants dans la langue de leur choix en Catalogne. Egalement en contradiction avec la constitution.

Il conviens de préciser, qu’après trente cinq ans de pouvoir nationaliste en Catalogne, et un contrôle de l'éducation publique par les nationalistes, la langue catalane n'a toujours pas réussi à dépasser le Castillan dans les relations sociales. La langue catalane au lieu de progresser, stagne, et les indépendantistes veulent en faire porter la responsabilité aux autorités espagnoles.

 

  • Réorganisation du pouvoir judiciaire ; ces points furent au préalable à sa présentation devant le TC hypocritement contestés par le PP, alors qu'ils étaient en vigueur en Andalousie, d'où le juste ressentiment de beaucoup de Catalans.

 

  • Le point le plus contestable, fut le projet de limites implicites de la contribution de la Catalogne au budget national, remettant en question la solidarité inter-régions. Egalement principe inscrit dans la constitution.

 

  • Ce statut fut également contesté par cinq autres régions autonomes, notamment l'Aragon, les Baléares et Valence, car la Catalogne se proposait de s'approprier les archives de l'ancienne couronne d'Aragon. Couronne à laquelle avaient appartenues toutes ces régions.

 

Il faut relever l'hypocrisie des députés du PS, qui savaient parfaitement que ce projet de nouveau statut catalan, allait à l'encontre des principes de la constitution, mais qui l’approuvèrent , laissant ainsi la responsabilité de son rejet au tribunal constitutionnel.

De fait lorsque Zapatero connut le projet en 2003, il l'approuva, car à l'époque tous les sondages indiquaient que les socialistes partaient perdants pour les prochaines élections. La suite lui donna tort, car les socialistes furent majoritaires à l'assemblée des députés, suite aux attentats islamistes d' »Atocha ». Ils espéraient laisser cette bombe à retardement, pour le gouvernement de droite au pouvoir, de JM Aznar.

 

Néanmoins, plus de 60 lois prévues dans ce projet de nouveau statut, ont été par la suite approuvées par le gouvernement autonome catalan, et sont actuellement en vigueur.

 

Depuis, ce rejet, la droite espagnole et les nationalistes catalans, se querellent, adoptant des postures hiératiques. Pour les uns, la négation de leur identité, pour les autres, l’insupportable égoïsme catalan.

 

Le fait que la modification en faveur d'une des régions les plus riches du principe de solidarité, fut dénoncé par la droite, et non par la gauche, confirme (de mon point de vue) l'adage de Blaise Pascal relatif à l'Espagne “vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà”.

Ce “complexe” de la gauche espagnole à l'égard des nationalismes “périphériques “ est une curiosité espagnole pour les français, nous qui avons a coeur la notion de citoyenneté, au-delà des cultures et traditions régionales. Mais ceci est un autre débat.

 

 

Processus indépendantiste

 

Aprés la manifestation monstre du 11 septembre 2012, dont le mot d'ordre était « Indépendance de la Catalogne, nouvel état de l'UE » la coalition actuellement au pouvoir en Catalogne, en l’occurrence CiU (coalition catalane de centre droit, formée par les partis CDC« Convergencia de Catalunya » et UDC« Uniò de Catalunya »). Prit position pour la tenue d'un scutin proposant explicitement l'indépendance de la région.

Convergencia de Catalunya; CDC, est le parti fondé par Jordi Pujol, au pouvoir presque sans discontinuer en Catalogne. Parti traditionnellement non indépendantiste, mais qui avait su alimenter le sentiment nationaliste en confiant les rênes de l'éducation publique catalane aux milieux clairement indépendantistes. Tout en contrôlant ce mouvement, comme le lait sur le feu.

 

La prise de position en faveur de l'indépendance début 2012, de celui que les nationalistes catalans on désigné comme le père de la nation catalane, Jordi Pujol, a également joué dans l’accélération de ce processus.

Les fils de Jordi Pujol, à l'époque se trouvaient empêtrés dans différentes affaires de corruptio et le journal « el mundo » journal d'investigation de centre droit, célèbre pour ses enquêtes, depuis que dans les années 80 leurs journalistes avaient démêle la triste et célèbre affaire des GAL. Enquêtait sur l'étrange et fulgurante ascension sociale de la famille Pujol. La prise de position de Pujol sur ce sujet, est directement lié aux tentatives de ce dernier, pour échapper aux poursuites judiciaires, que lui et sa famille devraient tôt ou tard affronter.
Il est faux de dire que ce sont les autorités espagnoles, qui sont à l'origine de la révélation des arnaques de la famille Pujol. Les journalistes d' »El mundo « on bénéficié des confidences d'une « gorge profonde » dans une banque andorrane, l'ex compagne d'un des fils Pujol, a révélé les fabuleux voyages à Andorre avec J.Pujol junior , un sac à dos rempli de billets, l'ex membre de HSBC, H. Falciani a produit une liste avec 5000 noms d'évadés fiscaux espagnols, où la famille Pujol figurait au grand complet, les fils Pujol s'affichaient dans Barcelone au volant de voitures de course, les journalistes d' "el mundo" sont allés éplucher à Jersey, le registre des sociétés, et on découvert l'existance de dizaines de sociétés, appartenant à des membres de la famille, ou à des prête noms catalans etc...

Jordi Pujol a porté plainte en Andorre pour violation du secret bancaire.

 

Le gouvernement Catalan depuis s'est engagé auprès des partis indépendantistes comme ERC (Esquerra de Catalunya) à organiser une consultation en Catalogne, sur le thème de l'indépendance, qu'il présente aujourd'hui, comme non contraignante sur le plan du droit, mais sur laquelle les indépendantistes entendent bien s'appuyer, pour en cas de vote positif, déclarer une indépendance unilatéralement, à défaut d'être négociée avec le reste de l'Espagne.

 

Ces indépendantistes veulent présenter leur démarche auprès de l'opinion publique internationale, comme similaire à celles des indépendantistes écossais.. Et mettent en paralléle l'attitude du gouvernement anglais, avec celle du gouvernement espagnol. Si on se penche sur la situation de la Catalogne par rapport à l'Espagne, on s'aperçoit que ce processus comme ses circonstances ne s'apparente ni à la situation des Écossais, ni à celle de la raciste ligue du Nord Italienne d'ailleurs. Mais plus à la situation Texane.

La réponse négative du gouvernement Rajoy tant sur le principe de la consultation, comme sur l'idée même d'indépendance, est basée sur l’inconstitutionnalité du projet, et correspond à la fin de non recevoir que Barack Obama par l’intermédiaire de J.Carson, fit aux Texans, s'appuyant lui aussi sur la constitution américaine révisée, de 1865.

Le Texas a le deuxième PIB des EU. Comme la Catalogne pour l'Espagne.

De fait, si on lit les postulats des indépendantistes texans, on se trouve sur une copie conforme des arguments nationalistes catalans : Originalité de leurs culture, mythification de leur histoire , solidarité abusive de leurs point de vue, avec les autres régions. Correspondance de la démarche et de l'argumentation, sans qu'on puisse évidement trouver beaucoup de similitudes entre l'identité texane et catalane, comme sur leur projet de société.

 Il est démagogique de comparer la situation des anglais avec l'Ecosse, à la situation catalane. Le seul point commun, est leur dimension romantique. Signalons que les indépendantistes écossais n'ont jamais voulu que leur démarche soit comparée à celle des indépendantistes catalans, au contraire. Si nombre de catalans se sont rendus en Ecosse ces derniers temps, exhibant leur drapeau, il est (pour autant que je sache) peu, sinon aucun écossais indépendantiste,qui se soit rendu en Catalogne lors des manifestations pro-indépendance.

 Il semble par ailleurs, que Rajoy jusqu'à présent, ne refuse pas de dialoguer avec le président de la région catalane A.Mas. Mais il entend systématiquement rappeler, que ce dialogue doit s'inscrire dans les relations entre les représentants du pouvoir central démocratiquement élu par tous les espagnols, compris la Catalogne, et les élus d'une des régions autonomes d'Espagne, ni plus ni moins. Ce qui a pour résultat, de relativiser l'importance que beaucoup de catalans entendent voir reconnue à leur région (nation) par rapport aux autres territoires de la péninsule. Ce qui rend furieux les nationalistes, et ravit son électorat.

 

Le pacte du « Majestic » la cuisine Espagnole.


Pujol y Aznar

 

Lorsque les nationalistes catalans évoquent la perfidie de la droite espagnole symbolisée par le PP

ils oublient allègrement, le rôle historique que ce parti a joué pour la diffusion de la pensée nationaliste, le coup de mains que J M Aznar donna à J.Pujol et les concessions en matière d'éducation et de culture qui furent octroyées à la Catalogne grâce au PP.

Pour accéder au pouvoir en 1996, JM Aznar fondateur de ce parti, du compter sur les voix au parlement national des députés catalans du parti CiU. Il s'appuya également sur les voix du Parti nationaliste Basque, le PNV. Cet appui fut négocié, ainsi le PP soutint à son tour CiU au parlement régional Catalan . Les deux partis Espagnols et Catalans, en unissant leurs forces, purent ainsi, pour l'un, accéder au pouvoir, pour l'autre, conforter le sien.

C'est ce que les journalistes ont appelé le « pacte du Majestic » du nom de l’hôtel où s'étaient tenues les négociations entre ces trois partis.

En échange également, des avantages relatifs pour leurs régions, furent accordés aux partis nationalistes, par le « pouvoir central »

Ces avantages ou concessions, furent d'abord économiques, ainsi, 33% des impôts sur le revenu étaient gardés par les régions, au lieu de 15% auparavant, 35% de la TVA au lieu de 0%, ainsi que 40% des autres impôts indirects.

D'autres concessions furent faites, ainsi entre autres, la guardia-civil (gendarmerie) en charge du contrôle de la circulation à travers tout le pays, était retirée de Catalogne et du Pays basque, le contrôle routier serait exercé par les polices autonomes Basques et Catalanes.

Par les concessions faites en matière de culture et d'éducation Aznar alla très loin. Il entérinait la priorité pour toutes les communes de les obliger à dispenser l'enseignement depuis la maternelle jusqu'à l'université, en catalan. Sans obligation d'enseigner le castillan, les communes délaissèrent le Castillan, mais tout en n'obligeant pas celles-ci à proposer les deux systèmes d'enseignement Surtout il exemptait la Catalogne et le Pays Basque, de dispenser un même tronc commun en matière d'enseignement de l'histoire.

Aznar, savait que la discrimination du Castillan en Catalogne, au profit du Catalan, heurtait certains points de la constitution, il manœuvra pour éviter que ces mesures puissent être présentées, et donc contestées par le tribunal constitutionnel.

La relégation de l'enseignement de l'histoire aux milieux catalanistes est probablement la plus grave

erreur. La situation actuelle, est certainement une des plus évidentes conséquences de cette mesure.
On s'explique ainsi pourquoi dans la proposition de consultation de la « generalitat » la droit de vote pour ce scutin soit abaissé à 16 ans.

Pour les milieux catalanistes, l'histoire telle qu'enseignée à Madrid et dans le reste de l'Espagne, est celle écrite par les « vainqueurs » Eux présentent à travers les organes de presse subventionnés par la « generalitat », et leurs six chaines de TV une relation maître/esclave ridicule.

Ainsi en décembre 2013 le département de culture catalane organisait un symposium sur le thème « Espagne contre Catalogne », il semble que certains historiens catalans, avalisent sincèrement un tel propos. L'historien de la Catalogne, John H Elliot fut officiellement invité à y participer. Il déclara stupéfait que rien que le titre était une ineptie, et refusa de s'y rendre. Mais la démarche nous donne une idée, de l’imprégnation chez certains de cette histoire.

Je n'entreprendrai pas un démontage en règle de l'histoire mythifiée par le nationalisme, cette histoire est longue et mérite un autre billet. La relation entre la Catalogne et le reste de la péninsule est complexe et évidement n'est pas la relation d'une colonie à la métropole. Il n'y a jamais eu de colons Castillans en Catalogne, mais des travailleurs immigrés chassés par l'exode rural vers les pôles de développement économique ; Madrid, la Catalogne et le Pays Basque.

 

Par bien des aspects, c'est plutôt la Catalogne qui a joué ce rôle de métropole, et les Catalans en on profité en premier. Rôle privilégié que lui ont accordé les diverses lois protectionnistes que les autorités espagnoles ont appliquée à la péninsule pendant prés de 150 ans, tant dans l’intérêt de l'oligarchie terrienne espagnole, comme dans celui de la bourgeoisie catalane, à la base du début d'industrialisation de l'Espagne. Il conviens également de reconnaître l'esprit d'entreprise lié au système familial catalan, qui a joué un rôle primordial, mais qui est resté sans effet en Catalogne française, pour des raisons historiques et géopolitiques.

Pour la petite histoire, et c'est malheureusement authentique, beaucoup de jeunes catalans sont persuadés (entre autres inepties) que la guerre d'Espagne, fut principalement une guerre entre la Catalogne et la Castille. Et que la Catalogne était unie derrière la République.

Résultat d'une culture victimaire instillée aux jeunes catalans par les nationalistes en charge de l'éducation. Aujourd'hui le PP en Catalogne navigue à vue, et toutes les enquêtes d'opinion signalent son naufrage électoral, tant ses choix dans le passé, ont été avant tout électoralistes, et son attitude actuelle illisible. Ces derniers temps, conscients des erreurs électoralistes, conscients, des conséquences de l'abandon de l'education en Catalogne aux nationalistes, une personnalité du PP déclarai pathétiquement qu'il fallait « espagnoliser » les jeunes catalans, ce qui eu pour effet de remonter, ancore plus s'il est possible, l'exaltation des nationalistes les plus convaincus, sinon les plus excités.

Il faut reconnaître les qualités politiques de cette personnalité qu'a été Jordi Pujol, politicien roué, sinon roublard. Par ces « accords du Majestic » il se mettait dans la poche, la droite espagnole comme les nationalistes catalans, et augmentait son budget régional. Fort de son prestige, il continuait allègrement avec sa famille, presque sans se cacher, par des commissions en liquide sur les marchés publiques, à se constituer une des premières fortunes d'Espagne, via une dizaine de paradis fiscaux. Des mairies catalanes on même construit des statues, le représentant.

 

 

« Espanya ens roba »

La politique est l'art d'inventer des problèmes là où il n'y en a pas, de faire un faux diagnostic puis de trouver des solutions qui n'en sont pas.
Groucho Marx

Comme évoqué plus haut, Les indépendantistes, en ce moment, axent leur campagne pro-indépendance en accusant explicitement l'Espagne de ne pas être un pays démocratique, mettant en parallèle l'attitude du gouvernement britannique à l'égard de l'Ecosse, avec celle du gouvernement espagnol.

Mais jusqu'à il y a peu, en l’occurrence jusqu'à ce que Jordi Pujol, avoue du bout des lèvres qu'il était détenteur de comptes dans les paradis focaux. Les campagnes pro-indépendance étaient axées sur la relation fiscale avec l’état central. La Catalogne sous gouvernance de CiU s'est retrouvée être la région la plus endettée de la péninsule avec la région Valencienne.

Il faut signaler que la Catalogne reçoit en aides et investissements, environ la moitié de ce qu'elle collecte en impôts. Bien sur, les indépendantistes ignorent, ou se gardent bien de rappeler, que la communauté autonome madrilène (1er PIB d'Espagne) ne reçoit que 18% de ce qu'elle collecte.

Afin de détourner l'attention des citoyens catalans, sur la catastrophique gestion des deniers catalans, la presse subventionnée par le gouvernement autonome, et relayée par le parti indépendantiste ERC, a mené une campagne sur le thème « Espanya ens roba » (l'Espagne nous vole), adaptation catalane des odieuses campagnes menées par la ligue du Nord en Italie. Ces campagnes on surtout permis au gouvernement autonome, à masquer leur impuissance face à la crise économique, sinon leurs problèmes de mauvaise gouvernance.

ERC publiait des affiches indignes comme celle-ci.



Las JERC utilizan caricaturas para arremeter contra España. (Imagen: Jerc.cat)

Alors que dans le reste de l'Espagne, avec la crise, des mouvements de solidarité et de contestation, comme le mouvement des indignés, se développaient, demandant des changements de paradigmes économiques, et la mise à bas des systèmes politiques issues de la transition démocratique. En Catalogne le pouvoir en place, tout aussi héritier de ce système, avec un niveau de corruption supérieur a celui d'autres régions espagnoles, désignait les responsables du coté de Madrid.

Laissant entendre, que la Catalogne aurait pu éviter cette crise sans sa relation de dépendance à l'Espagne.





Situation actuelle.

 

 

 

Pour piloter le projet d’autodétermination. Des ONG catalanes se sont crées, comme Omnium Cultural ou ANC. (Assamblea Nacional Catalana). La « generalitat » entretient l'espoir de tous ces militants indépendantistes. Faisant monter la tension, donnant tout les moyens pour l'encadrement de ces manifestations, défiant Madrid, et déclarant qu'un scrutin autorisé ou non se tiendra en Catalogne le 9 novembre prochain, mais se gardant bien d'aller aussi loin qu' ERC, c'est à dire proclamer l'indépendance unilatéralement en cas de vote positif des Catalans.

A. Mas, bien que conscient de l'impossibilité pour la Catalogne de se passer de sa synergie avec le reste de l'Espagne, se fait plus catalaniste que les catalanistes, pour attirer vers son parti les plus convaincus (sinon les plus exaltés) des indépendantistes. Et ainsi contrôler un mouvement, que son prédécesseur à la “generalitat” J.Pujol avait su construire patiemment pour l'instrumentaliser.
Il est patent qu’Artur. Mas espère récupérer ce sentiment identitaire catalan, pour obtenir des concessions économiques dans l’intérêt de sa clientèle électorale: La bourgeoisie catalane, à l'origine du mouvement, d'abord régionaliste, puis nationaliste. Mais n'est pas Jordi Pujol qui veut.

Tous les sondages indiquent la perte d'influence de CiU et la poussée d'ERC, les indépendantistes préférant l'original à la copie.

La perte d'influence de CiU est aussi due au scandale provoqué par les révélations sur la fortune de J. Pujol, attribuée principalement. aux commissions occultes, sur les marchés publiques. Or A.Mas était le premier conseiller de J.Pujol (conseller en cap) et le responsable des travaux publiques.

 

Bien que tous les sondages indiquent que les catalans dans leur majorité ne souhaitent pas rompre leurs liens avec l'Espagne, une immense majorité est favorable a la consultation (qui n'est pas présenté comme un référendum) Les sondages parus ces derniers temps dans le journal "El Pais" révèlent également, qu'une légère majorité d'espagnols des autres régions, est favorable à la tenu de ce scutin.

Mais une sale ambiance se développe dans le reste de l'Espagne, des démagogues de la même eau que ceux en place en Catalogne, peuvent instrumentaliser eux aussi, les sentiments d'un peuple qui se sent méprisé, sinon insulté par les indépendantistes catalans.

 La relation de la Catalogne avec le reste de l'Espagne n'est pas celle d'un couple, mais plutôt celle qui unissent deux frères siamois, trop d'organes sont communs, la rupture pourrait être fatale pour les deux partis.
Mais l'histoire nous conte, que très démocratiquement, les peuples,souvent conduits par des démagogues, n'ont pas toujours faits les meilleurs choix. Il faut savoir ce qui se passe dans le reste de l'Espagne, aujourd'hui un ouvrier ou chômeur de Teruel ou de Santander, en arrive à détester un chômeur ou ouvrier catalan. La poursuite du bras de fer, ne sera pas tenable longtemps.

 Ce qui est certain c'est l'ambiance délétére qui s'est installée en Catalogne. Malgré leurs prétentions à présenter leur mouvement comme pacifique, il y a eu ces dernières années, des dizaines d'attaques par les jeunesses des différents partis indépendantistes, contre les stands, les sièges de partis unionistes, des menaces de mort contre le dirigeant d'un parti catalan unioniste, Ciutadan's. Les membres du PP on décidé de ne plus remplacer les carreaux régulièrement cassés de leur permanence dans le centre de Barcelone, et de ne plus effacer les graffitis.

Pour parer à toute éventualité, en début d'année la « CAIXA BANC » première et principale banque de Catalogne, a modifié ses statuts, afin de se donner la possibilité de déplacer son siège à Madrid, et fait entrer dans son conseil d'administrationn des personnalités aussi peu soupçonnables de dérive indépendantiste que le Madrilène Javier Solana. Le Banco de Bilbao (BBVA) avait entrepris en son temps une démarche similaire, avant de transférer définitivement son siège à Madrid. Aujourd'hui BBVA n'est pas plus basque, que la banque de Suez n'est Egyptienne.

 

Que faire ??

 

Il y a deux partis unionistes non liés au PP ni au PSOE.

Le parti catalan Ciutadan's crée à partir du foro ciutadan's, association d'intellectuels catalans opposés à indépendantisme. Et UPyD crée par une transfuge basque du PSOE, Rosa Diez. Celle-ci critique sans nuances les nationalistes, à partir d'une position de centre gauche.

Evidement, pour les indépendantistes se sont des franquistes. Ils sont de fait leurs pires ennemis, et lui envoient les injures les plus ordurières, Leur meilleurs ennemis étant la droite espagnole, et les électeurs les plus nationalistes espagnols. Mais on ne choisi pas ses ennemis

Rosa Diez, est aussi la bête noire du PP, et du PSOE, qualifié de gauchiste selon les uns ou de fasciste selon les autres., ce qui témoigne de sa valeur. C'est une personnalité difficile, un peu imbue d'elle même. Néanmoins ses positions sont souvent pleines de bon sens.

 

Ainsi, en avril de cette année, au congrès des députés, elle proposait au gouvernement de porter cette affaire catalane auprès du Conseil de l'Europe. En effet, à la demande d'un député européen de ce parti, auprés de la Commission Européenne, pour qu'elle se prononce sur le processus indépendantiste et sur le projet de referendum, les commissaires renvoyérrent ce député, vers le conseil de l'Europe.

Si les instances de la CE n'ont pas pouvoir, ni même envie de prendre position, sur les affaires intérieures des états, surtout pour des affaires de souveraineté, les avis du Conseil de l'Europe, indépendant des instances européennes, reconnu par tout le continent européen, jusqu'à la Russie et la Turquie, est garant du fonctionnement de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Ses avis sont reconnus comme impartiaux, et ses prises de position ne sont pas imprégnés par l' " idéologie"  de la CE, soucieuse de l’intégrité territoriale des états.

Mais Rajoy se drapa dans son légendaire légalisme, tout imbu de patriotisme espagnole et d'espagnolisme. Par une telle démarche il reconnaissait explicitement le rôle d'interlocuteur privilégié à une simple communauté autonome, et trainait la souveraineté de la nation auprès d'un organisme international indépendant, il remettait l'avenir de la nation à des étrangers.

Silence assourdissant du coté des indépendantistes, car une telle démarche n'aurait certainement pas tourné à l'avantage de leurs projets. Dossiers impartiaux, et comptes en mains réels, les indépendantistes allaient droit au bouillon international.

 

En résumé il urgent pour l'Espagne de se trouver des dirigeants dignes de ce nom, des hommes politiques soucieux du bien public, plus que de leur carrière. Afin de désamorcer ce problème, et d'engager un processus de réconciliation, qui ne passe pas par la rupture, et ce n'est pas tâche aisée.

Il deviens évident que Mariano Rajoy n'as pas l'envergure, et qu'Artur Mas pour garder le pouvoir joue aux apprentis sorciers. Et fait n'importe quoi.

 

Bonne chance à tous les Ibères et Celtibéres.

 

 

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