Lettres depuis Barcelone.

Ce billet est inspiré de plusieurs articles de Juan Cruz Ruiz, et notamment de lettres qui lui ont été adressées.

Des lettres de Barcelone, de non nationalistes consternés. Adressées à Juan Cruz Ruiz.

Qui aurait pensé, qu'un jour arriveraient ces lettres de Barcelone

Je ne peut plus parler avec mes amies, elles s'agrippent à leur idée, et refusent que les miennes existent. je reprendrai le chemin, pour m'en aller. Ou: Oui quelle tristesse, c'est comme reprendre ce tunnel du temps et revenir au plus sinistre et obscure de notre histoire, j'ai peur est écrit sur une autre. Puis sur une autre un poème "comme s'il avait été écrit aujourd'hui" de Jaime Gil de Biedma "de toutes les histoires de l'histoire, la plus triste est celle d'Espagne car elle se termine toujours mal. Comme si l'homme, fatigué de lutter contre ses démons, décidait de remettre à un gouvernement et à son administration ses misères. Je suis cassé, fatigué, je ne veut pas parler, je suis paralysé et j'ai peur. Dit une autre.

Ces lettres arrivent de Barcelone. Qui aurait pu imaginer un tel désastre

Sur les chaînes de tele, les radios, et la presse, un mensonge nu, fleurit et se répand . On l'appel révolution, mais ce n'est pas le nom.

C'est une révolte contre la loi, orchestrée par la droite catalane, après une indigne période de corruption, que dénonça Pascal Maragall, avant qu'on le fasse taire.

Ce n'est pas une révolution; ils firent monter la CUP, leurs enfants, leurs gosses de riches. Pour cacher leurs turpitudes. Et qui vendent l'indépendance, comme un paquet de lessive sensé laver la Catalogne de la cupidité humaine.

On ne crie pas dans les rues qu'il n'y a pas de démocratie, lorsque réellement il n'y a pas de démocratie.

Ils aidèrent le PP à accéder au pouvoir, en refusant l'alliance que leur proposait la gauche, parce que cette gauche, elle était Espagnole. Et ainsi roublards, les voir se jouer des scénarios hystériques et anachroniques, entre anarchistes d'operette, et un état de droit.

Ils ont traité Joan Manuel Serrat de "fasciste", ce Catalan qui chanta Machado, le sortant de l'oubli, où l'avaient placé les vrais fascistes.

Un historien nationaliste, sensé nettoyer les rues de noms indignes d'une démocratie, a même proposé qu'on retire ce nom; Antonio Machado, d'une place. Considéré "espagnoliste" ce poète enterré en terre Catalane, parce qu'il aima l'Espagne, l'Espagne républicaine.

Dans une bibliothèque Catalane. Ils ont dégradé les livres de Juan Marsé Carbò, rayant entre autre "né à Barcelone"  sur sa biographie, le traitant de fasciste et de renégat.

Ils ont placé Puigdemont au panthéon des héros pour la liberté, lui qui vota avec la droite, le refus de reconnaître le droit à l'autodétermination des kurdes et des sahraouis.

Dans un interview à l'émission de la "sexta""Salvados",  imperméable au ridicule, il considéra que le referendum du Kurdistan n'était pas légal. Et amusé, laisse qualifier de "fascistes" ceux qui ont dit non, à son référendum.

Ce président sensé conduire la Catalogne à la Liberté, avec Artur Mas et Xavier Trias qui se rendirent à Jerusalem Est, sans citer le mot Palestine. Sourds au cris d'indignation des Palestiniens en Espagne.

Ceux là qui veulent écrire l'HISTOIRE, et qui ont contribué à faire d'un mensonge une vérité. La Révolution contre une Dictature.

Et bien assis, assistent roublards au résultat, qui tombe comme un fruit, comme des mains tristes tombant sur ces lettres, écrites à Barcelone.

 

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