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Billet de blog 17 février 2023

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Retraites: Point de situation.

Comment le gouvernement et l'intersyndicale nous ont roulés dans la farine !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La pétition lancée par les syndicats vient de dépasser le million de signatures, devenant l'une des plus signée de change.org

Le dernier sondage ELABE montre que le soutien de l'opinion publique envers la mobilisation est de 67%

A peu près partout les articles se multiplient pour dénoncer toutes les conséquences nocives de la "réforme": carrières longues, non prise en compte de la pénibilité (qui n'existe pas selon Macron et Le Pen !), arnaque des 1200 euros minimum, âge de départ des femmes, etc.

Et il suffit d'en discuter pour comprendre que la majorité des salarié.es est bien convaincue de se faire arnaquer. Il reste bien 30% de la population qui approuve la réforme mais sans surprise c'est dans les catégories aisées.

Dans une démocratie un conflit opposant 70% de la population contre 30% devrait pouvoir se régler au bénéfice de la majorité. D'une façon ou d'une autre.

Pourtant la "réforme" est en passe d'être votée.

Alors il faut s'attarder sur cette "bizarrerie" !

Au Parlement les politiciens professionnels nous jouent la comédie des débats démocratiques. Grandes phrases, petits mots d'insultes, magouilles entre partis, le tout dans un débat truqué/tronqué puisque raccourcis par le 47.1 qui se termine le 18 février.

Lundi ce sera le tour du Sénat de jouer la comédie. Le débat devrait débuter le 6 mars mais en raison du 47.1 ne durera pas plus de 15 jours ce qui nous amène vers le 13 mars.

Rappelons qu'à tout moment le gouvernement peut faire adopter le projet de loi en appliquant le 49.3 !

Pendant ce temps les syndicats regroupés en intersyndicale, exactement comme en 2010, organisent la grande protestation populaire qui servira d'alibi démocratique. Et de faire valoir pour Macron: "Voyez malgré l'opposition de la rue j'ai tenu bon !"

La "grande mobilisation" consiste à organiser des défilés symboliques à raison, en moyenne, d'un par semaine. Nous en sommes à 5. Le 19 janvier, 31 janvier, 7 février, 11 février, 16 février.

Certes les grandes manifestations sont utiles et même indispensables pour débuter un mouvement social. Elles servent principalement à "se compter" et à montrer le nombre et la détermination des personnes qui sont opposées à la "réforme".

Le 19 janvier et le 31 janvier ont brillamment remplies ce rôle. Les manifestations suivantes sont à peu près inutiles et surtout elles grèvent le budget des participants. Le 7 février et le 16 février n'ont eu pour effet que de gaspiller deux jours de salaires.

Après avoir constaté le 31 janvier que le gouvernement ne recule pas, l'intersyndicale devait passer à autre chose. En préparant des actions reconductibles pour bloquer le pays. Seule méthode possible pour stopper Macron. 

Il n'en a rien été. L'intersyndicale ne change pas la méthode des "temps forts" inefficaces. Mais pour donner le change le prochain "temps fort" le 7 mars sera rebaptisé  pompeusement: "La France à l'arrêt" ou encore "On bloque tout" (Ah poésie des luttes sociales lol)

A ce niveau le foutage de gueule de l'intersyndicale devient un art !  

En effet le 7 mars on arrête le travail, on manifeste, puis le 8 mars on retourne au travail. Exactement comme le 7 février ou le 16 février. Il faut avoir une grosse dose d'imagination pour voir "La France à l'arrêt". Ce sera juste une très grosse manifestation de plus.

Alors se pose le problème des grèves reconductibles. On peut mettre "la France à l'arrêt" mais il faut continuer le 8, le 9 et au bout de quelques jours le gouvernement et le patronat commenceront à réfléchir sérieusement.

Or ce n'est pas du tout ce qu'à décidé l'intersyndicale. Ses composantes dites "modérées" (lire patronales) sont résolument hostiles à la poursuite des grèves après le 7 mars et à toute tentative de bloquer le pays.

Les syndicats dits "combatifs" suivront, sans le dire, cette ligne de capitulation en prétextant "la préservation de l'unité syndicale".

A ce sujet on peut consulter la position de la CGT, un modèle de jésuitisme, qui appelle à continuer le 7 mars ... par le combat pour les droits des femmes le 8 mars ... puis "à poser" le problème des reconductibles mais sans y appeler explicitement avec la formule "la CGT appelle l'ensemble des secteurs professionnels à décider des formes de cette reconduction"

En traduisant en clair cette "langue de bois": que les AG se démerdent seules !  Qu'elles fassent grève si elles veulent, le jour qu'elles voudront, la durée qu'elle voudront" ... (nous on va les aider à coordonner un blocage national efficace)

On a connu des syndicats plus directifs pour des mouvement inutiles comme "tous et toutes en grève le 16 février" par exemple !!

Le 8 mars plusieurs grands secteurs se mettront probablement en grève mais ils ne pourront pas durer longtemps tous seuls. Et si l'intersyndicale ne coordonne pas un mouvement national c'est l'échec probable.

Il est même possible que Macron exploite le spectacle comique du Parlement pour passer en force avec le 49.3, s'il est assuré que les LR ne tenteront pas le "coup de la dissolution" (qui pourrait leur être fatal   !)

Auquel cas l'intersyndicale explosera immédiatement puisque les syndicats légalistes ne contesteront pas une loi votée au nom du "respect de la démocratie" (sans rire!)

En même temps je crois que la loi "séparatisme" pénalise maintenant ceux qui contestent les "lois de la République". Même mal votées :)

Nous en sommes là. Exactement comme en 2010.

A moins d'un sursaut populaire spontané le 7 mars et au delà, que tous ces braves gens s'efforcent de rendre impossible, nous allons perdre au moins deux ans de retraite !

Le mieux serait de s'organiser dès maintenant, pour agir ensemble et sur la même période.

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