Bleu, Gris (et Noir)

Voilà. Jeter une bouteille à la mer avec une petite lettre dedans et passer du Bleu au Gris (le Noir dans les coulisses....)

Voilà.

Jeter une bouteille à la mer avec une petite lettre dedans

et passer du Bleu au Gris (le Noir dans les coulisses....)

Le 5 mai

Ici, étouffer dans l'étau qui se resserre.

Insupportable.

Et pousser toujours un long cri de désespoir, inaudible.

Sans "barrage" pour le contenir, l'endiguer.

 

Ce dernier texte

et un dernier fragment de nouvelle en chantier,

pour la bouche.

Vision allégorique d'une fin de monde annoncée, quoiqu'il advienne.

Me lira qui voudra.

                                                

                                                                ̶  FIN DE JOUR  ̶  

 

"D’abord, il y a les tours grises de la cité qui crèvent le ciel sous un déluge de poussière, aux fenêtres desquelles pendent des draps ballotés par le vent, les paraboles alignées aux balcons, les façades couvertes de graffitis, les portes des caves éventrées et dans la cour déserte, ceinturée par un mur de pierres en ruines, dans l’ombre des arbres rachitiques, des bancs vides, écorchés par les lames rageuses de canifs.

Et puis derrière les tours ramassées en une sinistre géographie de béton délabré, conçue par un architecte fou et qu’aucune âme ne semble habiter, il y a la décharge. C’est là que tu es enterrée, sous des monceaux de gravas qui roulent le long des pentes vallonnées, que le vent gémissant, encore, balaye, soulevant un épais nuage de poussière blanche qui glisse, à la lisière d’un horizon incandescent, comme un vaisseau-fantôme égaré dans la brume d’un paysage erratique, crépusculaire.

C’est là que le type t’a ensevelie, sous des pelletées de boue séchée et de pierres, parmi les ordures que les bouches des bennes métalliques ont vomies, qui pourrissent à l’air libre, les appareils ménagers écroulés, à moitié calcinés, les carcasses rouillées de voitures avachies sur des essieux, aux portières arrachées et aux vitres éclatées, ton pauvre corps, écartelé et sanglant, gisant dans les décombres abandonnés. C’est là, dans ce décor de fin du monde, sous ces montagnes de déchets, que des feux de fortune n’ont pu consumer, que tu es enfouie. Là où personne ne te trouvera jamais, ni même te cherchera."

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 NB: J'ai vidé ma boîte de contacts, à l'exception d'un seul. N'en prenez pas ombrage.

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