Le monde change vraiment. Barack Obama vient de délivrer un message à l'occasion de Norouz, la fête traditionnelle iranienne qui célèbre la nouvelle année dans le calendrier iranien. Explications.
Norouz en Persan, c'est le "nouveau jour", le renouveau fêté le premier jour du printemps, depuis plus de trois millénaires dans une tradition héritée du zoroastrisme. Une tradition venue de l'ancien empire perse et qui a traversé les âges malgré l'introduction de l'islam ; une manière de marquer une identité perse face aux envahisseurs arabes puis ottomans.
Voici donc une petite vidéo que d'aucuns trouveront kitsch avec une danseuse mi-Loïe Fuller orientale mi gemini cricket virevoltant en superposition à des images qui résument bien l'esprit de cette fête.
Tout d'abord le nationalisme et la permanence historique de cette grande nation depuis les ruines de Persépolis jusque dans le drapeau qui drape la belle jeune fille en extase devant un bas relief représentant les frontières du pays.
Ensuite les fleurs, et particulièrement la tulipe et la jacinthe présentes dans les peintures , ces fleurs symboles d'un renouveau aussi intense que bref entre les neiges de l'Elbrouz et la chaleur écrasante des déserts.
Puis les tables dressées pour la fête qui permettent de présenter les Haft Sîn - les sept 'S' - en référence aux sept objets représentant les sept voeux pour l'année :
sabzeh - le germe de blé ou d'orge représentant la renaissance,
samanu - la pâte sacrée représentant l'abondance,
senjed - la jujube séchée représentant l'amour,
sîr - l'ail représentant les vertus de la médecine,
sîb - la pomme symbole de beauté et de bonne santé,
somaq - la baie de sumac à la couleur du lever de soleil,
serkeh - le vinaigre qui appelle l'âge et la patience,
sonbol - la jacinthe si odorante qui annonce le printemps,
sekkeh - les pièces car après tout richesse et prospérité ne sont inutiles.
Et, souvent un livre comme le Coran ou un recueil de poésies le Divan d'Hafez ou les Roubaï d'Omar Khayyâm.
La tulipe a fait toilette
aux averses du printemps;
C'est l'An neuf : Debout! Aux actes!
Prends la coupe incontinent!
Car cette herbe maintenant
théâtre de tes plaisirs,
On la verra reverdir
bientôt sur tes ossements.
Omar Khayyâm- Cent un quatrains (traduction Gilbert Lazard, Editions Orphée - La Différence)
Prenons donc la coupe et écoutons la voix sublime de Mohammad Reza Shahjarian emportée par le rythme de son ensemble musical, car le rythme porte la poésie affirme le grand chanteur.