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Billet de blog 25 mars 2013

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Manifestations monstres à Madrid pour le 14N

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  • Photo : « A bas le régime ». (TU/EI)

Le 14 novembre dernier, plusieurs millions d’Européens sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre les politiques d’austérité. Particulièrement affecté par les coupes budgétaires, le sud de l’Europe s’est massivement mobilisé avec des grèves générales très suivies. En Espagne, les syndicats ont avancé le chiffre de 77% de grévistes. Un mouvement de protestation général Avec plus de la moitié des jeunes sans emploi, près de 6 millions de chômeurs et environ 500 expulsions de domicile par jour, la situation de l’Espagne est critique et les cures d’austérité ne passent pas. La journée de protestation du 14 novembre a uni les mouvements sociaux espagnols traditionnels et les mouvements alternatifs proches du 15M. Depuis la rentrée, la rue espagnole n’a laissé que peu de répit au gouvernement Rajoy. A Madrid, le mouvement Rodea el Congreso (« Encerclons le Congrès »), lancé sur les réseaux sociaux, a rencontré un succès immédiat. Soutenu par une grande partie de l’opinion publique, cette « coalition » d’indignés a mobilisé à plusieurs reprises des dizaines de milliers de personne place de Neptune, contre un gouvernement jugé illégitime et responsable de la crise. C’est ainsi que plusieurs milliers de personnes ont afflué une nouvelle fois vers le congrès, le 14 novembre dernier. Loin du simple défilé, cette journée de colère européenne à débuté dans la nuit du 13 au 14 à Madrid, où des manifestions spontanées ont éclaté un peu partout sur les grands axes de la ville. Le son des sirènes de la police et des hélicoptères sillonnant le ciel n’a pas cessé pendant près de 24 heures. Une grève qui a également permis aux Espagnols de rappeler leur attachement à leurs services publics, comme l’éducation ou la santé, qui subissent des coupes drastiques. Des établissements scolaires ou universitaires ainsi que des hôpitaux ont ainsi été occupés pendant la nuit, alors qu’une dizaine de manifestations, pour la plupart non déclarées, avaient lieu dans toute la ville. Assemblées, repas populaires ou encore rassemblements éclairs dans les lieux fréquentés ; la diversité des actions menées était impressionnante.

  • Photo : Les manifestations étaient visibles par de nombreux tags et affichages sauvages (TU/EI)

Actes de violence et affrontements avec la police Un peu partout les magasins se barricadent le temps du passage des manifestants scandant : « Aujourd’hui on ne travaille pas, on ne consomme pas ! » ou encore « Qu’est-ce que tu regardes ? Toi aussi tu te fais voler ! ». Une ambiance tendue qui tourne rapidement à l’affrontement avec la police, qui tente de dégager certains axes routiers. En fin de journée, des centaines de milliers de personnes se sont rendues dans le secteur de Legazpi et d’Atocha, afin de rejoindre le centre et la place de Neptune. Une grève sociale mais également politique, qui a mis dans la rue tous les types d’opposition possibles aux politiques du gouvernement Rajoy. L’Espagne n’avait pas connu une telle journée de mobilisation depuis longtemps. L’ambiance très tendue et la forte présence policière a rappelé à certains les heures sombres de l’Espagne. En début de soirée, des affrontements ont éclaté entre la police et des groupes de manifestants. Des barricades de poubelles en feu ont été dressées, notamment dans le secteur du musée du Prado. Des vitrines de fast-foods, de grandes entreprises et de banques ont également fait les frais de cette fin de manifestation d’une rare violence. Au total, les rues espagnoles ont compté un million et demi de manifestants, 142 arrestations et 74 blessés. Des chiffres qui contrastent avec les propos du gouvernement, qui mentionne une « journée calme », avant de rappeler qu’il ne reviendrait pas sur sa politique. Ici, cette journée d’actions a représenté avant tout le point culminant de la colère des Espagnols étranglés par l’austérité et qui craignent que la situation ne fassent qu’empirer, comme en Grèce. Un exemple des combats menés à travers toute l’Europe, à l’instar des Portugais, contre la même politique qui n’épargne aucun pays, y compris la France.

  • Photo : « La banque tue des gens » (TU/EI)

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