21/11/2016, Arte, émission "28 minutes".

Renaud Dely présente son invité Oxmo Puccino par ses mots : "le Jacques Brel black".

 

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Je n'évoquais pas un sens subjectif des mots bien que, puisque vous abordez la question, il n'est guère possible qu'il en soit autrement. Ou bien un sujet donne un sens, une signification à ce que l'on peut nommer simplement une situation. Autrement dit, il utilise un mot existant ou crée un néologisme pour déterminer ou nommer

cette situation; certains appellent cela concept. Ou bien, le sujet se réfère à un mot existant recouvrant la situation déterminée par ce mot, le tout résultant d'une convention.Il n'y a pas, à mes yeux, d'intelligible signifiant.

Je disais donc plus sobrement que le choix des mots par Renaud Dély est le résultat d'une subjectivité en tant que celle-ci est une manifestation de la vie qui éprouve et est éprouvée (chez ce monsieur). Il n'est pas question de relativiser suivant les uns et les autres. Mais force est d'observer que la même phrase chez un enfant peut être entendue de manière tout à fait différente. Diriez-vous alors que cet enfant est raciste alors qu'il n'aurait aucune idée de ce qu'est le racisme, ni même ne saurait qu'il existe une théorie des races chez l'animal humain ? Encore moins peut-il même se douter qu'il y ait des hommes qui pensent ainsi.

Si relativsme, il y a, il ne concerne pas le sujet en tant que tel mais le spectateur qui peut être l'interlocuteur; dans la mesure où ce dernier interprête une situation.

Par ailleurs, je ne recule pas. Le fait de dire, par exemple, que tout est culture m'implique pas que tout se vaut. Or, c'est ce que vous faîtes en prétendant que Renaud Dély banalise, par son propos, le racisme. Je dis que, en tant que subjectivité, Renaud Dély ne détermine aucun racisme dans son propos qui est pour vous signifiant de ce point de vue. Il dit une phrase qui ne peut signifier nécessairement et uniquement ce que vous en comprenez.

D'ailleurs, nous constatons que sur cette nécessité, nos avis divergent. S'il y avait une nécessité valable pour tous, d'une certaine mmanière, nous serions tous d'accord. Ce n'est pas le cas.

En quelque sorte, vous prétendez tirer du texte et uniquement du texte, une détermination valable pareillement pour tout le monde. Je m'y oppose.

Ensuite, la question que je conçoive qu'il ait pu tenir ce propos en pensant établir une hiérarchie entre Jacques Brel et Oxmo Puccino sur le terrain de la race et prétandant ainsi faire de la race dîte blanche, une race supérieure, n'a acune espèce d'importance dans le propos qui est le mien.

Peut-être avez-vous raison. Mais vous êtes bien incapable d'en apporter la moindre preuve. Tout simplement parce qu'on ne peut réduire la vie à des critère objectifs comme le fait la science. Et c'est, notamment, en cela que la science est dangereuse. Je ne m'explique pas plus sur ce point.

Mais, je me repète vous êtes libre d'y voir du racisme ou une forme banalisée. Ce que je ne vous conteste pas. Car c'est irréfutable en tant que cela émane de votre personne.

En revanche, j'insiste encore, cela ne préjuge en rien de ce que l'on peut faire à partir d'une telle situation. Je crois, cependant, que la dénonciation n'est pas la bonne réponse.

En somme, je ne dis pas que vous avez tort. Mais je ne dis pas non plus que vous avez raison. Je m'efforce de contester le caractère nécessaire et unique de votre interprétation comme valant universellement, pour vous et pour pour les autres.

Autre point.

Sur "une culture qui permette à la joie d'être le mode essentiel d'existence de la vie", je signifiais simplement que votre dénonciation aussi louable que vous l'estimez être non seulement ne règle pas la question du racisme en France ou ailleurs, mais surtout, par ce que j'estime être sa violence sociale, il est possible en définitive que vous atisiez un conflit plutôt que vous instauriez les présupposés de sa résolution.

Enfin, vous pouvez en effet considérer qu'il y a des méta-propos c'est-à-dire des propos ou des actes qui sont en soi, dans l'idée pure, dans l'intelligible; qui sont au-delà des situations et des hommes qui les prononcent; des propos racistes qui valent ainsi, suivant une signification déterminée, pour tout le monde et pour toute situation, indépendamment de leur contexte et quels que soient les individus.

A cela, je disais, c'est dangereux et cela ne règle pas la question de votre cause qui est de voir le racisme disparaître. Il ne suffit pas, à mon sens, de dénoncer une situation pour qu'elle n'est plus lieu ni même de l'interdire. Sur ce point également, je ne m'xplique pas plus.

Bien cordialement