Journal d'un confinement - Jour 12

Aujourd’hui je suis sortie jusqu’à la superette bio de mon quartier (je fréquente aussi le monop’ mais en ce moment je ne veux pas faire deux magasins). J’avais une liste de courses mais je voulais surtout du pain (je n’aime pas manger sans) et j’en ai profité pour prendre des fruits (pommes, kiwis), des légumes frais (chou-fleur, endives) et d’autres denrées (dont plusieurs fromages).

Aujourd’hui je suis sortie jusqu’à la superette bio de mon quartier (je fréquente aussi le monop’ mais en ce moment je ne veux pas faire deux magasins). J’avais une liste de courses mais je voulais surtout du pain (je n’aime pas manger sans) et j’en ai profité pour prendre des fruits (pommes, kiwis), des légumes frais (chou-fleur, endives) et d’autres denrées (dont plusieurs fromages). J’ai pris assez de pain pour en congeler (sans vider le rayon, hein, il y en avait beaucoup…). Je n’ai pas pris d’œufs ni yaourts (la prochaine fois ?). En superflu, j’ai pris de la viande séchée et du « faux » café à l’épeautre torréfié dont je pourrais me passer.

J’y suis allé vers 13h30 afin d’y croiser moins de monde. Le matin j’avais fait un peu de gym (en suivant des vidéos prises sur internet). En fin de matinée, j’ai commencé à me préparer, l’une des dernières étapes étant la pose du masque. D’abord une compresse stérile, puis un rectangle d’une matière découpée dans une lingette dépoussiérante en guise de filtre et par-dessus le masque en coton doublé qui maintient le reste en place. Avec une lingette, je peux faire quatre filtres. J’ai appris qu’on peut aussi utiliser comme filtre, un tissu en microfibre. Je garde cette information pour plus tard. Si j’en ai besoin je pourrai toujours sacrifier quelque culotte de cette matière… Sur la compresse je vaporise un peu d’eau florale de lavande officinale, cela sent bon, c’est bactéricide je crois, mais pas trop de quantité car les virus aiment l’eau (j’ai lu récemment qu’ils sont hydrophiles … je suis « au top » des connaissances sur les masques faits à la maison). Je fais attention à ce que le masque soit bien positionné et ne me gêne pas (avec quatre couches c’est nécessaire) car une fois le masque posé sur le visage et contrairement à d’autres (suivez mon regard…), je sais qu’il ne faut plus y toucher… Mon petit sac à main en bandoulière. Deux sacs en tissu à l’épaule. Enfin, j’enfile des gants jetables et je suis prête à partir.

Dans la boutique, l’ambiance était à la fois morose et affairée. On sent que les gens sont « à cran ». Je les comprends. J’ai demandé des nouvelles à la caissière et j’ai appris que l’un des responsables est malade (sans diagnostic à ce stade).

Au retour, j’ai marché très lentement et j’ai fait le tour du pâté de maison, pour profiter du soleil. En arrivant chez moi, j’ai posé mes courses dans l’entrée et j’ai descendu la poubelle que j’avais déjà préparée. C’est seulement en remontant dans l’appartement pour ne plus en sortir que j’ai entrepris de retirer les gants. Contrairement à madame Sibête qui ne sait pas se servir d’un masque, je sais retirer les gants. Je pince le gant droit au niveau du poignet (sur sa face interne) entre le pouce et l’index de la main gauche et je tire le gant droit si possible en le retournant puis je le garde dans la main gauche toujours gantée. Ensuite je glisse le pouce droit contre la face interne du poignet gauche de telle sorte à retirer le gant gauche en le retournant sur l’envers, en emprisonnant le gant droit à l’intérieur du gant gauche retourné. Ensuite je noue le gant gauche au niveau du poignet et « tous les virus », si virus il y a, restent emprisonnés dedans. L’ensemble peut ensuite être mis directement à la poubelle ; éventuellement dans une petite poche pour une sécurité supérieure, enfin c’est ce que je me dis. Ensuite j’ai retiré le masque, en me lavant les mains avant et après. Il est allé directement dans la machine à laver, rejoindre d’autres masques, du linge et les sacs en tissu des courses. Plus tard j’ai lancé un cycle de lavage (40°, lessive + produit désinfectant du linge, jamais d’adoucissant).

Avant de tout ranger, j’ai passé à la lingette désinfectante les emballages qui pouvaient l’être ainsi que les clés, le sac, le porte-monnaie, la carte bancaire, poignées et interrupteurs dans l’entrée. Je me demande si c’est dérisoire ou excessif … en tout cas, c’est ce que j’ai fait…

Avant de sortir j’avais quelque appréhension car mon attestation n’était pas réglementaire : manuscrite, incomplète (la flemme de tout recopier) et c’était celle de la semaine précédente dont j’avais corrigé la date … mais je n’ai croisé aucun contrôle. Il faudra néanmoins, essayer de réparer l’imprimante…

Hier on a appris que le confinement était prolongé au moins jusqu’au 15 avril inclus. Je sens que cela voulait dire plutôt fin mai voire juin ; le temps de fabriquer en masse tests et masques pour gérer la sortie du confinement… car il va falloir, en sortie de confinement, faire ce qu’on n’a pas fait avant : tester, isoler/confiner seulement les personnes contaminés, masquer massivement pour se protéger et/ou protéger les autres et bien sûr soigner ;

Lire à ce sujet l’excellent article de Reporterre : https://reporterre.net/Depister-et-fabriquer-des-masques-sinon-le-confinement-n-aura-servi-a-rien

PS : j’ai conscience d’avoir donné beaucoup de détails inutiles sur mon usage des masques (faits main, j’insiste, puisque les vrais nous manquent cruellement, et surtout au personnel médical et à ceux qui travaillent), des gants…etc… ; détails de ma petite intendance personnelle qui n’intéresse personne mais si cela pouvait aider, en ces temps difficiles, au moins une personne, au moins UNE, madame Sibête par exemple, cela suffirait à mon bonheur…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.