Soixante maires de Corse demandent la libération de l’écrivain Jean-Pierre Santini

Occulté par les médias, le soutien des maires de l’île de Corse pour la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain Jean-Pierre Santini va s’amplifiant : il est passé en un mois de 20 à 60 communes.

L’appel aux 359 maires de l’île, lancé , le 2 novembre dernier, au nom du collectif Operata pè Santini par le poète Norbert Paganelli, ne cesse de prendre de l’ampleur. Il a été entendu à ce jour dans soixante communes.

Les premiers magistrats de soixante communes de Corse demandent en effet la libération sous contrôle judiciaire de l’écrivain-éditeur Jean-Pierre Santini, 77 ans, en détention préventive à Fresnes depuis le 10 octobre dernier.

La liste des 60 maires signataires à la date du 2 décembre 2020

Jean Alfonsi (Serra di Ferro), Jean-Christophe Angelini (Porto-Vecchio), Paul Antona(Frasseto), Fabien Arrighi (Noceta),Dominique Baccarelli (Barrettali), Jean-Marie Balesi (San Gavino di Carbini), Pierre-François Bellini (Carbuccia), Jean Biancucci(Cuttoli-Corticchiatto), Mireille Boncompagni(Olmeta di Capocorso), Mathieu Ceccaldi(Marignana),

Maurice Chiaramonti (Poggio-Mezzana), François Chiarasini(Tavera), Barthelemy Colombani (Costa), Fortuné Felicelli(Olmo), Ange Fraticelli (Aleria), Francis Giudicci(Ghisonaccia), Jean Giuseppi (Figari), Jean-Paul Guerrieri(Palasca),Christophe Graziani (Bigorno), Paul Innocenzi(Casalta),

Alexandre de Lanfranchi (Levie), Jean-Yves Leandri (Granace),Francis Marcantei(Talasani), Etienne Marchetti (Barbaggio), Pierre Martini (Sampolo), Jean François Mattei (Monte), Alain Mazzoni (Lento), Jean-Toussaint Morganti (Ogliastro), José-Pierre Mozziconacci (Olmeto), Séverin Medori (Linguizzetta),

Vincent Micheletti (Casalabriva), Jean-Luc Millo (Olivese),Lionel Mortini (Belgodère),Marc-Antoine Nicolai (Cervione),François Orlandi (Tomino), Stéphane Orsoni(Occhiatana), Jean-Charles Orsucci (Bonifacio), Antoine Ottavi(Bastelicaccia), Gisèle Pan-Colonna (Osani), Jean-François Paoli (Pianello),

Julien Paolini (Pietroso), Pierre-Jean Poggiale (Valle di Mezzana), Pierre Poli (Eccica-Suarella), Jean-Noël Profizi(Serra di Fiumorbo), Joseph Pucci (Viggianello),André Rocchi(Prunelli di Fiumorbu), Jean-Marc Rodriguez (Poggio-di-Venaco), Jean-Baptiste Santelli (Pietra di Verde), Anne-Laure Santucci (Luri), Alexandre Sarrola(Sarrola-Carcopina),

José Sauli (Pietralba), Pierre Savelli (Bastia), Jean-Michel Simonetti (Canari),François Sorenti (Sainte Lucie de Mercurio), Jean Toma (Sari Solenzara), Marthe Tomi (Tasso),Bernard Vannucci (Pietraserena), Jean-Marie Vecchioni(Campile), Simon Venturini (Alzi), Antoine-Martin Versini (Cristinacce)

Les « considérants » des maires de Corse

« Considérant qu’il n’existe pas en France de délit d’opinion et que les opinions de Jean-Pierre Santini ne sont pas obligatoirement les nôtres,
Considérant que des faits établis sont reprochés à cette homme, il appartient à un tribunal de le juger et de le condamner après avoir entendu sa défense,
Considérant que, pour cela, il n’est nul besoin de le priver de sa liberté en l’attente d’un procès équitable,
Considérant que si ces faits ne sont pas encore établis, il est permis de douter sérieusement de leur matérialité,
Considérant enfin qu’une justice digne de ce nom ne saurait pratiquer l’acharnement répressif envers une personne âgée de 77 ans, souffrant de diverses pathologies et ayant poursuivi une grève de la faim de trois semaines,
Par ces motifs, demandons la mise en liberté immédiate sous contrôle judiciaire de l’écrivain et éditeur Jean Pierre Santini. »

L’operata pè Santini se poursuit  et les médias l’occultent

Dans une indifférence médiatique tant régionale que nationale qui ne manque pas de faire s’interroger nombre de citoyens, en Corse autant que sur le continent, la montée en puissance des divers soutiens à l’écrivain-éditeur emprisonné se poursuit: « On continue » souligne le poète Norbert Paganelli avec le collectif Operata pè Santini.  « Merci à toutes celles et ceux qui sont directement intervenus auprès des maires pour obtenir leur soutien. »

La lente mais indéniable progression des soutiens accordés par les premiers magistrats des communes d’une île et leurs considérants seront-ils un signal assez fort pour réveiller la curiosité des rédactions et permettre aux journalistes d’exercer leur métier ? 

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