Ugo Pandolfi
Scriptures, lectures et confitures
Abonné·e de Mediapart

37 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 oct. 2020

Des auteurs interpellent la Ministre de la Culture

Dans une lettre ouverte rendue publique le 14 octobre, un collectif d’auteur(e)s et d’artistes s’adresse à Roselyne Bachelot en faveur de l’écrivain Jean-Pierre Santini en détention « provisoire » et en grève de la faim depuis son interpellation le 6 octobre à l’aube.

Ugo Pandolfi
Scriptures, lectures et confitures
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A l’initiative des deux écrivains, Xavier Casanova et Pietr’Anto Scolca, qui ont assuré la direction éditoriale de l’ouvrage « Lire Santini » paru en septembre dernier, le collectif « Operata pè Santini »  qui rassemble déjà de très nombreux auteurs, artistes et écrivains, demande à Madame la Ministre de la Culture la liberté pour l’écrivain Jean-Pierre Santini : «Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains. Vous pensez comme nous et vous devez le faire savoir. Il en va de votre honneur ».

 Le texte intégral de l’Adresse à Roselyne Bachelot

 « Madame la Ministre

 Jean-Pierre Santini est en prison.

Jean-Pierre Santini dort à Fresnes.

 On a pris cet homme de 76 ans, et on l’a jeté dans Fresnes la carcérale, lui, cet instituteur à la retraite, qui ne connaît que les livres et la poésie, lui, qui aime au-delà de son village, lui qui aide tous les gens qu’il rencontre sur sa route.

 Ce qui vient tout d’abord, la sidération, l’incapacité totale de penser, d’échapper à la ronde incessante des mots.

 Comment ? Pourquoi ?

 Nous ne le savons pas, mais nous savons qu’il est notre ami, qu’il est un ami de la paix, un ami de la révolution aussi. La révolution des mots, la révolution des idées, l’arme des mots, rien de plus.

 La révolution est-elle devenue un gros mot en France ?  Peut-on désormais mettre Voltaire en prison, parce qu’il pense autrement ? La pensée est-elle devenue une arme illicite en France, pays de Charlie et de Camus ?

 Quoi qu’il en soit, nous avons peur pour lui, à son âge, dans son état de santé, avec le Covid-19 qui ravage l’Ile de France, alors qu’il entame une grève de la faim.

 Nous, hommes et femmes de lettres, qui ne savons rien des arcanes de la justice, 

nous, qui ne voulons pas la violence, 

par lui nous sommes tous violentés et défaits, 

par lui nous sommes tous reniés dans nos droits, 

par lui nous sommes anéantis dans nos rêves et nos idéaux. 

 Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains. Vous pensez comme nous et vous devez le faire savoir. Il en va de votre honneur.

 Libérez Santini, il est homme de raison et se rendra à toute convocation de justice,

Libérez Santini, il est homme de parole et ne fuira pas ses responsabilités.

 Laissez cet homme actif faire vivre sa maison d’édition et la culture en Corse.

Laissez cet homme paisible dans le silence de sa maison, laissez-le boire un café et raconter des histoires. Les histoires, c’est sa vie, c’est la nôtre.

 Libertà pè Santini !

 C’est tout ce que nous vous demandons, Madame la Ministre, et nous vous embrassons. »

Cette Adresse à Madame la Ministre de la Culture a été adressée à la DRAC de Corse le 14  octobre. Elle a été dans le même temps rendue publique par ces premiers signataires par le blog www.corsicapolar.eu et  via  les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal — Politique
Personnel et notes de frais : les dossiers de la députée macroniste Claire Pitollat
Dix-neuf collaborateurs en cinq ans, des accusations de harcèlement et des dépenses personnelles facturées à l’Assemblée : le mandat de la députée du sud de Marseille, candidate à sa réélection, n’a pas été sans accrocs. Notre partenaire Marsactu a mené l’enquête.
par Jean-Marie Leforestier et Violette Artaud (Marsactu)
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
par C’est Nabum
Billet de blog
De l'art de dire n'importe quoi en politique
Le problème le plus saisissant de notre démocratie, c’est que beaucoup de gens votent pour autre chose que leurs idées parce que tout est devenu tellement confus, tout n’est tellement plus qu’une question d’image et de communication, qu’il est bien difficile, de savoir vraiment pour quoi on vote. Il serait peut-être temps que ça change.
par Jonathan Cornillon