L’écrivain Jean-Pierre Santini ne doit pas mourir en prison

Avec les gens de Lettres et les gens tout court, soutiens, partages et pétition s’amplifient. Le 17 octobre, le président de l’Assemblée de Corse a écrit au Ministre de la Justice.

La romancière Eliane Aubert-Colombani vient de l’écrire, le 16 octobre, au Ministre de la Justice : elle est indignée « face à l’arrestation de Jean-Pierre Santini ». Elle demande que « très vite » le poète, le romancier, le militant soit libéré.

« Dans un ouvrage récemment paru, j'ai dit et redit - souligne Eliane Aubert-Colombani - mon admiration pour l'immense écrivain qu'est Jean-Pierre Santini. Je ne connais pas un autre écrivain de langue française en qui s'incarnent trois personnages: un poète, un romancier et un militant, (exceptionnellement, peut-être, André Gide quand il publie "Retouches à mon retour d'URSS").
Jean-Pierre Santini militant nationaliste est à l'origine de la création du FLNC en 1976. Il souhaite l'indépendance de la Corse, il le déclare, ce qui n'est pas un délit dans la démocratie française. Personne ne conteste que certains militants se soient compromis dans des actions violentes, Jean-Pierre Santini ne les a jamais approuvés. »

L’émotion et l’inquiétude des gens de Lettres

Le poète Norbert Paganelli, dès le 12 octobre, s’est adressé au Président de la République. Il fait partie de ceux qui ne partagent pas toutes les opinions de Jean-Pierre Santini. Il est choqué par le traitement inhumain et disproportionné réservé à l’écrivain à qui le 10 octobre le juge des libertés refuse le contrôle judiciaire et le maintient en détention provisoire. Norbert Paganelli alerte crûment, sans détours, le chef de l’Etat.

 « Si les crimes que l’on reproche à cet homme sont établis, personne de sensé ne verra d’obstacle à ce qu’il soit sanctionné mais, pour l’heure, rien de tout cela n’est établi et rien ne permet non plus de croire qu’une levée d’écrou puisse générer, de sa part, une quelconque fuite. Par contre, vous porteriez une bien grande responsabilité si la santé de Jean Pierre Santini venait à s’altérer et s’il retournait en terre de Corse entre quatre planches. Bien plus qu’un crime d’État ce serait là un crime contre l’esprit qui souderait contre vous la totalité de la communauté insulaire toutes tendances confondues. »

Après le lancement sur le réseau social Facebook, le 11 octobre, par la romancière Marie-Paule Dolovici d’un groupe public de soutien, fort à présent de plus de 640 membres, un collectif d’auteur(e)s et d’artistes, Operata pè Santini, a rendu public, le 15 octobre, une Adresse « embrassante » à la Ministre de la Culture: « Nous ne voulons pas d’une France qui détruit ses écrivains. Vous pensez comme nous et vous devez le faire savoir. Il en va de votre honneur. »

Les soutiens et les partages des gens tout court

Adressée, le 15 octobre, aux deux Présidents de la Collectivité Territoriale de Corse, la lettre du collectif Operata pè Santini est également un pressant appel : « Présidents, intervenez au mieux pour la vie de notre ami ». Le 17 octobre, Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, annonce qu’il vient d’alerter le Garde des Sceaux : « il parait indispensable de mettre un terme à une détention à la fois inutile, injuste et éminemment dangereuse ».

Au douzième jours de la grève de la faim, entamée par l’écrivain depuis son arrestation le 6 octobre, l’évidence s’impose: c’est bien la vie d’un homme qui est en jeu. Il s’agit bien de sauver l’écrivain Jean-Pierre Santini. Le poète, le romancier, le militant ne doit pas mourir en prison.

Cette évidence ne cesse de grandir: la pétition en ligne lancée , le 14 octobre, par la professeure Anna-Maria- Caroline Celli recueille en moyenne 200 signatures par jour. Elle compte à cette heure plus de 640 signatures.

Des exigences, des évidences qui s’imposent à toutes et à tous parce que l’écrivain Jean-Pierre Santini ne doit pas mourir en prison.

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