1968 - 2018: 50 ans dans l’illusion de la démocratie lycéenne?

Née au lendemain de mai 68, la démocratie lycéenne est souvent décrite comme un espace pour élaborer des projets et échanger sur la vie de l’élève. Pourtant, cette image autant véhiculée par l’institution que par les élèves eux même, obstrue tant les réels enjeux des institutions lycéennes que son histoire profondément politique.

 © Chuttersnap © Chuttersnap

(On trouvera à la fin de l’article un schéma et un lexique sur la démocratie lycéenne)

 

A la fin des années 60, le lycée est un lieu exclusivement d’instruction. Il s’agit d’un espace d’obligations où l’élève est de passage. Perçu comme un usager, le lycéen n’a pas son mot à dire sur le fonctionnement de l’établissement et la démocratie scolaire est réduite, depuis la Libération1, à la présence d’un « responsable de classe » que l’on appelle le plus souvent « chef de classe ». Désigné par les élèves sans règles électorales précises, ces chefs de classes s’établissent clairement dans une relation à sens unique du maître vers l’élève. Une verticalité que l’on remarque d’autant plus quand l’on sait que certains chefs de classes sont nommés par les maîtres eux-mêmes.

Ce modèle va évoluer en novembre 1968 avec l’apparition de représentants au Conseil d’Administration* et des « délégués de classe » qui institutionnalisent le dialogue entre les maîtres et les élèves. Il s’agit à ce moment de répondre aux revendications lycéennes, exposées quelques mois plus tôt, de participer à la gestion de l’établissement et de disposer de personnes mandatées pour représenter leurs intérêts.

Toutefois, ces textes prennent des années à s’appliquer. Les délégués de classes vont cohabiter encore longtemps avec les chefs de classe qui prennent du temps à disparaître (en 1972, 95 % des établissements disposent encore de chefs de classes d’après une étude de l’IFOP). La situation est la même pour les Conseils de Classes* où les élèves ne s’imposent que des dizaines d’années plus tard. Enfin, les représentants des lycéens au Conseil d’Administration, par leur mode d’élection, n’ont pas la légitimité qui leur permettrait de s’imposer. De plus, beaucoup de personnels de direction*, inquiets de voir remise en cause une part de leur autorité, empêchent une pleine participation des élèves à leur mission. En 1970, le journal lycéen communiste Avant Garde dénoncera : « le pouvoir [a] tout fait pour faire obstacle au travail [des délégués]. Il a tenté de saborder l’application de la loi, de faire des délégués de simples chefs de classe, de leur ôter tout pouvoir. »

1989 – 1991 : l’Acte I de la démocratie lycéenne

C’est à la fin des années 80 que se joue le premier acte de la démocratie lycéenne. Le 10 juillet 1989, la loi d’orientation de l’éducation instaure les Conseils des délégués la Vie Lycéenne* (qui se résumeront rapidement au titre de Conseils de la Vie Lycéenne) et permet aux lycéens de siéger au Conseil Supérieur de l’Éducation*. En février 1990, la France ratifie la Convention Nationale des droits de l’enfant qui instaure de fait les droits lycéens2. Apparaissent alors les droits que nous connaissons encore aujourd’hui comme ceux de réunions, d’associations, d’expressions et d’affichages. Enfin, dernières évolutions de ces années prolifiques pour la démocratie lycéenne, c’est en septembre 1991 que naissent les Conseils Académiques de la Vie Lycéenne* et les trois fonds lycéens* (fond d’animation, fond social, fond de vie lycéenne). Si ces évolutions sont le fait d’un tournant idéologique, l’élève étant considéré avec la loi d’orientation comme « au centre du système éducatif », il s’agit également de répondre aux mobilisations lycéennes qui s’enchaînent sous l’impulsion des « nouveaux lycéens* » (le 12 novembre 1990, 300 000 jeunes défilent pour demander « du pognon pour l’éducation »)

Raisons et objectifs de la démocratie lycéenne

La mise en place de la démocratie lycéenne porte alors trois objectifs. Tout d’abord il s’agit de répondre une demande de dialogue de la part des lycéens mais aussi une demande d’engagement. Il faut donner une possibilité aux lycéens de s’engager de manière institutionnelle.

Ensuite, il est question de promouvoir la citoyenneté dont l’enseignement se développe. La démocratie devient un pôle d’intégration des normes d’actions politiques de manière à éviter que les jeunes se tournent vers des répertoires d’actions politiques non conventionnels comme les blocus ou les manifestations sauvages.

Enfin, le dernier objectif, moins avouable, est celui de la gestion publique, de créer un fusible pour éviter les crises lycéennes. En associant les usagers à la prise de décision, même de manière superficielle, on cherche à ce qu’ils soutiennent et promeuvent ces décisions auprès de leurs camarades. De plus, la formation d’instances lycéennes permet de désigner des discutants pour représenter les lycéens lors des conflits à venir.

Les années 90, le temps des consultations

La dynamique de la loi d’orientation s’estompe vite avec l’alternance politique en France. Après le développement d’un embryon de cogestion dans les établissements, le gouvernement décide en 1994, en réponse à la mobilisation sur le Contrat d’Insertion Professionnelle, de lancer la Consultation Nationale des Jeunes. Cette consultation inaugure l’ère des consultations de masses dont le but est d’obtenir le plus de réponses possibles à des questionnaires pour savoir « ce que veulent les jeunes ». Malgré les nombreuses réponses aux questionnaires grâce à un important dispositif publicitaire, la Consultation Nationale des Jeunes ne permet pas aux sociologues l’étude des réponses du fait de questionnaires inadaptés à une quelconque étude scientifique. Les 1,6 millions de réponses chez les 15-25 ans (sur 9 millions) ne donnent ainsi pas la radiographie de la jeunesse qu’elles prétendaient réaliser mais bien une tentative de sortie de crise dans un contexte de mouvement social.

En décembre 1995, c’est dans le cadre de la mobilisation face au plan Juppé qu’est créé le Conseil National de la Vie Lycéenne* qui regroupe un représentant de chaque CAVL et les élus lycéens du CSE. Encore une fois l’instance apparaît en réponse à une mobilisation où les lycéens sont particulièrement actifs. Il faut montrer que l’exécutif est à l’écoute. Pourtant si cette instance est souvent réunie en temps de mouvement social, elle se dépolitise rapidement et ses sujets de prédilections comme la promotion de l’engagement, les discriminations et le harcèlement scolaire sont aseptisés de leur contenu politique.

Une nouvelle consultation a lieu en janvier 1998. Le questionnaire à l’intention des élèves touche alors 2 millions d’entre eux mais ne permet pas lui non plus d’apporter des mesures concrètes. Si le rapport qui en découle porte beaucoup de revendications lycéennes, peu sont reprises clairement par le ministre Allègre.

En somme, les consultations de masses dans les années 90 et la création du Conseil national de la vie lycéenne s’engagent dans une logique de communication de crise. Il ne s’agit pas de s’adapter ou de réformer suivant les problèmes des lycéens mais bien d’apporter une réponse ponctuelle. Si cette stratégie ne porte pas les résultats escomptés et que les mobilisations en font fi, elle permet aux gouvernements de l’époque d’apparaître comme ouverts au dialogue.

1998-2010 : les doutes sur l’avenir de la démocratie lycéenne

Alors que les consultations de crises montrent leur inefficacité, le ministre de l’éducation nationale en 1998, Claude Allègre, commande un rapport au recteur René Blanchet sur la vie de l’élève. Celui-ci est publié quelques mois plus tard sous le titre de La Vie de l'élève et des établissements scolaires. Ce document préconise alors d’améliorer la vie lycéenne et la démocratie lycéenne en recentrant la politique éducative sur les jeunes dans l’esprit de la loi d’orientation de 1989. Si les préconisations du rapport ne sont pas reprises, il ne faut pas pour autant négliger le message de ce rapport qui, de fait, remet en cause la consultation de crise au profit d’une communication du quotidien.

En 2000, c’est un nouveau pas qui est fait dans le sens d’une démocratie lycéenne non conflictuelle avec la généralisation des CVL. Une mesure qui prend en compte encore une fois l’écart entre les textes et le terrain, où les instances sont loin de s’être imposées. Cette évolution n’apporte sans doute pas l’amélioration concrète de la démocratie lycéenne qui était préconisée par le rapport Blanchet mais elle institutionnalise et donne les moyens aux lycéens d’imposer l’existence des élus dans les établissements.

Durant le passage de Luc Ferry au ministère de l’Éducation nationale, l’esprit de la loi d’orientation sera largement remis en cause. En accusant cette loi d’avoir créé un enfant roi qui impose une baisse des exigences et du niveau de l’école, le ministre de l’époque veut replacer les élèves dans une simple logique d’apprenant. Les initiatives d’intensification de la démocratie lycéenne sont alors abandonnées.

Des maladies de la démocratie lycéennes clairement identifiées

Le début des années 2000 est un moment d’incertitude sur l’orientation que doit prendre la démocratie lycéenne. Les instances locales comme les consultations de masses semblent inefficaces pour enrayer les conflits locaux et nationaux. Pourtant, les raisons de l’échec de la démocratie lycéenne commencent à être connues.

Il y a d’abord la désaffection des personnels de direction, les chefs d’établissement en tête, pour les instances lycéennes. Plus favorables dans l’ensemble au contact direct ou aux Assemblées Générale des Délégués, certains peuvent se sentir empiétés dans leurs prérogatives par les élus lycéens. Il y a un véritable conflit entre la place de l’élève dans l’institution scolaire et sa situation d’égal à égal officielle dans les instances. Les Conseils Principaux d’Éducations* sont avec le chef d’établissement au cœur des stratégies d’animation de la vie lycéenne avec l’aide, parfois d’assistants d’éducations*. De la même manière, l’implication des professeurs influence ce dynamisme. Car si certains professeurs encouragent l’engagement des élèves, beaucoup le considèrent comme un moment d’absence de la salle de classe et une régression du niveau scolaire des élèves concernés. La question est évidemment liée à la place que l’enseignant attribue à l’élève dans l’école et les organisations syndicales des professeurs prennent pleinement part à ce débat. La réussite de la démocratie lycéenne repose donc en partie sur la dynamique de l’établissement, ce que le recteur Blanchet résume ainsi : « Tout repose localement sur la capacité ou la volonté de la communauté scolaire d'intégrer cette dimension éducative dans le projet d'établissement. C'est pourquoi l'expression lycéenne connaît plusieurs vitesses : vivace souvent dans des lieux dont la population scolaire est difficile, elle est à la traîne dans les établissements plus favorisés, comme si, entre éduquer et enseigner, il y avait alternative et non complémentarité. Paradoxalement, pour vivre pleinement, les droits des lycéens et leur représentation supposent ce que l'on pourrait appeler un « pilotage éducatif » fort au niveau local : la volonté politique nationale ne peut suffire. »

Une autre raison de l’échec de la démocratie lycéenne est l’incapacité dans un certain nombre d’établissement de répondre à une mission sociale. Les professeurs comme les chefs d’établissements manquent cruellement d’une réelle formation sur la vie lycéenne, ce qui n’aide pas les établissements à quitter la tradition purement éducative. La cours des comptes pointait ainsi en 2003 que 85 millions d’euros des fonds sociaux lycéens étaient sous utilisés.

De plus la démocratie lycéenne manque de moyens qui lui assurerait un fonctionnement optimal. Financièrement, le découpage administratif des fonds lycéens empêche un réel investissement dans la démocratie lycéenne. Les fonds de la vie lycéenne sont en effet abondés par les fonds de vie de l’élève dont dépendent également les deux autres fonds lycéens (d’animation et social). Le découpage étant fait par le recteur, chaque budget donne lieu à un véritable jeu d’équilibriste. Chaque euro pour la démocratie lycéenne est donc un euro au dépend des fonds sociaux ou des fonds d’animation, certaines académies font ainsi le choix de favoriser l’action sociale à la vie lycéenne. D’un point de vue logistique, il peut aussi manquer des salles. Car, si les régions sont obligés de prévoir dans la construction des lycées un espace pour que les parents puissent se réunir3, il n’est en aucun cas fait mention d’un espace pour les élus lycéens. Certains établissements, particulièrement ceux en sureffectifs, ne peuvent alors pas se permettre de placer à disposition des élèves une salle de réunion. Enfin, il y a la question des moyens humains. Les élèves sont souvent limités dans leur action du fait qu’ils produisent eux même les actions qu’ils souhaitent appliquer. Dans les Conseils Académiques de la Vie Lycéenne, les Délégués Académiques* peuvent bien les accompagner mais l’aide d’une seule personne pour des académies regroupant des dizaines de milliers d’élèves reste disproportionnée. Il faut également ajouter à ces problématiques l’important roulement entre les élus. Le cursus scolaire se limitant à trois ans, il est aussi impossible de s’éterniser dans les instances lycéennes. Ainsi la formation comme le partage des connaissances d’une génération à une autre reste extrêmement faible, sans compter la question des obligations lycéennes (baccalauréat, concours vers le supérieur et stages pour les lycéens de voie professionnelle). En outre, il faut bien se rendre compte que l’élève suit un cursus scolaire qui, suivant son niveau scolaire, peut ne pas lui laisser beaucoup de temps pour s’investir. L’engagement lycéen a un coût. Pour réellement s’investir il faut sacrifier des cours, des temps de révision et du temps libre. Il n’est alors pas aisé pour un lycéen en difficulté de s’investir pleinement dans son mandat lycéen.

2010-2018 : Vers l’acte II de la démocratie lycéenne ?

Les années 2010 voient le retour d’un travail pour une démocratie lycéenne locale et non conflictuelle. En 2010, un décret4 accompagné d’une circulaire réaffirme les prérogatives du CVL, tout en y adjoignant les questions d’internat et de restauration. En 2013, le ministère de l’éducation nationale, sous l’impulsion de George Pau-Langevin lance une nouvelle dynamique dans l’esprit de la loi d’orientation pour intensifier la démocratie lycéenne. Une commission « Pour un acte II de la vie lycéenne » sous la direction de la députée Anne-Lise Dufour-Tonini est mise en place. Rapidement une séquence de consultation des lycéens et des élus va être mise en place en novembre pour relever les problèmes propres à la démocratie lycéenne.

Parmi ces problématiques est alors pointé l’écart entre les textes qui régissent la vie lycéenne et la réalité des établissement, la déconsidération de la communauté scolaire vis à vis des élus, la fréquence trop faible des réunions des instances académiques et nationales, le brouillage des missions entre le CVL et la Maison des Lycéens*, la MDL ayant normalement le monopole des projets d’animations, ainsi que la trop grande importance des chefs d’établissements dans la dynamique de l’établissement.

Le rapport Dufour-Tonini est également très critique vis-à-vis des instances académiques et nationales où siègent les lycéens. Perdus au milieu d’un nombre trop important de missions au Conseil Académique de la Vie Lycéenne (comparé à leurs moyens), invisibles et peu reconnus au Conseil National de la Vie Lycéenne, peu présents et représentatifs au Conseil Supérieur de l’Éducation. Dans toutes ces instances le scrutin indirect n’assure également pas une légitimité aux élus. Une centaine de voix suffit pour être élu au CAVL, cinq au CNVL tandis que les sièges en CSE sont accaparés par les structures syndicales.

Le rapport Dufour-Tonini ne reste pas lettre morte. Au lendemain des mobilisations contre la loi El Khomri et à la veille des élections lycéennes de 2016 est publié la circulaire5 « Pour un acte II de la Vie Lycéenne ». Une circulaire qui réaffirme le rôle de la démocratie lycéenne et son importance. Le document est aussi adjoint d’un texte qui lie les élus lycéens du Conseil d’Administration à leur élection préalable au CVL.

« L’Acte II de la Vie Lycéenne » appairait alors comme un raté. Une circulaire, plus faible texte dans le droit français n’est pas en capacité d’assurer la promesse d’un grand changement dans la démocratie lycéenne. L’une des explications à cet échec de la dynamique de la commission au texte final en 2016 peut s’expliquer de différentes manières. Tout d’abord, George Pau-Langevin, à l’origine du texte va passer du ministère de l’éducation nationale, où elle était chargée de la réussite éducative, au ministère de l’Outre-Mer en 2014. De plus, la dynamisation de la démocratie lycéenne se heurte aux sensibles débats sur la place de l’élève, des débats dont le ministère de l’éducation nationale souhaite se passer au moment où il rencontre une opposition face aux réformes des rythmes scolaires, des programmes puis du collège. La circulaire sous une forme très consensuelle ressort alors pour répondre au mouvement social de 2016.

Dernière avancée dans la démocratie lycéenne, le décret parité oblige désormais la formation de listes paritaires composés de deux candidates de sexe féminin et de deux candidats de sexe masculin pour les élections au Conseil National de la Vie Lycéenne et au Conseil Académique de la Vie Lycéenne, le texte ayant déjà été publié plus tôt pour les élus au Conseil Supérieur de l’Éducation. Cette mesure, s’appuyant sur un manque relatif de parité dans certaines de ces instances complique cependant la procédure de candidature et seules les prochaines élections pourront nous montrer si le texte provoque une réelle pénurie de candidats.

Une démocratie lycéenne irréalisable ?

De mai 68 à la loi El Khomri, la progression de la démocratie lycéenne semble viscéralement liée aux mobilisations lycéennes. Un lien qui fait dire aux organisations lycéennes que l’État a plié face aux revendications. Pourtant il faut bien se rendre compte que la démocratie lycéenne a également été mise en place pour court-circuiter de futures mobilisations, notamment en préparant les élèves à accepter les décisions des pouvoirs publics tout en abandonnant les actions politiques non conventionnelle comme les blocus.

La démocratie lycéenne a également pour rôle de désigner des discutants, une tâche perdue avec la très faible légitimité des élus lycéens nationaux que très peu connaissent et encore moins considèrent comme leurs représentants. Mais la présence de ces élus lycéens lors des annonces de réformes montre bien l’utilisation politique dans laquelle sont tombés un certain nombre des élus lycéens nationaux.

L’échec de la démocratie lycéenne, symptôme d’une école qui se cherche encore

La différence entre ce qu’attendent les lycéens de leurs élus et la réalité de leur action est immense. Les véritables questions dans les établissements sont réglées en Conseil Pédagogique puis en Conseil d’Administration, dans l’académie, c’est le fait des Conseils Académiques de l’Éducation Nationale* et du recteur, enfin le CNVL est très loin de la cuisine des réformes et n’est pas en mesure d’imposer ses exigences. Alors comment en vouloir aux élèves d'être si peu à voter et encore moins à connaître leurs élus lycéens quand on sait que ces institutions n’ont qu’un pouvoir consultatif, sous utilisé et ayant des budgets dérisoires ? Comment également blâmer ceux qui ne donnent pas de légitimité à ces élus issus de votes avec une faible participation et qui ne pourront se démarquer avec un « programme » applicable ?

Au final, la question de la démocratie lycéenne est indissociable de celle de la place de l’élève dans l’École. L’absence de consensus sur cette place, entre simple agent ou acteur central, empêche aujourd’hui de donner à la démocratie lycéenne les moyens pour qu’elle prenne une place prépondérante dans les établissements. En attendant une clarification nécessaire, la démocratie lycéenne et ses instances sont vouées à rester les acteurs secondaires de l’École.

 

Notes

1 Circulaire ministérielle du 9 octobre 1945

2 Ces droits sont précisés par la Circulaire n° 91-051 du 6 mars 1991 qui fait suite au décret du Conseil d'État du 18 février de la même année.

3 Depuis l’article 65 de la loi du 8 juillet 2013.

4 Le Décret n° 2010-99 du 27 janvier 2010

5 La circulaire n° 2016-13

 

Annexe

Schéma representant les instances de la démocratie lycéenne © Ministère de l'Éducation Nationale Schéma representant les instances de la démocratie lycéenne © Ministère de l'Éducation Nationale

Lexique :

Conseil d’Administration (CA) : Le conseil d'administration est l'assemblée qui prend les décisions importantes de l'organisation de l'établissement. Il est notamment composé de membres de l'administration de l'établissement et de représentants élus (des personnels de l'établissement, d'élèves et de parents d'élèves).

Conseil de Classe : Le conseil de classe est chargé du suivi des élèves et des questions pédagogiques intéressant la vie de la classe. Composé de membres du personnel de l'établissement, de délégués d'élèves et de parents d'élèves, il se réunit au moins 3 fois par an. Il formule des propositions concernant l'orientation et l'accompagnement des élèves et en informe les parents.

Personnels de direction (PerDir) : Les personnels de direction participent à l'encadrement du système éducatif et aux actions d'éducation. Ils occupent principalement des emplois de direction d'établissement ou de formation. Ils conduisent la politique pédagogique et éducative de l'établissement, en concertation avec l'ensemble de la communauté éducative.

Conseils des délégués de la Vie Lycéenne (CVL) : Dans chaque lycée, le conseil des délégués pour la vie lycéenne, plus souvent appelé Conseil de la Vie Lycéenne, débat de toutes les questions concrètes relatives au travail et aux conditions de vie des élèves dans l'établissement. Il est consulté par le conseil d'administration quand il doit traiter d'un de ces sujets.

Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) : le Conseil Supérieur de l’Éducation est une instance consultative placée sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, qui rassemble tous les acteurs de la communauté éducative.

Conseils Académiques de la Vie Lycéenne (CAVL) : Le conseil académique de la vie lycéenne est une instance de la démocratie lycéenne institué dans chacune des académies de France. Présidé par le recteur d'académie, il est constitué de représentants élus par les élus CVL et de personnes désignées par le recteur. Il examine les questions touchant à la vie lycéenne dans l'académie.

Fonds Lycéens : Les fonds lycéens forment une partie du budget de l’Éducation Nationale, ils sont divisés en trois : les fonds de la vie lycéenne qui finance son fonctionnement et ses éventuelles actions, ils sont gérés par les CVL, les fonds d’animations pour les projets lycéens, ils sont gérés par les MDL, et les fonds sociaux pour les actions sociales, ils sont gérés par une commission dans les établissements.

Nouveaux Lycéens : Les nouveaux lycéens représentent les lycéens issus de la massification scolaire, provenant notamment des milieux défavorises

Conseil National de la Vie Lycéenne (CNVL) : Le Conseil national de la vie lycéenne est l’échelon national de la démocratie lycéenne. Il rassemble trente-trois représentants de lycéens autour du ministre et de ses conseillers et aborde les questions de la vie de l’élève.

Conseillers Principaux d’Éducation (CPE) : Le conseiller principal d'éducation seconde le chef d'établissement dans l'organisation de la vie scolaire et assure le lien entre les familles et l'équipe pédagogique.

Assistants d’Éducation (AE/AED) : Les Assistants d’éducation exercent les fonctions d'encadrement et de surveillance.

Délégués Académiques à la Vie Lycéenne (DAVL) : Les Déléguées Académique à la Vie Lycéenne sont des personnels du rectorat qui assurent l’animation du CAVL, au CNVL, il s’agit alors du Délégué National à la Vie Lycéenne

Maison des Lycéens (MDL) : La Maison des lycéens est une association culturelle remplaçant dans les lycées français les foyers socio-éducatifs. Elle est dirigée par et pour les lycéens.

 

Bibliographie :

- Géraldine Bozec, La formation du citoyen à l’école : individualisation et dépolitisation de la citoyenneté, 2018, Revue du lien social et politique

- Anne-Lise Dufour-Tonini, députée du Nord, Pour un acte II de la vie lycéenne, vers la démocratie lycéenne, 2013, Rapport parlementaire

- Pierre Saget, Principes pour l’élaboration d’une politique éducative d’établissement, 2011, Rapport de l’Inspection générale de l’Education Nationale

- Sylvie Condette-Castelain, L’implication des élèves dans la vie de l’établissement : regards croisés des enseignants et des conseillers principaux d’éducation, 2009, Carrefour de l’Éducation

- Bernard Roudet, Les jeunes, les valeurs de la démocratie et l’école, 2005, Quand les jeunes s’engagent

-Valérie Becquet, Dialoguer avec les jeunes : un engagement réciproque ?, 2005, Quand les jeunes s’engagent

- Michèle Sellier, La place de l’élève dans le management de l’école depuis la loi d’orientation du 10 juillet 1989, 2005

- Cours des Comptes, La gestion du système éducatif, 2003, Rapport particulier

- Pierre Merle, Les droits des élèves. Droits formels et quotidien scolaire des élèves dans l'institution éducative, 2001, Revue française de sociologie

- René Blanchet, La Vie de l'élève et des établissements scolaires, 1998, Rapport à l’intention de Claude Allègre

-Philippe Meirieu, Quels savoirs enseigner dans les lycées : rapport final du Comité d'organisation, 1998, Rapport à l’intention de Claude Allègre

- Gérard Mauger, La consultation nationale des jeunes : contribution à une sociologie de l’illusionnisme social, 1996, Revue genèse : Sciences sociales et histoire

- Nadia Déhan, Annick Percheron, Martine Barthélémy-Thomas, La démocratie à l’école, 1980, Revue française de sociologie

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