La solidarité en France : les nouvelles formes de don

A l’approche de Noël, nombreuses sont les sollicitations des associations auprès des français pour appeler à faire des dons en cette période de l’année symbole de convivialité et de générosité.

C’est bien légitime si l’on considère le taux de précarité et de pauvreté en France et dans le monde. Cependant, triste est de constater que les dons aux associations sont en baisse. Au premier trimestre 2018, on comptait déjà 6% de dons en moins qu’en 2017. Les chiffres des second et troisième trimestre ne sont pas encore connus mais au regard de la fiscalité des ménages alourdie, la tendance devrait se poursuivre et s’amplifier.

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Les conséquences de la baisse du pouvoir d'achat sur les dons

N’allez pas croire que les français seraient subitement devenus égoïstes et auraient perdu leur générosité. Les ménages français subissent la baisse de leur pouvoir d’achat et privilégient naturellement les besoins de la famille avant les besoins extérieurs.

Nous savons tous que pour pouvoir maintenir les programmes des secteurs de l’intérêt général (les personnes fragilisées, l’accès à l’éducation, la recherche contre le cancer, la lutte contre le réchauffement climatique…), il faut absolument que les dons continuent d’exister.

C’est ainsi que de nouvelles formes de dons sont apparues ces dernières années, les « dons 2.0 ».
Voyons ensemble quel est le profil du donateur du futur.

Donner autrement : le profil du donateur de demain

Si les dons sous formes de prélèvements mensuels ou de chèques en fin d’année à l’attention des associations reconnues comme l’UNICEF, la Fondation Arc par exemple tendent à diminuer considérablement, une nouvelle forme de dons est née.

Avec la multiplication des nouvelles technologies, des réseaux sociaux, avec l’expansion de
l’e-commerce, le don 2.0 a vu le jour. Le don 2.0 permet au français modeste de pouvoir continuer à faire des dons mais différemment, et surtout sans affecter son pouvoir d’achat.

Ces dons, souvent des micro-dons, se font en quelques clics au gré des tâches quotidiennes de façon indolore et chacun à son échelle.

Un sondage IFOP publié au mois d'octobre, nous éclaire sur le profil du donateur de demain : des jeunes qui ont la volonté de donner mais qui ne connaissent pas les dons gratuits mais qui seraient prêts à y avoir recours.

Dans cette optique, parcourons l’étendue des possibilités de dons autres que prélèvements ou chèques à une association.

L’arrondi : ce micro-don indolore

L’Arrondi est une formule de mécénat participatif qui offre la possibilité à tout un chacun d’arrondir en caisse, sur sa fiche de paie, sur ses relevés bancaires, ... Grâce à ce dispositif, 100% des sommes récoltées sont redirigées vers les associations partenaires. Le logo bleu de l’Arrondi est parfaitement reconnaissable. L’Arrondi ambitionne de devenir le plus grand collecteur de dons en France. Selon les études, si 1% des clients d’une dizaine d’enseignes participaient, ce serait 5 Millions d’Euros collectés par an.

Youprix : un guide d'achat solidaire

Dans le même esprit, pour les achats sur internet, il y a Youprix, un guide d'achat qui permet de s'informer, de comparer les produits et prix, d'accéder également à des codes promos et bons plans du web. Sa différence avec les autres sites de guides d'achats et comparateurs de prix est qu'il reverse une partie de ses revenus à des associations.

Le moteur de recherche solidaire

Le principe est très simple. Pour chaque demande lancée sur le moteur de recherche, quelques centimes sont reversés à des associations. Certains moteurs collectent pour une cause plus particulièrement, comme Ecosia œuvre pour la plantation d’arbres. Cette forme de don est vraiment simple et ne vous coûte rien. Cependant, elle aide beaucoup les organisations porteuses de projets.

La cagnotte solidaire

La cagnotte solidaire se présente sous la forme d’un site qui propose des cagnottes pour lesquelles il est possible de participer. On connaissait Helloasso maintenant il y a Leetchi. Une personne désireuse de faire un don peut choisir le secteur qui la touche parmi l’humanitaire, l’environnement, le médical, les animaux, l’éducation…et verser la somme qu’elle souhaite. Les paiements sont sécurisés. La personne reçoit généralement un suivi de l’avancée du projet pour lequel elle a participé. Elle se sent actrice du projet qu’elle a modestement soutenu.

Les temps sont durs et pour que les dons solidaires puissent continuer à exister, les associations ont dû s’adapter. Le donateur du futur participera selon ses moyens de temps en temps en faisant des micro-dons. Si cette nouvelle façon de donner différentes de celle que nos parents et grands parents se développent, nous pourrons tous participer aux grands combats de notre société pour œuvrer pour un monde meilleur.

 

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