Moi, Président de la République, (non) candidat Nicolas Sarkozy

Mes chers Compatriotes,

en 2007, vous choisissiez de me porter à la Présidence de la République pour mettre en oeuvre les changements dont la France avait alors besoin.

Cinq ans ont passé, nous les avons vécu ensemble dans la douleur et la souffrance.

Dès 2008, le monde était frappé d'une crise économique sans précédent qui a nécessité de tous des efforts constants pour la tenir en échec.

Malgré des réformes fondamentales adoptées durant le mandat que vous m'avez confié pour promouvoir notre modèle institutionnel, économique et social, la crise de système s'est révélée plus contraignante à chaque vote du budget de la Nation, plus destructrice du lien social qui nous rassemble et plus dangereuse pour la stabilité mondiale qu'elle ne l'augurait à son commencement.

Notre bien commun, la France, a souffert comme tous ses voisins européens. Pour atténuer cette souffrance, l'Europe s'est dotée de nouveaux outils capables d'aider chacune de nos Nations unies dans la paix à surmonter les effets dévastateurs d'une remise en cause d'un modèle monétaire et financier devenu inexorablement contraire à l'intérêt commun.

L'Europe et chaque Etat qui la compose ont fait le choix de soutenir nos activités de crédit pour ne pas porter préjudice à nos industries et nos agricultures; mais aussi à nos services publics qu'il faut renommer services universels tant ils sont inaliénables et le bien de tous.

La France a donc choisi la stabilité budgétaire en luttant contre des déficits cumulés depuis trop longtemps hypothéquant gravement l'avenir de nos Enfants.

La France que nous aimons est un pays où tous nous avons notre place et notre avenir. La voie du redressement dans laquelle est engagée ce pays que nous aimons est la voie de la sagesse. Pourtant, nul n'ignore que la tâche est inachevée.

Un gouvernement restreint, que les commentateurs présentent comme d'union nationale, doit poursuivre l'oeuvre déjà accomplie. Pour cela, des personnalités de talent, capables et combattives formeront une équipe nouvelle qui maintiendra la France sur le chemin de la réussite sans renoncer au renforcement d'une Nation solidaire, juste et humaine.

Après consultation du Premier Ministre et des Présidents des Assemblées, conformément aux dispositions de l'article 12 de notre Constitution, j'ai décidé de dissoudre l'Assemblée Nationale et d'appeler les Françaises et les Français à élire une nouvelle majorité de combat pour porter le dessein d'espoir nécessaire à l'ensemble du pays. Le dimanche 19 février se tiendra le premier tour des élections législatives ainsi provoquées.

Ce choix est dicté par les menaces graves et immédiates qui pèsent sur les institutions de la République et l'indépendance de la Nation. Sur les institutions de la République, parce le système financier mondial tel qu'il est encore organisé force à des choix budgétaires cruciaux et douloureux, dans une discipline dont, par le passé, nous n'aurions jamais du nous départir. Sur l'indépendance de la Nation, parce qu'à l'échelle du monde, l'interdépendance mal contrôlée de nos économies est susceptible de mettre en péril nos industries, notre agriculture et nos services, donc nos emplois et l'avenir des plus jeunes d'entre nous.

La nouvelle majorité que vous me donnerez mettra en oeuvre les solutions qu'il convient encore d'adopter sans nous isoler de nos partenaires et sans jamais nous fermer du reste du monde.

La France est une Nation référence, écoutée et aimée parce que nous représentons la liberté, l'égalité et la fraternité. Plus qu'un message d'espoir, notre devoir est de porter par-delà nos frontières les réformes internationales dont le monde a besoin pour que tous nous puissions continuer à vivre dans l'idéal de l'amitié des peuples.

Mes chers Compatriotes, vous jugez que l'heure est grave. Mais aucun de vous n'ignore que la France, ce vieux pays d'un vieux continent, a des rêves de jeunesse. Ces rêves, elle les réalise parce qu'elle est une Nation d'hommes et de femmes libres.

Vive la République ! Vive la France !

 

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