15 - Du bon sens en matière de santé publique

Il est rare que le journal numérique France Soir publie des choses très intéressantes. C'est pourtant bien le cas ici, dans un Interview de grande qualité à propos de la prévention du Covid : la personne interrogée est un ponte de l'immunologie (un suédois), mais ce qu'il dit est à la fois simple, clair, et argumenté.

https://www.francesoir.fr/videos-les-debriefings/pr-martin-kulldorf-ne-faites-plus-jamais-de-confinement

(copiez juste le lien dans votre barre d'adresses et cliquez sur "enter", enfin ouvrez la vidéo, qui, dure une demi-heure)

Rien que pour ce qui est évoqué en deux phrases à la fin de l'"immunité croisée" vaut le déplacement.

Car des épidémies à risque comme celle du Covid 19 nous en subissons actuellement en permanence des dizaines de façon permanente (par exemple les hépatites A et B, qui touchent en moyenne 10 % des français, et sont au bout d'un certain temps inguérissables. Et pourtant elles ne font l'objet d'aucune prévention généralisée (AUCUNE).

La question est donc celle d'une politique de santé globale, qui exclue sauf zone complètement infestée (ce qui est très rare) les confinements généralisés. Les confinements généralisés sont médicalement, explique très bien le scientifique interrogés, au moins aussi pathogènes que bénéfiques, et devraient aboutir, si l'on prenait en compte toutes les maladies infectieuses graves, à l'impossibilité de quelque vie sociale que ce soit.

Il explique aussi que TOUS les scientifiques qui comptent avaient dès le début de la crise insisté sur le fait qu'il fallait surprotéger les personnes de plus de 65 ans (et les diabétiques graves), dont le risque de mortalité face au Covid est en gros 5000  % plus important que celui d'un enfant de 5 ans, mais qu'aucun politique, quasi-nulle part, n'a voulu prendre le risque électoral de le faire, et n'a voulu y consacrer les sommes nécessaires. Il ne le dit pas explicitement, parce qu'il essaie de ne pas "privilégier" de camp politique, mais pour lui la question a été : " on ne va pas consacrer autant pour des vieux" (cela s'entend à demi-mot dans ce qu'il explique).

Et il démonte enfin de façon excessivement convaincante le discours politique mainstream pro-confinement, en montrant comment la communauté majoritaire des soignants et chercheurs, qui exprime en gros le même genre de façon de voir que lui, a été littéralement "coupée" de moyens d'expression, les grands media la trouvant en particulier trop peu "vendeuse".

J'ai aussi trouvé d'un bon sens rarissime l'explication qu'il donne de la sous-mortalité africaine face au Covid par rapport à la nôtre, en balayant sans le dire toutes les déclarations passionnelles du type "pour ou contre l'hexacloroquine" : plus on avance en âge plus on meurt du Covid (cf plus haut). Or la population d'Afrique est en moyenne de 15 ans au minimum (peut-être plus, les statistiques dans certains pays sahéliens sont fréquemment biaisées) moins âgée qu'en Europe Occidentale.

Je ne le dirais sans doute vraiment pas souvent, mais au mois cette fois-ci, bravo France Soir.

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