13 - Les assassins de l'ombre

Un préfet allemand favorable à l'immigration vient d'être assassiné - vraisemblablement par des membres de l'extrême-droite. Néo-nazisme : il faut rester vigilants.

Le préfet de Kassel (en Hesse), Walter Lübcke, a été retrouvé sur la terrasse de sa maison, tué d'une balle en pleine tête, dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 juin.

Les premiers soupçons se portent sur l'extrême-droite allemande, qui vouait une haine féroce à ce chrétien-démocrate de 65 ans depuis le soutien qu’il avait accordé à la politique d’accueil de la chancelière Angela Merkel lors de la crise des réfugiés, en 2015.

Hier l’adjoint de Walter Lübcke a tenu une conférence de presse pour rappeler que ce dernier recevait régulièrement des menaces de la part de groupes d’extrême droite, notamment les Reichsbürger (« citoyens du Reich »), une organisation de nostalgiques du IIIReich qui ne reconnait pas l’existence de la République fédérale d’Allemagne.

Immédiatement après la mort de Walter Lübcke de nombreux commentaires haineux ont d'ailleurs circulé sur les réseaux sociaux, produits par des comptes identifiés comme proches de l’extrême droite. Exemples : « Le fils de pute a eu le coup de grâce. » ; « Coupables de soutien aux races inférieures, pas de pitié, voilà ce qui vous arrivera à tous. »

Un mois-et-demi après la décision prise en octobre 2015 par Mme Merkel de laisser ouvertes les frontières de l’Allemagne aux réfugiés fuyant les guerres du Moyen-Orient pour rejoindre l’Europe de l’Ouest,Walter Lübcke avait clairement pris position pour leur accueil, au nom des valeurs chrétiennes.

« Ceux qui ne partagent pas ces valeurs peuvent quitter à tout moment ce pays », avait-il déclaré après avoir déjà reçu des menaces de mort à l’occasion d’un débat citoyen, tout particulièrement par des membres du mouvement anti-islam et anti-migrants Pegida.

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