5 - Brindilles

Quelques remarques ou broutilles, au fil de la pensée et de l'actualité...

A propos de la mélancolie

* confusion fréquente par les supposés spécialistes de tendances dépressives, d'états de délabrement organico-psychiques dûs à l'usure de vie et/ou à des problèmes matériels, enfin de la mélancolie proprement dite ;

* deux principales composantes à cette dernière : le faire-vivre du disparu (tant qu'il existe en pensée il n'est pas encore complètement mort) et l'envahissement majeur du pschisme par ce "disparu". Seule la deuxième composante est à proprement parler pathologique.

 

Il suffit de peu de mots

pour faire effet de langue et de sens.

 

On a les sujets de préoccupation qu'on peut

* Barek Obama, Vladimir Poutine, Angela Merkel et François Hollande sont admis à rencontrer le pape en audience privée.

Obama lui baise la main, attend quelques dizaines de secondes et lui demande : "Dites-moi très Saint Père, vous qui fréquentez Dieu, est-Il démocrate ou républicain ?" Le pape de répondre : "Désolé, républicain".

C'est au tour de Poutine : il s'incline respecteusement, attend quelques dizaines de secondes et lui demande : "Dites-moi très Saint Père, vous qui fréquentez le Dieu de l'Occident, est-Il pour ou contre le soutien au président syrien ?" Le pape de s'excuser : "Désolé, Il est contre".

Voici maintenant Angela Merkel : elle s'agenouille, attend quelques dizaines de secondes et lui demande : "Dites-moi très Saint Père, vous qui êtes un ami de Dieu, est-Il pour ou contre le salaire minimum à 12 euros ?" Le pape hoche la tête d'un air attristé : "Désolé, Il est pour".

Arrive enfin François Hollande : il fait une à peine marquée génuflexion, attend quelques dizaines de secondes et lui demande : "Dites-moi très Saint Père, vous qui êtes premier ministre de Dieu sur terre... Est-ce qu'Il est pour ou contre la déchéance de nationalité ?" Le pape fronce un sourcil : "Désolé, pour Lui ce débat est sans intérêt ni portée".

 

La stratégie du beretta

Il vient d'être confirmé depuis trois jours que, lors de l'assaut du 18 novembre,

1) au tout au début de l'action les artificiers n'ont même pas été capables de faire sauter la porte (ils avaient oublié d'amorcer leurs charges explosives) ;

2) la jeune fille qui accompagnait les deux terroriste, une paumée très idiote mais n'ayant jamais tiré sur quiconque, avait crié à plusieurs  reprises, durant les vingt premières minutes, qu'elle se rendrait si les forces de police cessaient leurs tirs ;

2) les deux autres terroristes n'étaient dans l'appartement munis que d'une arme de poing disposant d'une seule balle, qu'ils n'ont même pas tirée (les déclarations officielles invoquaient jusque-là des rafales de kalachnikov ayant entraîné la réplique des forces de l'ordre) ;

3) les forces de sécurité ont réussi à effectuer une centaine de tirs à l'intérieur de leurs boucliers protecteurs, risquant de se blesser gravement eux-mêmes (il est vraisemblable que pour un policier ç'ait été effectivement le cas) ;

4) les trois personnes retranchées dans l'appartement se sont pris dans la figure entre 1500 et 2000 balles blindées, ainsi qu'une dizaine de grenades explosives pendant huit heures (autour de la troisième heure il s'avérait déjà sûr qu'ils étaient morts, mais on a tiré jusqu'à littéralement pulvériser leurs cadavres) sans qu'une seule seconde on leur ait laissé la possibilité de se rendre ;

Certes sur les trois personnes il y avait les deux assassins du Bataclan, fous de jihad wahabbite et irrécupérables.

Mais il est clair que ce qui était visé c'était l'élimination pure et simple, sans possibilité de jugement, dans l'affolement et la pagaille - les informations qu'on aurait pu obtenir des terroristes et de leur amie, on s'en moquait également.

Tout ça fait plus "pasquaïen" qu'efficace...

 

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