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Billet de blog 26 octobre 2014

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Gabon - USA :Réflexions sur l'avenir du leadership au Gabon et en Afrique noire ...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

De prime abord, un leader n’est pas forcément une personnalité charismatique. Un leader peut être une personne simple et calme qui se révèle dans des circonstances particulières et qui n’exerce pas de facto, une responsabilité. Vu sous cet angle, le leadership n’est pas un don naturel ou une capacité extraordinaire mais une dimension qui se travaille. Et ce n’est pas parce qu’on a un poste à haute responsabilité qu’on est un leader , de facto. Le leadership se construit au fil du temps, et avec une méthode. Il comporte essentiellement trois dimensions :

  • On est d’abord le leader de soi-même parce ce qu’on a une approche honnête de sa propre personnalité. ;
  • On est ensuite le leader des autres en ce sens qu’on est celle ou celui qui peut faire progresser les gens ;
  • On est enfin le leader d’une institution ou d’une organisation quand on a la capacité (indépendamment de toutes les conditions non-éthiques) de proposer une vision et de l’incarner au plus haut degré possible.
  1. Devenir le leader de soi-même, des autres et du groupe

Comment fonder un vrai leadership au Gabon ou en Afrique sub-saharienne alors que nous avons du mal à nous connaître nous-mêmes ? A servir le bien commun ? A conduire des organisations ou des institutions, d’une façon crédible ?

C’est que, sur un plan strictement personnel, un bon leader, à tout intérêt, à se montrer prudent, même vis-à-vis de soi-même, à être conscient de ses capacités ou de ses limites et à s’ouvrir intellectuellement. Au fond, il profite de ses différentes expériences, pour se connaitre davantage et s’améliorer progressivement. Ce qui fait la force du « leadership de soi », c’est l’obtention d’une discipline de vie personnelle, l’acquisition du sens de l’organisation, la perméabilité aux nouvelles idées mais aussi la fermeté même dans des situations difficiles. Le bon leader agit … même s’il doit aussi parler : le leadership découle de l’action et pas seulement de la parole ! Si le leader ne peut pas tout dire, il restera néanmoins toujours honnête car il doit être respecté, à défaut d’être populaire.

Au niveau des autres, le vrai leader doit avoir le courage de défier le statut quo et les faux semblants, même si cela dérange. Et c’est cette préoccupation qui m’a poussé à poser des actes dès 2008 / 2009 : Lettre Ouverte à Omer Bongo, candidature à la présidentielle dans un contexte ingérable pour une modeste personnalité, Union Nationale, entrée à l’UPG, choix de la légalité dans ma formation politique l’Union du Peuple Gabonais en dépit de tout … etc.

S’il veut faire progresser les uns et les autres, le noble leadership favorisera l’émergence des talents des autres et non la peur de l’autre, afin que la qualité générale du groupe en ressorte améliorée. Le leader n’est ni un gourou, ni un manipulateur, et ni un pervers qui se sert de l’autre pour le conduire là ou il ne voudrait pas aller. Le leader est un réaliste qui voit objectivement les talents et favorise l’intérêt général sur la satisfaction de ses propres pulsions. Pourquoi ? Entre autre, parce qu’il est conscient que toute vie est éphémère et que la vraie réussite est toujours collective. De génération en génération, il comprend que la vraie réussite d’un leader, c’est la transmission des acquis. Un bon leader ne peut pas être l’alpha et l’oméga de toute chose, car c’est la définition même du tyran.

En ce qui concerne, le leadership des organisations et des institutions, ce qui importe est d’avoir une vision tout en faisant en sorte qu’elle s’incarne dans la matrice de la structure. Tout ceci implique la « bonne gouvernance », bien évidemment. Il n’y a pas de leadership réel sans « bonne gouvernance » et voici les trois conditions de celle-ci : la légalité, l’éthique de ce leadership et la participation du plus grand nombre à la vision. Sur le dernier point, on veillera à faire le choix de construire soit une alliance (de long-terme comme l’Union africaine ou un Etat, en principe) ou une coalition (de court-terme comme une campagne électorale).

  1. La crise du leadership au Gabon comme en Afrique sub-saharienne

Sans doute, le leadership des groupes, nécessite t-il de la modestie mais le leader doit posséder un minimum de confiance en soi, même si celle-ci peut conduire à une arrogance désastreuse. On ne doit pas dire « non » systématiquement pour se prouver qu’on est un leader : il y a une différence entre le fait d’être chef et celui d’être un leader. Et c’est pourquoi, il ne faut pas craindre de dire que la Crise en Afrique en général et au Gabon en particulier, est une crise du LEADERSHIP. Nul n’est pourtant besoin de confondre les « petits esprits » et la volonté d’être « Chef de ceci » ou « Président de cela. La chefferie (surtout indigène) ou la volonté de puissance d’un seul individu agissant comme un mâle dominant par la brutalité d’autres êtres humains, n’a plus aucun sens. A contrario, le leadership est la capacité à servir la réalité en faisant progresser sa personne, les autres et le groupe.

Personne ne peut être un leader dans un groupe en développant des jugements de valeur comme je l’ai vécu dans mon organisation politique d’une part; et d’autre part, là où n’existe pas l’intégrité, il n’y a pas de leadership. Que personne ne soit donc étonné de voir tous les problèmes qui assiègent nos sociétés africaines alors qu’il est de bon ton d’accuser les Occidentaux d’être responsables de nos difficultés. Et pourtant, les Occidentaux ne sont pas responsables de nos incapacités à exercer du leadership, notamment éthique.

On critiquera Mandela le leader éthique (en le traitant de suppôt de l’Occident comme ceux qui doivent le plus au Système en place au Gabon, vous traiteront toujours de tous les noms, si vous êtes différents d'eux) alors qu’ils salueront sans ambages le Zimbabwéen Robert Mugabe prêt à mourir centenaire au pouvoir. Est-ce bien sérieux ? Nous rejetons ou laissons mourir les porteurs de leadership dans nos organisations, pour promouvoir ceux qui présentent trop d’ombres au niveau personnel, ne sont pas en capacité de faire progresser les autres et ont souvent démontré leur absence totale de vision, au profit d’une gestion des choses à la petite semaine.  La magnanimité est pourtant capitale si nous voulons changer positivement l’Afrique : grandeur d’esprit, éviter la petitesse … Bien de pays ne seraient pas en crise !

Si on veut du leadership au Gabon ou en Afrique, nous devons cesser de faire dans la rigidité mentale et cesser de croire que quelque chose est vraie parce que nous l’avons pensée. Au-delà de sa propre vision, un vrai leader doit pouvoir s’adapter aux circonstances extraordinaires et avoir une bonne lecture des événements. Le Président Georges Bush est devenu Président des Etats-Unis d’Amérique en l’An 2000 pour accomplir des réalisations (leadership transactionnel). Cependant, les événements du 11 septembre ont changé la nature de sa présidence. Du coup, le Président Bush est devenu un leader transformationnel : guerres à l’étranger, Patriot Act à l’intérieur du pays …

Quant au Président Obama, il a été élu en 2008 avec un projet de transformer l’Amérique et le monde mais la crise économique, la Syrie ou l’Ukraine en ont fait un leader transactionnel : un Président qui est obligé d’agir d’abord. On est très loin des promesses du « Yes we can » ou de la transformation globale au nom d’un volontarisme créateur.

On attend de voir ce que cela donnera au Gabon ou en Afrique. Précisément au Gabon, le Président Ali Bongo est venu avec le projet de changer profondément le Gabon et bien plus encore : d’abord par « l’avenir en confiance » de la campagne de 2009 ; ensuite par le « Gabon émergent ». Pour l’instant, son "leadership" n’est pas spécifique, démontrable, mesurable et réalisable dans un intervalle de temps donné. L’actuel Président n’a pu, ni « transformer » le Gabon en un pays ou règne la confiance retrouvée puisque tout le monde est en guerre larvée contre tout le monde. Pire encore, le Président Bongo, n’a pas pu réaliser des choses.

En devenant en 2009, le vrai Président de la transition gabonaise (la Présidente actuelle du Sénat, n’ayant été qu’un faire-valoir comme Présidente de la transition), Mr. Ali Bongo a hérité d’un système qu’il n’a pas pu contrôler dans la mesure où les piliers de celui-ci sont devenus incontrôlables. Il a tenté de changer le système mais n’a fait que le déplacer. En s’entourant d’une façon discutable à plus d’un titre, il n’a pas pu devenir le premier leader transformationnel ou transactionnel en dépit des conditions discutables de sa prise de pouvoir en 2009.

Et maintenant, ou allons-nous ? Il est capital que notre société gabonaise et nos monde africains méditent davantage sur cette vision du Président Barack Obama : Quelque soient, les relations entre un individu et le groupe, lorsque l’on empêche un être-humain de s’épanouir, cela constitue un grand mal. Si nous avons un ADN original, des caractères physiques et psychologiques différents, c’est bien parce l’épanouissement de l’individu est inscrit dans le « logiciel » de la personnalité. Le but du leadership est de permettre le bonheur, d’où l’importance de conduites humaines appropriés ou de la « charité ». C’est sans doute pourquoi l’Amérique a l’expérience la plus longue au monde dans le domaine de la société civile. En réalité, quelque soit la qualité de nos pays (surtout en Afrique et au Gabon), si certains s’opposent au bonheur des autres et surtout à celui d’un seul individu, ce n’est, ni plus ni moins qu’une opposition à la « Volonté Créatrice », à la Providence qui semblent présider l’univers au service de chacun.

Bruno Ben MOUBAMBA

Ohio - Cincinnati

Secrétaire Général de l’Union du Peuple Gabonais (UPG)

bruno@moubamba.com

www.moubamba.com

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