Pendant que certains États arabes encaissent des milliards à grands coups de contrats et de partenariat avec l’État génocidaire d’Israël, Gaza et la Palestine tout entière payent le prix fort du sang. Pendant que des familles sont anéanties sous les bombes dans un silence complice, des gouvernements signent des contrats d’armement juteux, confortent des alliances stratégiques, et choisissent délibérément de fermer les yeux ou pire de fermer la bouche la bouche. Il est temps de dire les choses crument : ce génocide ne serait jamais possible, sans l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui, sans la complicité active, politique, militaire et économique de plusieurs régimes arabes.
Normalisation + ventes d’armes = commerce du sang
Depuis la signature des Accords d'Abraham en 2020, la logique de « paix commerciale » s’est imposée entre Israël et plusieurs États arabes. La Maroc, longtemps considéré comme un allié historique de la cause palestinienne, en est un des exemples les plus flagrants. Dès 2021, Rabat a conclu avec Tel-Aviv un accord de coopération « sans précédent » dans le domaine de la sécurité : planification opérationnelle, achats d’armements, transfert de technologies militaires, formation.
Depuis, le Maroc s’est mis à commander massivement des armes israéliennes : drones, artillerie, tourelles blindées, satellites espions…
Ce glissement de soutien supposé à la Palestine à client régulier de l’industrie de guerre génocidaire israélienne, n’est pas un hasard. Il incarne le « quelque chose à gagner », géopolitique, sécuritaire, économique, en troquant la cause palestinienne contre des intérêts d’État.
Une coopération sécuritaire secrète mais structurée
Le Maroc n’est pas un cas isolé. Dans l’ombre, des États comme les Émirats Arabes Unis (EAU), l’Arabie Saoudite, l’Égypte, mais aussi d’autres États arabes, ont resserré, depuis plusieurs années, leurs liens militaires et sécuritaires avec l’appareil d’État colonial israélien. Les enquêtes récentes le confirment : malgré les condamnations publiques du massacre à Gaza, des responsables militaires arabes et israéliens se sont réunis à répétition dans divers États de la région (Bahreïn, Égypte, Jordanie, Qatar) pour planifier, coordonner des stratégies, partager du renseignement, voire envisager des opérations conjointes.
Ces réunions ne sont pas de simples palabres diplomatiques : elles s’insèrent dans un dispositif concret de coopération, formation, technologie, achats, planification, ravitaillement, qui rend objectivement l’appareil militaire israélien plus robuste, lui donne des relais régionaux, et facilite la perpétuation d’une campagne d’extermination dirigée contre les Palestiniens.
Paroles publiques, actes privés : l’hypocrisie arabe
Il y a bien sûr des condamnations publiques. Certains dirigeants arabes dénoncent la « famine », le « nettoyage ethnique », parlent de génocide.
Mais ces prises de position, quand elles existent, s’accompagnent d’un silence assourdissant dès lors qu’il s’agit de couper les ponts diplomatiques, de bloquer les ventes d’armes, de refuser tout soutien stratégique à l’occupant sioniste. L’hypocrisie est totale et meurtrière de bien des manières.
Dans le même temps, des régimes, soucieux de préserver leurs trônes, d’assurer leur stabilité, de garder leurs privilèges, font le choix : la cause palestinienne peut attendre. Leur priorité est de garantir la sécurité du régime, éviter des soulèvements intérieurs, préserver des intérêts économiques et stratégiques.
L’illusion de la reconstruction ou le risque d’une nouvelle trahison
Aujourd’hui, face à la dévastation de Gaza, certains États arabes envisagent une « reconstruction », un « plan de paix », voire une administration provisoire de l’enclave, mais sans que les Palestiniens aient voix au chapitre. Pas de droit réel à décider de leur destin, mais des négociations entre États, en coulisses, entre palais, entre capitales…ignorant la souveraineté du peuple palestinien. Même l’Algérie, pays souvent cité comme exemplaire dans le soutien inconditionnel de la cause palestinienne (allant jusqu’à interdire l’accès de son territoire à toute personne ayant transité par Israël) a voté en faveur du plan Donald Trump pour Gaza et accepté une gouvernance internationale imposée à la population gazaouie. Ce revirement diplomatique a provoqué stupeur et sentiment de trahison chez de nombreux Palestiniens, pour qui l’Algérie trahit non seulement ses propres principes proclamés, mais aussi l’attente de Gaza à être maître de son avenir. Quand la restauration de Gaza devient un marché, un chantier diplomatique, un levier de normalisation, cela sent la trahison. La Palestine n’est pas un bien à reconstruire selon les intérêts des puissants. Elle est un peuple, avec ses droits, son histoire, sa dignité.
Ce qu’il faut dénoncer et ce que nous exigeons
Il est temps de dénoncer sans détour la complicité politique, militaire et économique de certains régimes arabes qui, pour préserver leurs privilèges ou assurer la survie de leurs appareils de pouvoir, alimentent directement ou indirectement la machine coloniale sioniste. Armes, technologies, renseignements, partenariats sécuritaires : chaque acte de coopération renforce un système d’oppression qui écrase un peuple déjà acculé. Exiger la rupture immédiate et totale de tous les accords de normalisation, diplomatiques, sécuritaires, commerciaux, n’est pas un slogan, mais une nécessité vitale, car ces accords se traduisent en ventes d’armements, en alliances létales et en silences complices face au génocide.
Dans le même élan, nous affirmons que toute reconstruction de Gaza doit être exclusivement placée entre les mains des Palestiniens, sous un contrôle démocratique, transparent, incluant les réfugiés, la société civile et les organisations populaires. La Palestine ne peut plus être marchandée dans les salons diplomatiques, ni traitée comme une monnaie d’échange sur les marchés des armes ou dans les trocs géopolitiques qui sacrifient des vies humaines. La cause palestinienne n’est pas un dossier annexe : c’est une question fondamentale de justice, de droits humains et de dignité, que nous refusons de voir diluée, détournée ou trahie.
Depuis Marseille, nous, Union pour la Palestine Marseille, ne pouvons rester silencieux face à ces trahisons. Nous ne pouvons laisser certains États arabes vendre la Palestine pour quelques milliards, de dollars, d’euros, de contrats. Nous ne pouvons laisser le mot « paix » devenir un slogan vide, alors que la barbarie continue. Nous appelons à la mobilisation, à la solidarité véritable, concrète, intransigeante. À la dénonciation de la complicité arabe comme de la complicité occidentale. À l’exigence d’une justice réelle, non d’un bricolage diplomatique.
La Palestine n’est pas une monnaie d’échange. C’est un peuple digne, c’est une terre opprimée, c’est une résistance vivante. Et tant que le dernier enfant de Gaza respirera, tant qu’une seule famille sera en exil, tant qu’une voix élèvera le mot « justice », nous serons là. Nous parlerons. Nous dénoncerons. Nous nous mobiliserons.