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Billet de blog 31 décembre 2025

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2025, année de normalisation de la barbarie sioniste en Palestine occupée.

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Une année de plus s’achève, et avec elle la confirmation insupportable d’un fait que nul ne peut plus ignorer : le génocide se poursuit dans une indifférence quasi générale. L’année 2024 s’est close sur la destruction méthodique de Gaza, sur l’anéantissement systématique de ses infrastructures civiles, sur l’effacement délibéré de tout ce qui permettait encore à une population de vivre. Écoles, universités, hôpitaux, réseaux d’eau et d’électricité n’ont pas été des dommages collatéraux, mais des cibles. Gaza, aujourd’hui, n’est plus qu’un champ de ruines, un charnier à ciel ouvert, un amas de gravats où des familles fouillent la poussière à la recherche de fragments de vie, d’objets dérisoires, de souvenirs survivants.

C’est dans ce paysage d’anéantissement que s’est ouvert l’année 2025, marquée par l’enlèvement du docteur Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, l’une des dernières structures médicales encore fonctionnelles, même partiellement, dans le nord de Gaza. Médecin habité par un sens du devoir inébranlable, devenu au fil des mois une voix majeure de Gaza assiégée, il n’a cessé d’alerter la communauté internationale sur la situation de son hôpital, transformé en refuge pour des milliers de déplacés. Le monde connaît la suite : l’assassinat de son fils, son enterrement dans la cour même de l’hôpital, et la décision du médecin de rester à son poste malgré l’horreur, jusqu’à son enlèvement et celui de son équipe par l’armée israélienne. Un an après, au 28 décembre 2025, sa famille et de nombreuses ONG rappellent qu’il est toujours détenu arbitrairement, dans des conditions effroyables, en violation flagrante du droit international.

Son sort n’est pas une exception mais l’expression d’un système. Plus de 1 700 soignants ont été tués depuis le début du génocide. Le système de santé de Gaza est délibérément détruit. Quelques hôpitaux fonctionnent encore de façon précaire, avec des taux d’occupation dépassant les 200 %, tandis que d’autres ont été entièrement rasés, dont quatre en septembre 2025. Médecins Sans Frontières a dû fermer plusieurs centres de soins primaires à Gaza City face à l’escalade des violences. Tout cela s’inscrit dans un contexte de pénurie extrême de médicaments, de matériel et de carburant, conséquence directe du blocage illégal de l’aide humanitaire.

Dans ce chaos organisé, les crimes se sont accumulés au point de défier toute tentative d’inventaire. La découverte de fosses communes dans des hôpitaux comme Nasser à Khan Younès ou Al-Shifa à Gaza City restera comme l’un des symboles les plus glaçants de cette séquence historique. Près de quatre cents corps y ont été retrouvés, ceux de femmes, d’enfants, de personnes âgées et d’hommes, portant les marques d’une violence extrême. Corps dénudés, mains ligotées, mutilations, autant d’indices d’exécutions extrajudiciaires. À cela s’ajoutent le ciblage volontaire d’ambulances, l’exécution de secouristes, l’impossibilité même de secourir les blessés. L’horreur est quotidienne, répétitive, industrielle.

Les bombardements de camps de réfugiés et l’embrasement de tentes de fortune ont révélé un degré supplémentaire de barbarie. À Jabaliya, à Deir al-Balah, des familles entières ont été brûlées vives dans leur sommeil. Le cas de Shaaban al-Dalou, jeune étudiant en informatique, mort carbonisé en octobre 2024, incarne cette cruauté assumée. Ces attaques suivent un schéma constant : encerclement, bombardement nocturne, incendie, là où la vulnérabilité est maximale. Voilà la réalité de ce que certains persistent à appeler « l’armée la plus morale du monde ».

Les journalistes de Gaza ont payé un prix terrible pour que cette réalité ne soit pas ensevelie sous les décombres. Privés de la présence de la presse internationale, interdite d’entrée, ils ont porté seuls la responsabilité de montrer au monde ce qui se déroulait sous ses yeux indifférents. Ils ont été traqués, ciblés, assassinés. Omar Dirawi, 21 ans, tué le 3 janvier 2025. Saed Abu Nabhan, 26 ans, exécuté le 16 janvier. Malek Abu Hussei, Hossam Shabat, Fatima Hassouna, assassinée le 1er août. Et cette attaque contre une tente de journalistes d’Al Jazeera le 7 avril, qui a coûté la vie à deux d’entre eux, dont l’un brûlé vif. Beaucoup avaient écrit des lettres posthumes, conscientes du prix à payer. Leurs mots, d’une force bouleversante, témoignent d’une même fidélité : celle à la vérité, à la dignité, à la résistance face à l’oppression. Ils nous lèguent une responsabilité historique.

À la destruction par les bombes s’est ajoutée une autre arme, plus lente mais tout aussi meurtrière : la famine. Le gouvernement israélien a utilisé la faim comme méthode de guerre. Gaza a été affamée, assoiffée, méthodiquement. Les images de corps squelettiques, d’enfants morts de faim, resteront comme une accusation permanente contre la communauté internationale. Face à l’indignation mondiale, des simulacres d’aide ont été mis en scène : largages de colis alimentaires tuant des civils à l’impact, distributions meurtrières sous l’égide de structures prétendument humanitaires. Rien n’a contraint Israël à ouvrir réellement les points de passage. Ce blocage n’est possible que grâce à une complicité assumée, à une collaboration politique et diplomatique qui ne dit pas son nom.

Parallèlement, la Cisjordanie a connu une intensification dramatique des violences. Des colons armés, protégés par l’armée, ont multiplié les attaques. Le camp de Jénine, bastion historique de la résistance palestinienne, a été vidé de ses habitants, rasé, puis placé sous blocus en juin 2025. Démolitions de maisons, confiscations de terres, arrestations arbitraires, restrictions de circulation, assassinats ciblés se sont multipliés dans une impunité totale. À Jérusalem-Est, des commerces ont été saccagés, la mosquée Al-Aqsa régulièrement attaquée, et son imam condamné pour avoir exprimé son soutien à Gaza affamée.

Les cessez-le-feu annoncés à répétition n’ont été que des mots creux. Gaza continue de pleurer ses morts chaque jour, victimes de frappes, de tirs, de drones. Des milliers de Palestiniens restent détenus dans les prisons israéliennes. Les libérations ponctuelles ont révélé au monde l’état physique et psychologique de ces prisonniers, exposant des conditions de détention inhumaines qui relèvent de la torture.

Face à cela, la communauté internationale s’est montrée dramatiquement défaillante. Les attaques contre l’UNRWA, pilier de l’aide aux réfugiés palestiniens, illustrent cette faillite morale. Accusée sans preuves crédibles, privée de financements, menacée de dissolution, l’agence a été fragilisée volontairement pour mieux asphyxier une population déjà à bout. Certes, des initiatives ont émergé, comme le groupe de La Haye, réunissant des pays du Sud global pour faire respecter les décisions de la CIJ et de la CPI, dans le sillage de la plainte déposée par l’Afrique du Sud. Mais ces efforts restent minoritaires face à l’inertie, voire à l’hostilité, des grandes puissances.

La reconnaissance conditionnelle de l’État de Palestine par certains pays occidentaux, dont la France en septembre 2025, apparaît davantage comme une manœuvre politique que comme un engagement sincère. Un État reconnu à condition d’être désarmé, soumis, vulnérable face à un voisin surarmé, ne peut être qu’un État fictif. Cette logique illustre une fois de plus le « deux poids, deux mesures » qui structure la politique internationale à l’égard de la Palestine.

Les propositions indécentes de déportation des Gazaouis vers d’autres pays en guerre, les projets immobiliers cyniques sur une terre ravagée, les accords économiques conclus sur le pillage des ressources de Gaza, tout cela révèle une vision coloniale intacte. Le prétendu plan de paix imposé en septembre 2025 n’est que la tentative d’officialiser, par la diplomatie, ce que la force brute n’est pas parvenue à achever.

Face à cette faillite généralisée des États, les mobilisations populaires ont constitué la réponse la plus digne. Partout dans le monde, des millions de personnes sont descendues dans la rue, semaine après semaine, drapeaux palestiniens et keffiehs au vent. Des villes grandes et petites, sur tous les continents, ont fait entendre la même voix. Des initiatives courageuses ont tenté de briser le blocus, par la terre puis par la mer, avec la Flottille de la liberté. Malgré la répression, malgré les arrestations, malgré les violences, la solidarité ne s’est jamais tue.

Ce moment historique nous place face à une vérité brutale. Cela fait soixante-dix-huit ans que le peuple palestinien subit un colonialisme violent et raciste. Gaza a mis à nu notre faillite morale collective, mais elle a aussi rappelé une exigence fondamentale : la solidarité face à l’injustice n’est pas une option, c’est un devoir. Près de cent mille morts, des dizaines de milliers de blessés, d’amputés, de personnes handicapées, des chiffres impossibles à saisir tant la mort se diffuse aussi par la faim, la soif et la maladie. En Cisjordanie, plus d’un millier de morts supplémentaires. Et pourtant, la Palestine demeure debout.

À l’aube de cette nouvelle année, face au courage et à la résilience d’un peuple que rien n’a réussi à briser, nous renouvelons notre solidarité fraternelle. Notre mot d’ordre reste inchangé, et il n’est pas négociable : POUR UNE PALESTINE LIBRE.

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