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Billet de blog 23 janvier 2012

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Université Citoyenne : le second cycle

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L e 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de légumes aux prises avec une administration corrompue, s’immolait sur une place de Sidi Bouzid en Tunisie. Personne ne pouvait alors se douter que  son geste de désespoir allait entraîner, par une ruse de l’Histoire offrant de la « théorie des dominos » une application renversante, une vague de soulèvements à travers le monde arabe et précipiter la chute de plusieurs régimes. Le mouvement de contestation s’étend au cours de l’hiver, comme une traînée de poudre, à l’ensemble du monde arabe, des faubourgs de Tunis à la Place Tahrir, de la Libye au Yémen puis à la Syrie. Dans de nombreux pays, la répression sanglante ne parvient pas à venir à bout de la volonté de millions d’hommes et femmes d’obtenir, dans un élan démocratique aussi soudain que puissant, des libertés politiques et une réelle alternance.

En se soulevant, les peuples arabes, longtemps considérés avec dédain comme passifs et dociles, n’ont pas seulement renversé des régimes, ils ont balayé nos fausses certitudes et renversé le sens d’une histoire dont ils veulent à présent devenir le gouvernail. Cette histoire, dont on nous annonçait la fin avec le triomphe du modèle occidental, continue inexorablement de tracer de nouveaux sillons d’espoir et de révolte. Contrairement à ce que proclamaient les apôtres d’une économie de marché promotrice de la démocratie, celle-ci a émergé d’une revendication des peuples contre des régimes oligarchiques constitués à la faveur des mesures de libéralisation et de privatisation des années 1980 et 1990.

L’Occident s’était alors accommodé du maintien au pouvoir de despotes que l’on voulait considérer comme un moindre mal, comme un « rempart face à l’islamisme », un gage de stabilité à l’abri duquel les affaires pouvaient prospérer.

L’avenir de ce que d’aucuns nomment le « printemps arabe » demeure incertain, suspendu aux résultats de transitions démocratiques aussi prometteuses qu’incertaines. Dans un monde arabe éclaté, riche d’une longue histoire et de traditions philosophiques et culturelles anciennes, ces bouleversements marquent-ils, plus de soixante-ans après l’arrivée au pouvoir en Egypte de Nasser, chantre du panarabisme, un « réveil arabe » ? Au-delà de l’indéniable unité culturelle et géographique de cette séquence historique aux trajectoires diverses, les lignes de fracture géopolitiques, religieuses, ethniques ou encore sociales semblent opérer une recomposition. Les premiers résultats des élections en Egypte et en Tunisie, ou encore au Maroc, consacrent la montée en puissance des partis confessionnels tandis que l’Arabie saoudite, qui a réprimé le soulèvement à Bahreïn avec l’assentiment tacite de ses alliés occidentaux, aspire à jouer un rôle prépondérant dans la région face à la Syrie et l’Iran. Comment l’Occident se positionne-t-il ? Comment comprendre l’essor des partis religieux ?

On mesure la profondeur d’une révolution à l’ampleur des changements qu’elle entraîne.  De nombreux conflits sociaux ont éclaté en Egypte et en Tunisie dans le sillage des révolutions, signe qu’au-delà des aspirations légitimes à la liberté, l’oubli des revendications à une plus grande équité et à la justice sociale pourrait conduire, comme l’écrit Georges Corm, à de « graves désillusions ». D’éminents chercheurs et spécialistes du monde arabe nous apporteront leur éclairage sur les différents enjeux que soulèvent les révolutions arabes tout au long d’une série de conférences thématiques.

Voir le programme complet du second cycle de l'Université Citoyenne.

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