Merkel-Chavez, même combat

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Il y a un an et demi, Hugo Chavez réalisait un geste politico-économico-diplomatique fort en décidant de rapatrier les réserves d'or du Vénézuela qui dormaient jusqu'alors dans les coffres de la FED et de diverses banques attentionnés de la City.

La directeur de la banque centrale du Vénézuela Nelson Merentes justifiait sobrement sa décision :

Le gouvernement souhaite disposer de son or en ces temps de trouble économique.

La réaction de nos chers leaders politiques ou autres experts économique ne s'est pas fait attendre. Coup politique en vue des élections, moyen d'éviter de futures sanctions économiques des instances internationales contre son pays, ou encore paranoïa d'un dangereux révolutionnaire.

Bref, les spéculations allaient bon train sans que personne ne semble s'enquérir de la légitimité d'un tel acte. Il semblait en effet bien improbable à tout ce petit monde que Chavez défende les intêrets de son pays et anticipe le déclin des monnaies fiduciaires.

Pourtant, courant 2012, le fait de ne pas disposer de ses réserves d'or devenait une préoccupation pour les allemands, tant et si bien qu'en novembre dernier, la Bundesbank (banque centrale allemande) déclarait par la voie d'Andreas Dobret :

Laissez moi commentez l'étrange discussion publique à laquelle nous faisons face en Allemagne aujourd'hui sur la sécurité de l'or Allemand qui est conservé en dehors de nos frontières, une discussion qui est menée par des peurs irrationnelles.

Les arguments soulevés ne sont pas très convaincants. Après les déclarations du président de la Federal Court of  Auditors en Allemagne, le débat devrait d'ailleurs prendre fin avant qu'il ne cause des dommages dans l'excellente relation qu'entretiennent la Bundesbank et la Fed. [...]

A travers ces 60 dernières années, nous n'avons jamais rencontré le moindre problème et n'avons évidemment jamais eu aucun doutes sur la crédibilité de la FED. La Bundesbank restera un partenaire de confiance pour la FED dans le futur et nous continuerons de profiter des services de celle-ci pour entreposer notre or.

C'était il y a trois mois. Alors que doit-on comprendre quand on apprend ce mercredi 16 janvier que la Bundesbank a décidé dans un geste Chavezien, de rapatrier son or?

D'ici 2020, la Bundesbank à l'intention d'entreposer 50%  de ses réserves d'or dans ses propres coffres. L'autre moitié restera dans les coffres de ses partenaires à Londres et New York. Ce nouveau plan a deux principaux objectifs: rétablir la confiance au niveau national et donner la possibilité d'échanger de l'or contre des monnaies étrangères dans les centres d'échange d'or basés à l'étranger, ceci dans un court laps de temps.

 

Alors, si en moins de deux ans nous sommes passé du geste fou du leader d'un pays sans importance, aux dénégations farouches de la 4eme puissance économique mondiale à vouloir l'imiter, pour finalement l'imiter 3 petits mois plus tard ; à quoi devenons-nous nous attendre dans les 6 prochains mois?

Une telle décision pose en tout cas de sérieuses questions sur l'avenir du dollar et de l'euro. Et si les banques centrales ne se font plus confiance entre elles, qui peut leur faire confiance?

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