L’avocat général Nachbar de l’affaire Fourniret tient conférence de presse pendant que les jurés délibèrent. Curieuse pratique inaugurée par le procureur général Bot dans une affaire particulièrement médiatisée. Ici, il s’agissait pour lui de nous faire part de ses tourments, de justifier les propos injustifiables tenus à l’audience. « Grosse araignée lubrique, sorcière sournoise, monstre nécrophile, fêlés » ; On est effaré devant ce déferlement de qualificatifs puisés dans les contes et légendes. Il faut d’ailleurs noter que si la parole est libre à l’audience et ne peut faire l’objet de poursuites en diffamation, la tenue de la conférence de presse autoriserait les condamnés à poursuivre l’Avocat général en diffamation !
On peut comprendre que cet homme ayant enduré pendant cinq ans le suivi de ce dossier horrible explose, mais c’est le problème de sa hiérarchie de ne pas s’être rendue compte de l’état psychique de cet Avocat général ; il aurait du avoir droit aux conseils éclairés d’un psychologue. Ce type de mesure n’existe pas dans la magistrature où pourtant un très grand nombre de confrontations traumatisantes attendent un certain nombre de magistrats. Le cas de l’affaire d’Outreau sert de comparatif. Un procureur de la République qu’on laisse faire pendant des années et une arrivée le jour de l’audience, désastreuse.
Les juges traitent la misère et l’horreur du monde ; peut on imaginer que ces hommes n’aient pas leurs fantasmes et leurs peurs ?
Ce haut représentant de la magistrature suit son maître, le Président de la République dont il dépend pour sa nomination. Monsieur Sarkozy nous a habitué à un langage musclé, ordurier. Pour lui, les magistrats sont des "petits pois". Les « élites » de la République vont elle suivre la « voix » de leur maître ?