Nous sommes Millie, Denis, Maxime, Silvia, les vacataires précaires de la BPI

Nous vous accueillons, nous rangeons vos livres, nous nettoyons, nous faisons le maximum pour vous aider dans vos recherches... Nous sommes ici pour 6 mois, payé.e.s 600 euros, si nous sommes malades nous ne pouvons pas nous arrêter et finalement nous sommes remercié·e·s. Nous n’avons pas le droit de re-candidater avant deux ans.

Nous nous appelons Millie, Denis, Maxime, Silvia, nous vous accueillons, nous rangeons vos livres, nous nettoyons, nous faisons le maximum pour vous aider dans vos recherches... Nous sommes ici, à la Bpi (Bibliothèque publique d'information de Beauborg) pour 6 mois, payé.e.s 600 euros, si nous sommes malades nous ne pouvons pas nous arrêter et finalement nous sommes remercié.e.s. Nous n’avons pas le droit de re-candidater avant deux ans.

Au mois de juillet, nous avons assuré avec les titulaires la réouverture de l’établissement dans un contexte sanitaire incertain. Très vite, nous nous sommes rendu compte du manque de communication, de l’absence d’un protocole Covid en cas de suspicion de contamination d’un vacataire, et de la précarité extrême de nos contrats qui a pris un nouveau relief dans cette période de crise. Pour ne pas perdre des jours de salaire, certain-e-s d'entre nous tombé-e-s malades ont hésité à passer un test. D’autres ont dû démissionner, craignant d'être ainsi exposé-e-s.

En outre, le personnel vacataire n’a pas été informé d’un cas covid au sein du personnel, et a été ainsi mis en danger. Des cas contacts potentiels ont été invités à venir travailler alors qu’ils n’avaient pas encore les résultats de leur test.

Dès le 26 juillet nous avons alerté la directrice de notre établissement d’une série de revendications urgentes :

-des contrats de 12 mois, renouvelables, ouvrant des droits aux allocations chômage ;

-une revalorisation des salaires du fait de la pénibilité de certaines tâches, et du niveau d’études exigé ;

-un protocole Covid nous permettant de s’absenter sans perdre de salaire pour passer un test et/ou être mis en isolement.

La direction nous a reçu 5 semaines plus tard, le 27 août, après son retour de vacances et 2 semaines avant la fin de contrat de nombre d’entre nous. Nous avions déjà vu notre contrat prolongé de plusieurs semaines pendant l’été, pour assurer le bon fonctionnement de la réouverture de la bibliothèque.

Entre temps, une campagne de recrutement a été menée avec difficulté, à grand renforts de messages sur panneaux lumineux postés dans l'enceinte de la BPI. Lors de notre entrevue, la directrice Christine Carrier nous a donc opposé une fin de non-recevoir : un NON à l'ensemble de nos revendications. Elle a défendu la “philosophie contractuelle” de l’établissement, qui se fonde sur la flexibilité, le turn-over permanent et la grande disponibilité du personnel. "Ma porte restera toujours ouverte", nous a-t-elle précisé cependant. Nous l’avons pris au mot.

Nous avons demandé la convocation d’une AG le 1er septembre à l’intersyndicale BPI et cette assemblée a voté à l’unanimité le principe d’une grève. Un préavis a été déposé à partir du jeudi 10 septembre.

Une délégation syndicale a été reçue à nouveau, le 7 septembre, par la direction, accompagnée de délégués vacataires. Plus conciliante, elle nous a fait une série de propositions, qui malheureusement ne satisfont pas nos demandes :

-des contrats de 9 mois, non renouvelables, ne permettant pas à eux seuls l’accès futur au chômage ;

-une revalorisation des salaires prévue pour l’année 2021, qui pourrait ou non s’appuyer sur un décret ministériel, sans nous préciser le moindre montant ;

-des mesures locales soumises à de strictes conditions, nous garantissant le paiement de notre salaire en cas de suspicion et d’isolement nécessaire. Nous ne savons pas qui pourra réellement en bénéficier.

Dans ce lieu emblématique qu'est la BPI, qui a dans ses principes la gratuité d’accès, le cosmopolitisme, la promotion de la culture pour tou-tes et l'ouverture à un public très varié (des étudiant-e-s aux chômeurs, sans-papiers, sans-abri et personnes en situation de vulnérabilité, handicapé-e-s), la direction présente, incarnée par Madame Carrier, entend consolider une véritable usine à contractuel-le-s précaires. Que notre effectif d'une quarantaine de contractuel-le-s (20% du personnel), répondant à un besoin permanent et structurel de la Bibliothèque, soit ainsi empêché d'assurer correctement ses fonctions, contraint à des pertes de salaire voire poussé à la démission, enfin si exposé et mis en danger, c'est ce que nous ne pouvons résolument plus tolérer. C’est pourquoi nous organisons, avec le soutien de nombre de nos collègues titulaires, une grève reconductible à partir du jeudi 10 septembre 2020.

RDV 11h DEVANT L'ENTRÉE DE LA BPI, 19, RUE BEAUBOURG PIQUET DE GRÈVE, CAFÉ CONVIVIAL.

Nous comptons raviver toutes les mobilisations des précaires en lutte.

 

 

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