Lettre urgente des précaires de la BPI privé.es de leur travail le 14 septembre

Nous nous appelons Millie, Margaux, Denis, Silvia, Maxime, Constance, Lisa, Niccolo, Hugo, nous vous accueillons, nous rangeons vos livres, nous nettoyons, nous faisons le maximum pour vous aider dans vos recherches. Nous sommes là, à nos postes à la BPI, Bibliothèque publique d’information, à Beaubourg. Dans 3 jours, nos contrats se terminent, on risque de se retrouver sans rien.

Nous nous appelons Millie, Margaux, Denis, Silvia, Maxime, Constance, Lisa, Niccolo, Hugo, nous vous accueillons, nous rangeons vos livres, nous nettoyons, nous faisons le maximum pour vous aider dans vos recherches.

Nous sommes là, à nos postes à la BPI, Bibliothèque publique d’information, à Beaubourg. Dans 3 jours, nos contrats se terminent. Le 14 septembre, date-couperet, on se retrouve sans rien. On demande à notre direction d’être à l’écoute depuis le mois de juillet, on se voit privés d’avenir.

De quoi les prochains mois seront faits? L'anxiété est notre quotidien. On demande au Ministère de la Culture, on demande à la Bibliothèque Publique d’information de ne pas nous laisser tomber.

On est à bac+2, à bac+4, à bac+7, on a des licences, des masters, des doctorats. Peu importe le nombre de boulots qu’on a fait, les lettres de motivation qu’on a envoyées, les entretiens d’embauche qu’on a pu passé. Peu importe nos qualités, nos qualifications, la pénibilité : toujours la même chose. On recommence, on persiste, on met à jour nos CV, on on est recrutés, on est remerciés, on recommence.

Ici, pour une fois, on a besoin de nous. On assure des fonctions qui répondent à des besoins permanents, structurels à la Bpi. On est là, formés, dévoués, motivés, on aime notre travail, nos équipes et le public. Pour la 1 ère fois, on s’est sentis utiles et appréciés, on a trouvé du sens à ce qu’on faisait.

On a tout fait pour que la Bpi rouvre au plus vite, après le confinement, on a distribué des masques, assuré des permanences téléphoniques, tout ça pour pouvoir redonner un espace de travail et de vie aux habitué.es, aux lecteurs.lectrices, pour qu’ils.elles puissent respirer, retrouver des horizons plus grands que des lieux de confinements. On a été très exposé.es, sans information quant aux cas de COVID au sein du personnel, et non rémunérés au cas ou on présentait des symptômes et qu'on devait passer un test.

La direction présente, incarnée par Mme Carrier, refuse de nous proposer des contrats renouvelables, ou s'étalant sur une période de 12 mois ; raison avouable : la "philosophie contractuelle de l'établissement", fondée sur le turn-over permanent et les contrats courts, la flexibilité. Cependant, à demi mots , elle reconnait que nous serions alors éligibles aux allocations chômage, ce qu'elle refuse catégoriquement.

On a commencé un mouvement de grève jeudi 10 septembre, c’est urgent : à trois jours de la fin de nos contrats nous attendons toujours des réponses. Certain.es d’entre nous se retrouveront lundi sans rien, leur loyer à payer; et cela pas sans avoir essayé. Si notre contrat n’est pas renouvelé, on aura droit ni au chômage, ni au RSA. Certain.es d’entre nous viennent de loin, pas de parents pour aider. Comment allons-nous payer notre loyer, notre bouffe, nos frais de scolarité? On est dans l’urgence. Dehors la crise sanitaire et économique, étant sans précédent, comment allons-nous faire?

Nous attendons des réponses.

Paris, le 11 Septembre 2020

 

Les vacataires mobilisé.es de la Bpi

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