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Billet de blog 11 oct. 2019

Inclusion scolaire, hier, aujourd'hui, demain ?

Hier, mon contrat d’accompagnant d’élève en situation de handicap a été reconduit pour trois ans ; il faut croire que j’apportais toute satisfaction à mon employeur dans ma mission depuis deux ans.

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Hier, j’ai été prévenue que l’on cherchait pour moi une nouvelle affectation (une nouvelle école, de nouveaux enfants à accompagner), que je ne resterai pas dans l’école où je travaille actuellement.

Depuis la rentrée, je suis présente 20h par semaine auprès de deux élèves (7 et 8 ans), scolarisés dans une école élémentaire publique, dans une classe à double niveau CE1- CE2, avec un enseignant dans la classe duquel j’ai travaillé durant ces deux années.

Ces deux élèves, sont en situation de handicap reconnu par la MDPH, leur donnant droit à un accompagnement humain, pour l’un - de 14h hebdomadaires, pour l’autre - de 6h minimum hebdomadaires.

Ils sont, plus particulièrement que d’autres, en raison du type de leur handicap, très angoissés par tout changement, en difficulté pour gérer les situations d’insécurité, et se retrouveront en situation de souffrance lors d’un changement d’accompagnant en cours d’année.

J’essaie, depuis, de comprendre la logique, la rationalité de la gestion des ressources humaines dans les écoles.

Mon travail apporte satisfaction puisque dans le même temps mon contrat est reconduit pour trois ans : le changement du lieu d'affectation n'est donc pas lié à un problème professionnel.

Je ne suis pas appelée auprès d’enfants qui auraient spécifiquement besoin de moi puisqu’on me cherche une nouvelle affectation.

Les élèves que je suis cette année ne se sont pas volatilisés, ils sont toujours dans le même établissement, dans la même classe.

La situation de handicap scolaire de ces élèves n’a pas disparu, ils ont toujours le même besoin, le même droit à être accompagnés, et donc, un nouvel accompagnant devra être affecté auprès d’eux.

J’essaie d’avoir des informations sur ce qui pourrait motiver ce changement d’affectation auprès de ma hiérarchie, en vain.

Je commence à réaliser, en ce début de soirée, que je quitte cette école ou je travaille pour la troisième année dans une semaine ; que je quitte ces deux élèves avec qui je suis liés, investie, dans une semaine ; que je quitte un enseignant avec qui je collabore avec bonheur pour la troisième année dans une semaine ; que les fruits de cette collaboration intense sont perdus pour les enfants dans une semaine.

Et je ne sais pas pourquoi un tel gâchis s’abat sur nous tous, et avant tout, sur ces deux enfants.

Alors, je recommence à douter, à douter du fondement, pour l’Education Nationale, des mesures d'inclusion scolaire, puisqu’elle a pris, hier, une décision sans justification, qui va mettre deux enfants porteurs de handicap en souffrance.

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