Non au masque pour l’enfant dès 6 ans

J’alarme ici sur le caractère nocif du port du masque obligatoire pour les enfants à partir de 6 ans, en ma qualité d’art thérapeute.

Le protocole sanitaire de la rentrée scolaire de novembre 2020 oblige les enfants de 6 ans et plus, à porter le masque à l’école :
« Pour les élèves des écoles maternelles le port du masque est à proscrire. Pour les élèves des écoles élémentaires, des collèges et des lycées,
le port du masque « grand public » est obligatoire dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs. »
Novembre 2020, Source, Protocole sanitaire de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports.

Je rappelle ici quelques points importants liés au processus du développement de l’enfant.

L’enfant a un besoin vital d’interactions

L’enfant, dès son plus jeune âge, c’est une évidence, a un besoin vital d’inter-actions humaines et de liens sociaux. Les mesures de port du masque obligatoires et de distanciation, empêchent des moments d’apprentissages essentiels au bon développement de l’enfant. La communication n’est pas rompue, elle est perturbée, coupée de sens majeurs : l’odorat, la bouche pour s’exprimer verbalement. Ces perturbations peuvent freiner, par exemple, le développement du langage (Travaux de Kuhl 2000, citée par Marcelli et Cohen, Enfance et psychopathologie, 2012).

L’enfance est le moment où le jeune individu en devenir, construit son identité (self) son estime de soi (self esteem) et sa confiance en lui (Psychologies humanistes de Rogers). Le masque vient entraver ses tentatives d’expressions, qui en temps normal, demandent déjà un certain courage face à un groupe. Entraver l’expression de l’enfant peut entraîner des pertes de confiance et d’estime de soi.

A la réponse souvent entendue des adultes : « les enfants s’habituent ! » Je réponds que « l’habitude est mauvaise conseillère ». Cette « habitude » est, au contraire, une preuve, de l’extraordinaire capacité de résilience de l’enfant. L’enfant peut résister aux situations difficiles,  il prend sur lui. Par la suite, et parfois même longtemps après, il peut, en réaction, manifester des symptômes comme des explosions incontrôlées de colère ou d’agressivité, alors incomprises de l’entourage. L’enfant se plie facilement à l’autorité, ce qui n’est pas un signe de bien-être, mais d’obéissance à l’autorité référente.

Pour préserver les inter-actions et dissiper les angoisses des enfants en cette période difficile, il est justement recommandé de poursuivre les activités sportives et artistiques de l’enfant, qu’elles soient à l’école ou à l’extérieur de l’école. D’après le Président de la Société française de pédiatrie, le Pr Christophe Delacourt, «  Retrouver ses camarades de jeux ne doit pas être considéré comme les exposant à des risques particuliers. » (Source : ttps://www.lequotidiendumedecin.fr/)

L’enfant a un besoin vital d’accueil et de tendresse

Faut-il encore démontrer l’effet structurant et rassurant des gestes d’enveloppement, lorsque l’enfant en manifeste le besoin ? A l’école, pour les plus jeunes, les enseignant.e.s savent à quel point une parole ou un geste d’affection peut apaiser des situations de crise. A la maison, il convient, en cette période critique, de ne surtout pas oublier les temps d’écoute, les gestes élémentaires de tendresse et de câlins (Sources Winnicott, « La famille suffisamment bonne » et « Jeu et réalité »).

J’entends souvent des enfants, exprimer leur peur de contaminer leurs parents et leurs grands-parents. Il est de la responsabilité des adultes de les rassurer sur cette faible probabilité. Contrairement à l’idée fausse, infusée depuis des mois auprès des enfants par les adultes et par voie publicitaire, comme les spots répétés du Ministère de la santé & de la jeunesse, nous savons aujourd’hui que les enfants sont loin d’être principaux vecteurs de la maladie Covid 19. La Société Française de Pédiatrie, estime, d’après son analyse d'études en France et dans plusieurs pays, que

 «  L’enfant, et en particulier l’enfant < 10 ans, ne contribue pas significativement à la transmission de SARS-CoV2 : très faible taux d’attaque secondaire à partir des enfants ; rareté des clusters à point de départ pédiatrique ».

(Sources : Propositions d’après études de la Société Française de pédiatrie https://www.sfpediatrie.com/sites/www.sfpediatrie.com/files/medias/documents/Recommandations_09092020.pdf.

Besoin d’un climat apaisé

Il est de la responsabilité de l’adulte, plus encore aujourd’hui en cette période de pandémie, de réfléchir aux conditions d’un climat apaisé et rassurant à l’école, comme à la maison : essayer de ne pas transférer ses propres angoisses sur l'enfant. Jouer avec l’enfant est un bon moyen de l’aider à s’évader et retrouver de la légèreté (Jeux en plein air, jeux de société, théâtre…).

Les réprimandes excessives sur le port du masque, par exemple, sont à proscrire. Les injonctions répétées, voire agressives, « ton masque, sur le nez ! », les menaces et punitions « une heure de colle si ton masque n’est pas sur le nez ! », génèrent chez l’enfant de l’anxiété, qui peut, par exemple, éclairer un facteur d'insomnie passagère, de possibles phobies, notamment de phobies scolaires... Un enfant apaisé et respecté se montre plus respectueux et à l’écoute.

Face à la peur ambiante, il est également de notre responsabilité d’adulte de rassurer les enfants, en nous basant sur des faits. Nous savons aujourd'hui que "Les enfants sont une population qui est moins touchée par le virus, comparée à celle des personnes âgées", et où "il y a une gravité moindre de la maladie", détaille le chef de la pédiatrie à Robert Debré, sur France Bleu Paris. "Sur les 400 enfants de 0 à 9 ans recensés en Chine, il n'y a pas eu de décès. Seulement un chez les enfants de 10 à 18 ans est mort parmi les 500". "Il semble donc y avoir une gravité un peu moindre chez les enfants." (A Faye, Chef en pédiatrie à l’Hôpital pour enfants Robert Débré, Source : https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/coronavirus-une-gravite-moindre-chez-les-enfants-selon-albert-faye-chef-en-pediatrie-a-robert-debre-1583104106)

Favoriser le jeu et les activités en plein air

  • Favoriser les jeux et la pratique des arts qui renforcent le potentiel capacitaire des enfants et améliorent leur bien-être, tout comme leur disposition à l’apprentissage. 
  • Favoriser à l’école les temps de cours à l’air libre. Dans les lieux où la nature est omniprésente, l’extérieur permet plus d’aisance pour les activités dans l’espace, moins stressant qu’un confinement en classe, avec des règles trop strictes. Dans les lieux urbains, où ces possibilités sont plus restreintes, les parcs et les jardins sont des lieux de découvertes pédagogiques possibles. 
  • Favoriser les modes d’apprentissages ludiques, en lien avec l’extérieur, en découverte de la nature et en inter-dialogue, entre élèves et professeur.e.s (observation des arbres, du ciel, des plantes, du jardinage …).

  • Favoriser les activités sportives aux effets bénéfiques multiples (athlétisme, cross dans la nature ou dans les parcs, …) qui renforcent le bien-être et la cohésion de groupe.

V. Chatain, art thérapeute, Diplômée de L’Université de Paris (Paris Sorbonne Cité, Paris Descartes).

Auteure de l’essai, « L’Espace poétique ». www.valeriechatain.com , contact@valeriechatain.com

 

 

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