Mon petit Loïc Guillaume Alain Oussou-HUMBERT

Excuse le retard à t'écrire, mais ne sachant pas ce que ta maman t'a raconté à mon sujet et ne me souvenant plus de ton âge, je souhaitais te recontacter à ta majorité. Voilà! 

Congratulations, mon petit!

Quand tu es né, je vivais à Oxford où j'étudiais et travaillais.

Je t'appelais souvent de là-bas pour prendre de tes nouvelles. Tu me racontais souvent que ta maman te battait à chaque fois que tu prononçais mon prénom.

Alors, je te demandais si tu étais sage. Tu me répondais "oui", mais que tu ne comprenais pas pourquoi, maman te frappait quand tu ne faisais pas de bêtises. Je demandais alors de parler à ta maman qui me racontait que tu ne l'écoutais pas.

Puis, en 2000, je descends chez vous à Nîmes pour y passer quelques jours, et, je vois comment ta maman te frappait effectivement pour un oui et pour un non.

Puis, elle m'a elle même expliqué toutes les atrocités que tu subissais aux mains de son copain de l'époque. J'ai alors décidé de partir pour t'épargner mon petit, car, effectivement, elle te frappait quand tu prononçais mon prénom.

Je ne vais rien avancer, elle va encore dire que je raconte n'importe quoi. Mais, maman ne le faisait pas vraiment exprès, elle aussi était régulièrement battue à mort et a subi des sévices sexuels par ton grand-père Oke Djossa OUSSOU. Elle était sa chose, si tu vois ce que je veux dire. C'était horrible, mon petit! Tu ne peux pas imaginer les horreurs dont, j'ai été témoin et que Oke et Hélène, sa femme togolaise faisaient subir à ta maman, moi et Alain, 9 ans ton oncle qui a été percuté par une voiture, son crâne a été fendu en deux et on pouvait y voir son cerveau comme disait le spécialiste en vin qui travaillait en face de la villa où nous vivions. Ce monsieur m'expliquait que ton oncle était sorti chercher le ballon de foot laissant César son grand-frère à l'intérieur de la villa. Notre petit Alain n'a pas survécu. Oke m'avait emmené avec lui, Hélène et ses enfants à Toulon faire une course. Ta maman qui va souvent porter une gerbe sur la tombe de ton oncle Alain m'a toujours reproché de ne pas pleurer à sa mort , mais, ce n'est pas parce qu'on ne pleure pas, qu'on ne ressent rien.

Félicitations pour ton diplôme, mon grand! Je suis grave fière de toi.

Tu sais, je n'ai cessé à penser à toi, mon petit.

Au plaisir de te revoir, clever Boy!

Je ne FaceBook pas moi. Et toi?

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