L'ordo-libéralisme est-il le grand pourvoyeur de colère et de populisme?

Quelques réflexions, deux liens.

Que pourrait-on reprocher concrètement à cette idéologie?

 

1) Le manque de choix démocratique

Voici un lien pour appuyer cet argument:

http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/ROBERT/56457

 

"Considérer que le rétablissement de la primauté de la démocratie conduirait à des formes nouvelles de tyrannie et de démagogie revient à prêter aux citoyens des desseins plus noirs que ceux qui animent le personnel dirigeant et son mépris de classe."

 

Il existe également une pression médiatique et politique pour décrédibiliser tout ce qui pourrait s'éloigner de cet ordo-liberalisme. Le dernier exemple en date est l'émergence en Belgique (en Wallonie précisément) du PTB (à gauche du Parti Socialiste) à 18% des intentions de vote, ce qui se traduit dans certains médias des réactions alarmistes et qui se complaisent dans le catastrophisme:

 

http://www.lalibre.be/debats/opinions/le-ptb-a-18-reveillons-nous-opinion-58427c9acd707c9b300ea61d

 

Notez les arguments "contraignants": "Ne votez pas trop à gauche car ça ne va pas plaire au Nord du pays", "Aucun régime communiste n'a réussi", "arrêtez de faire grève, vous n'en avez pas marre des bouchons?"

Enfin, la fragmentation des compétences d'Etat, voire la délégation par traité (européen) qui contraint (encore une fois) une certaine ligne économique qui pèsent énormément sur la gestion des Etats.

 

2) Un fatalisme économique doublée d'une culbabilisation assumée d'une partie de la population

 

Faut-il rappeler ce discours qui consiste à dire que nous sommes "trop gâtés" et que désormais les choses vont changer? La classe moyenne, depuis la politique impulsée par Reagan-Thatcher, n'a fait perdre QUE du pouvoir d'achat (corrigé de l'inflation) dans les pays concernés (voir les travaux de Stiglitz). Les dettes sont devenues gigantesques. Les impôts ont drastiquement baissé depuis plusieurs décénies pour les plus riches. Mais c'est toujours trop d'impôts pour les plus riches, puisqu'ils utilisent de vastes réseaux pour éluder l'impôt, voire frauder (voir actualité brûlante). Cette élite n'accepte plus faire partie d'une communauté, puisqu'elles en montrent leur refus de se plier aux règles les régissant en les évitant ou les fraudant donc. Les classes moyennes, si elles ne se délitent pas (voir l'effet sablier de Vittori), sont de plus en plus difficiles à identifier en tant que groupe.

 

Il faut donc accepter sans broncher un déclassement sous fond de culpabilisation? A votre avis, vers quoi mène ce genre de raisonnement? Nous sommes en train de le voir.

 

3) Les bouleversements géopolitiques et les valeurs européennes bafouées

Les guerres idéologiques (apporter la démocratie à la Libye, l'Irak par exemple) et autres ont déstabilisé profondément notre monde, entraînant des mouvements des populations sans précédents. La Communauté Européenne a très peu pris sa part dans cette histoire, avec une manière de gérer ces flux d'une manière la plus déshumanisante possible: confier le problème moyennant finance à la Turquie (Dont on voit toute la sagesse de cette décision! Quelle tristesse...), comme si c'était des marchandises qu'il faut dispacher, en sous-traitant le problème.

Par contre, on est surtout pas intervenu au Darfour. Est-ce que les intérêts pétroliers chinois n'y sont pas pour quelque chose? Et en Erythrée?

Bafouées, c'est le mot: nos valeurs sont bafouées. 

 

Je vais vous dire ce que j'en pense: c'est l'intérêt financier qui fait office de vache sacrée, de valeur ultime, d'intérêts qui nous dépassent.

 

Du coup, il ne faudra pas s'étonner du chemin historique que nous sommes en train de vivre ici. On roule aveuglément sur tout, on ne respecte plus nos valeurs. Plus que la crispation, la crampe, le spasme identitaire, nationaliste est en cours.

 

Et il ne faut pas s'en étonner. Malheureusement.

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