Voici pourquoi le concept de séparatisme doit être combattu vivement.

Nous savons de manière documentée que les personnes typées sont victimes de discrimination à l'embauche, au logement, sont plus sujets aux discriminations policières, aux violences policières, aux décisions de justice défavorables, aux insultes sur le net, à l'intimidation sur le net, etc.

 

Voici pourquoi il faut lutter de manière collective face à ce fléau.

 

1848. Fin officielle de l'esclavage aux États-Unis. Les Etats du Sud sont obligés dans les faits de leur accorder les mêmes droits qu'aux personnes blanches. Pendant un premier temps des représentants noirs sont même élus. Mais la résistance va très vite s' organiser dans ces états: refus d'embaucher les personnes noires autre part que l'endroit où ils étaient esclaves, intimidation (assassinats, lynchages etc...) pour ne pas qu'ils aillent voter, infrastructures bien distinctes, etc...

 

Je vous passe les différents épisodes pour nous emmener 100 ans plus tard, 1965, où Johnson signes l'égalité en droit civique, après des attentats à la bombe dans une église, exécution de différents militants, leaders etc.

 

Début des années 1990, émeutes dans des quartiers de Los Angeles d'une population noire qui n'en peut plus.

 

2013, naissance BLM.

 

2021: la population noire, dans son immense majorité, à 80%, vivent en-dessous du revenu moyen américain. Un afro-américain a 6 fois plus de chances de ce faire tirer dessus par la Police alors qu'ils représentent 16% de la population. C'est une population qu'on essaie d'écarter des listes électorales depuis que l'on peut redécouper les circonscriptions électorales.

 

Or, que fait Emmanuel Macron? Il inverse exactement la situation: la France serait victime de séparatisme parce qu'une partie de la population refuse de s'intégrer. C'est une véritable escroquerie intellectuelle aux conséquences potentiellement explosive.

 

Pour Emmanuel Macron et son gouvernement, il n'existait pas de violences policières. C'est un gouvernement qui refuse de voir des problèmes pour se concentrer sur d'autres plus payants électoralement. Toujours dans le même registre, encore avant, c'est aller faire la leçon aux pays africains, c'est se mettre au milieu de migrants et de leur dire qu'ils ne sont pas les bienvenus et qu'ils ont bien de la chance d'être là (une migrante lui a répondu qu'elle était là uniquement pour visiter son père à l'hôpital, ça ne l'avait pas calmé que du contraire), c'est l'interview à Valeurs Actuelles, c'est incorporer un membre de ce journal dans une équipe travaillant pour LREM.

 

C'est aussi une gouvernance par l'absence de réaction: les Gilets Jaunes, c'était une adhésion à 70% de la population, et une majorité les soutenaient encore pendant de nombreuses semaines. Qu'a-t-il fait? Rien dans un premier temps, jusqu'à ce que la violence éclate d'une manière inimaginable. Puis il a continué à ignorer la souffrance et en persistant: c'est la réforme de l'assurance-chômage et la réforme des retraites coup sur coup.

 

J'ai rarement vu un gouvernement chuter aussi vite idéologiquement avec un leader qui part de la gauche, se réclame ni de gauche ni de droite, et fini par concurrencer idéologiquement l'extrême-droite, ce qui fera dire à Mme Le Pen face à M. Darmanin, "ce que vous avez écrit, j'aurais pu le dire".

 

C'est assez terrible.

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