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Billet de blog 15 nov. 2017

Qu'est-ce que l'islamisme ?

L'islamisme, selon la définition du Larousse, n'est pas une religion mais un projet politique. Ce terme désigne « depuis les années 1970, un courant de l'islam faisant de la charia la source unique du droit et du fonctionnement de la société dans l'objectif d'instaurer un État musulman régi par les religieux. »

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Il convient donc de distinguer l'islamisme du fanatisme, dont l'enthousiasme conduit à l'intolérance, et de l'intégrisme, qui consiste à confisquer la tradition pour soumettre les fidèles à sa tutelle.

Comme l'a parfaitement expliqué Kepel qui est l'un des principaux inventeurs de ce concept – il a dû penser une réalité nouvelle, totalement inédite –, l'islamisme, pour se développer, a besoin qu'une communauté voit le jour, une communauté qui se pense en dehors de sa communauté politique nationale. La reconnaissance de cette communauté par l’État fait donc partie de sa stratégie. Dans un premier temps, l'islamisme combat pour que les lois dites « islamiques » prennent une valeur politique et sociale. L'islamisme organise la porosité de l'islam avec son projet en transférant le religieux vers le politique. La pratique religieuse devient peu à peu une pratique identitaire. Une fois le religieux reconnu dans le champ du politique, social et commercial, une fois les lois républicaines soumises à une sorte de jurisprudence des minorités, que les élus acceptent généralement en contre-partie de la paix sociale, par clientélisme ou pour favoriser le « multi-culturalisme » – c'est pas beau ça, de réduire l'autre à sa religion ! – et le « vivre-ensemble », – gros mensonge pour occulter la ségrégation sociale des populations dans certains quartiers –, la seconde étape commence. Il s'agit alors d'opérer chez chaque « fidèle » une mise à distance d'avec ses parents, les autres, la société, les institutions et de sceller en lui le sentiment d'appartenance par le don ou sacrifice de soi total à la communauté (en contrepartie de l'amour fusionnel qu'il reçoit).

Le projet politique des Frères musulmans dont Ramadan est l'un des théoriciens et des promoteurs n'est en rien de « moderniser l'islam » pour l'adapter au monde contemporain mais à l'inverse de transformer la réalité par un lent processus d'adaptation, de conversion, pour réaliser l'hégémonie de la charia dans la société. Tandis que Daech espère réaliser le même projet au moyen de la guerre civile, par des actes d'ultra-violence spectaculaires qui visent à polariser les populations et les opposer, les Frères musulmans prônent une stratégie progressive et patiente.

Mais que l'islamisme se propage par l'idéologie salafiste, (dont Kepel a montré qu'elle ne relevait pas, sauf exception, d'un quelconque "quiétisme religieux"), ou par l'idéologie des Frères, le fait est que ces contre-sociétés existent bel et bien à présent sur tout le territoire. Celles-ci entretiennent un vivier d'où sont partis les milliers de djihadistes vers la Syrie et l'Irak, attirant même à elles des enfants d'autres classes sociales désorientés ou victimes de techniques de recrutement particulièrement redoutables. Depuis plus de vingt ans, ces pépinières fournissent également les tueurs déshumanisés prêts à massacrer les juifs, les mécréants, les démocrates et les « mauvais musulmans ».

C'est pourquoi défendre Ramadan, le présenter comme Plenel l'a fait comme un « intellectuel très respectable » – il n'est pas le seul certes mais ce n'est pas une excuse ! –, s'associer à ces prêches politiques, lui servir la soupe, relativiser sa nocivité, embrayer sur son procès en "islamophobie" pour faire taire toute critique, n'est pas seulement contraire à la raison, c'est criminel.

Maintenant, les journalistes feraient bien de faire leur travail, ce pour quoi on les paye. Qu'ils se rendent dans les quartiers où les tueurs de demain sont formés, année après année, au lieu de passer leur temps à donner des leçons de morale, à proposer un travail intellectuel médiocre, à lancer continuellement des querelles sur la place publique dans lesquelles il se ridiculisent. Combien de jours Mediapart a-t-il enquêté sur le terrain de la première ville de France à fournir des petits djihadistes ? Honte à vous journalistes qui jacassez pour satisfaire vos petits egos démangés par l'amour-propre derrière vos ordinateurs au lieu de retrousser les manches, d'aller sur le terrain et d'informer !

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