Vasiliki Polykarpou (avatar)

Vasiliki Polykarpou

éditrice, chercheuse en anthropologie et études de genre (elle/iel)

Abonné·e de Mediapart

3 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 janvier 2026

Vasiliki Polykarpou (avatar)

Vasiliki Polykarpou

éditrice, chercheuse en anthropologie et études de genre (elle/iel)

Abonné·e de Mediapart

Généalogies féministes et fractures politiques : à la mémoire d’Eleni Varikas

Le vendredi 9 janvier 2026, Eleni Varikas s’est éteinte à Paris. Son travail s’est concentré sur la théorie féministe, le colonialisme, les origines du racisme et les problématiques de l’exclusion. À travers une lecture exigeante de l’universalisme moderne, Eleni Varikas n’a cessé d’en interroger les angles morts, les exclusions constitutives et les hiérarchies qu’il prétend pourtant abolir.

Vasiliki Polykarpou (avatar)

Vasiliki Polykarpou

éditrice, chercheuse en anthropologie et études de genre (elle/iel)

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le vendredi 9 janvier 2026, Eleni Varikas s’est éteinte à Paris, ville où elle a vécu et travaillé durant une grande partie de sa vie. Historienne de formation, elle a étudié l’histoire à l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes et a soutenu, dans les années 1980, une thèse de doctorat consacrée aux origines du féminisme grec moderne.

Elle s’est politisée dans les années de la dictature en Grèce, puis au sein des mouvements féministes en Grèce et en France. Elle a enseigné dans plusieurs universités à travers le monde, notamment à l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis, où elle a été pendant de nombreuses années professeure de théorie politique et d’études de genre.

Son travail s’est concentré, entre autres, sur la théorie féministe, le colonialisme, les origines du racisme et les problématiques de l’exclusion dans la modernité. À travers une lecture exigeante de l’universalisme moderne, Eleni Varikas n’a cessé d’en interroger les angles morts, les exclusions constitutives et les hiérarchies qu’il prétend pourtant abolir.

Eleni Varikas est l’autrice de l’un des ouvrages de référence de la bibliographie féministe de langue grecque, La Révolte des dames : la genèse d’une conscience féministe en Grèce (1833-1907) (2007) — publié en grec sous le titre Η Εξέγερση των Κυριών —, grâce auquel un large public en Grèce a découvert son travail. Elle a également participé aux comités de rédaction des revues Pouvoirs (Le Seuil), Raisons politiques (Presses de Sciences Po) et Les Cahiers du genre (L’Harmattan). 

D’autres ouvrages, tels que Penser le sexe et le genre (2006) ou Les rebuts du monde : figures du paria (2007), ont durablement marqué la pensée politique et critique contemporaine. Ils continuent d’accompagner celles et ceux qui pensent avec elle, rendant peut-être un peu moins douloureux le vide irréparable que laisse son absence.

Illustration 1
© Les Éditions iXe

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.