L'armée verte à l'assaut de nos possibles

Aujourd'hui, 8 octobre 2019, des expulsions policières on eu lieu à Saint-Victor et Melvieux, sur le lieu-dit de La Plaine, espace de résistance contre un projet de transformateur électrique géant.

Aujourd'hui, 8 octobre 2019, des expulsions, des arrestations et des destructions d'habitats on eu lieu dans l'Aveyron, à Saint-Victor-et-Melvieux, sur le lieu-dit de La Plaine, espace de résistance contre un projet de transformateur électrique de 6 hectares mené par RTE.

Énième grand projet inutile, ce transformateur rencontre depuis longtemps la résistance farouche d'une population qui ne se laisse pas faire et a décidé de s'organiser face au mirage de l'écologie industrielle incarnée par l'éolien, vecteur économique du territoire aveyronnais. En construisant, en cultivant, en occupant un territoire, une Zone A Défendre, les habitants ont repris en mains le cours du temps, n'ont rien cédé à l'abjection d'un gouvernement qui, tout en faisant ses leçons de conscience au fascisme brésilien, rivalise de verve avec celui-ci en sommant la jeunesse d'aller "manifester en Pologne".

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 On le sait depuis le début : l'écologie gouvernementale promue par le macronisme prétend moins dépasser le capitalisme et retrouver un rapport non-destructeur avec le monde que de réformer la catastrophe, de la maquiller et de faire payer notre société pour ce qu'elle mériterait : vous voulez continuer avec l'électricité, eh bien, plantons partout des éoliennes ! On aurait donc le paysage qu'on mérite, les "solutions" qui s'imposent. Mais qui mérite d'entendre le vrombissement migraineux d'une éolienne à 1 km de chez soi ?... Quel oiseau mérite de se faire happer à mort par l'aile mécanique de cette "énergie verte" ?... Qui considère comme un dû le cancer qui s'installe chez chaque habitant des cités d'extractions minières d'où sont recueillis les précieux métaux indispensable à la "transition écologique" ?... Ici, le qui est d'importance : à qui la faute, ce ne sont certainement pas aux peuples et aux bêtes touchées par ce ravage, il faudrait remonter le cours de la rivière, chercher ce qui coule jusqu'à l'origine de ce reflet, de ce mirage : à QUI sert cette destruction du vivant, gérée, programmée sous couvert de transition énergétique ? Aux filiales d'EDF, Vinci, Total, Areva... Car il s'agit, pour elles, de compenser la nocivité de leur entreprise par des crédits carbone et des "investissements à haute rentabilité" qui, tout le monde le sait désormais, servent moins à transformer l'industrie qu'à l'enrichir en lui accordant encore plus de pouvoir sur nos vies.

Ce pouvoir, et nous le constatons tous les jours, au moindre pas de côté, au moindre empêchement, semble comme touché et mutilé dans son essence. C'est pourquoi il n'est pas exagéré de dire que les agents du capitalisme sont présent aujourd'hui à Saint-Victor, commune qui a eu l'audace, grâce à la ténacité lucide des habitants et de certains élus locaux, de refuser. Or il semble aujourd'hui que refuser, c'est frustrer l’État et ses grands copains en affaires comme on frustrerait un gamin en lui retirant son jouet. Rien de moins. Il faut considérer cette frustration armée, totalitaire, cet "archaïsme techniquement équipé" comme un grand danger, mais aussi comme leur plus grande faiblesse. Que des êtres humains se rassemblent et décident de vivre ensemble à égalité avec la terre, qu'ils inventent de nouvelles formes de vies, de nouvelles possibilités de puissance face à l'annihilation quotidienne de la pensée, que ces personnes ne se considèrent justement pas comme des personnes, mais comme des écorchures indissociables d'une force qui fait la vie, qu'ils portent des masques joyeux pour masquer la tristesse d'être identifié par l'autorité, qu'il rient, qu'ils habitent un lieu, qu'ils ne voyagent pas, voilà ce qui fait horreur au pouvoir actuel, voilà ce qui est un pêché aux yeux de la religion capitaliste.

Il est possible de suivre des informations sur ce blog : douze.noblogs.org

Et de soutenir les gardé-e-s à vue, le lieu, la lutte en venant sur place.

Un désespéré plein d'espoir

 

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