Jean Brugié est mort la nuit dernière

Jean Brugié est mort la nuit dernière. A 17 ans, il fut l’un des plus jeunes résistants de la seconde guerre mondiale. Après le maquis dans l’Aveyron, et la Brigade légère du Languedoc, qui ira jusqu’à Berlin, Jean Brugié intègre, en 1945, Coëtquidan, où s’amalgament deux clans, les enfants de bonne famille et ceux venus du maquis, sensibles aux idées communistes.

Jean Brugié est mort la nuit dernière. A 17 ans, il fut l’un des plus jeunes résistants de la seconde guerre mondiale. Après le maquis dans l’Aveyron, et la Brigade légère du Languedoc, qui ira jusqu’à Berlin, Jean Brugié intègre, en 1945, Coëtquidan, où s’amalgament deux clans, les enfants de bonne famille et ceux venus du maquis, sensibles aux idées communistes.

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Membre « clandestin » du PCF, il tentera de résoudre cette impossible équation, officier et communiste, au gré de ses affectations, de la sale guerre d’Indochine à celle d’Algérie. Membre de la commission « Défense » du PCF avec Rol-Tanguy, il finira par quitter l’armée.

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La rupture avec le « parti » sera plus pénible : à la fin des années 1970, lorsque le PCF décide de soutenir le tout-nucléaire, Jean Brugié entre alors en dissidence avant d’être brutalement exclu. Dès lors on le retrouvera dans tous les milieux de la « gauche alternative » et il participera, notamment, aux côtés de la LCR et des alternatifs, à la « candidature Juquin » en 1988.

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Devenu responsable de « Formation et citoyenneté », il courait, cet été encore, les diverses Universités d’été de la « gauche de gauche » tout comme celle d’ATTAC. Sa silhouette, barbe et cheveux larzaciens, éternelle cigarette au bec, était connue de cette large famille éparpillée.

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Mes pensées vont à cet atypique rebelle et, bien sûr, à sa femme, Hélène, à sa famille et à ses innombrables « copains » dont je m'honorais d'être.

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NB Un livre de l'universitaire Isabelle Sommier, paru en 2006, lui est consacré: "Communiste et officier".
Une simple "leçon de vie" avec ses errements et ses grandeurs.

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