La liberté de calomnier et l’éthique universitaire

Il y a cinq ans, j’ai eu la surprise de trouver mon nom dans un livre consacré aux "réseaux du Kremlin en France". J’ai porté plainte en diffamation ; la procédure judiciaire vient juste de se terminer. Je souhaite appeler l'attention de la communauté des chercheurs sur cet ouvrage et ce procès, qui mettent en lumière des pratiques très éloignées de l’éthique universitaire.

Après cinq ans de procédure, le verdict en appel est tombé, reconduisant celui rendu en première instance : Cécile Vaissié, auteure des Réseaux du Kremlin en France, professeure des études russes et soviétiques à l’université de Rennes, est relaxée dans le procès en diffamation qui l’oppose à plusieurs personnes qu’elle a fait figurer dans son livre, seul l’un des plaignants, le blogueur Olivier Berruyer, obtenant partiellement satisfaction. Persuadée d’être une lanceuse d’alerte qui débusque de dangereux agents d’une puissance hostile, Vaissié a dénoncé ce procès comme un exemple de « procédure bâillon », nouvelle preuve de la justesse de ses analyses : démasqués, les réseaux tenteraient de la réduire au silence à travers une procédure judiciaire concertée. Les personnes citées n’avaient, selon elle, qu’à se taire, même si elles estimaient avoir été victimes d’un mensonge public ; se plaindre, c’était confirmer le soupçon.

Je fais partie des plus de trois cents personnes citées dans l’ouvrage consacré à ceux « qui s’expriment et agissent […] pour la défense du Kremlin », qui juxtapose pêle-mêle des partisans déclarés de Vladimir Poutine et des personnes dont le seul tort est de ne pas partager les vues lapidaires de l’auteure – on appréciera ainsi la pertinence d’associer derrière la notion inquiétante de « réseaux du Kremlin » des personnalités d’extrême-droite, mais aussi un Jean-Pierre Chevènement ou une Hélène Carrère d’Encausse. Pour ma part, j’y apparais au détour d’un paragraphe, sans le moindre début de preuve autre que la conviction intime de Vaissié. M’estimant diffamée – n’étant pas une personne publique, je cherchais en vain dans ma biographie à quelle occasion j’aurais pu « [m’]exprime[r] ou agi[r] […] pour la défense du Kremlin » – je n’ai pas pu me résoudre au silence. En effet, fonctionnaire de l’Assemblée nationale, une institution centrale de l’État français où j’exerce le métier de rédactrice des comptes rendus, je ne pouvais pas voir mon nom associé aux réseaux d’influence d’un pouvoir politique étranger que Vaissié elle-même qualifie de corrompu, impérialiste, antidémocratique et représentant une « menace […] pour la sécurité et l’indépendance de la France ».

Les cinq années de procès, en première instance puis en appel, ont été ponctuées de stress et de dégoût, et mon plus grand désir est de les oublier, en espérant ne plus jamais croiser ni Vaissié elle-même ni aucun autre maccarthyste en son genre. Mais après avoir gardé le silence durant toute la procédure judiciaire, je dois, auparavant, faire une mise au point. En effet, Vaissié ne manquera pas de commenter la défaite des « pro-Poutine » et le triomphe de la liberté d’expression. Alors, puisqu’elle use et abuse de son droit de parole, je vais aussi utiliser le mien. Cela me donnera l’occasion de faire quelques observations sur la notion de diffamation en droit français et l’instrumentalisation de la liberté d’expression que celui-ci autorise, mais surtout d’appeler l’attention de la communauté académique française sur les pratiques consternantes d’une de ses membres.

Relaxe technique en absence de jugement sur le fond

En clamant que la cour l’a blanchie de quasiment toutes les accusations en diffamation, Vaissié se gardera bien de préciser les raisons et les implications de cette décision, faisant comme si le tribunal avait estimé qu’elle disait la vérité dans son ouvrage, et que les personnes qui y sont citées faisaient effectivement partie des « réseaux du Kremlin ». En effet, à moins d’être un juriste, le citoyen lambda croit, comme je le croyais jusqu’à cette affaire, que la diffamation est un mensonge public à votre endroit qui porte préjudice à votre réputation. En théorie, il n’a pas tort puisque la loi qualifie de diffamation une imputation précise, susceptible de porter atteinte à l’honneur d’une personne ; en pratique, soucieux avant tout de protéger le droit des auteurs à parler librement, les tribunaux interprètent la loi – en particulier la notion de « fait précis » et d’« atteinte à l’honneur » – d’une façon si restreinte qu’il n’y a quasiment que des imputations de crimes et de délits (meurtre, viol, propos antisémites) qui sont retenues, ce qui laisse les victimes de tous les autres mensonges malveillants sans recours.

Ainsi, si ma plainte a été rejetée, ce n’est pas parce que la cour aurait conclu que je suis un agent du Kremlin, mais parce qu’elle a tout simplement renoncé – comme souvent dans les procès en diffamation – à statuer sur le fond. Cela lui est égal de savoir si Vaissié a raison ou tort de m’avoir incluse dans son livre. Elle justifie son verdict ainsi : 1) le passage qui me concerne n’est pas suffisamment précis – il est vrai que Vaissié y procède beaucoup par insinuation, même si celle-ci est parfaitement claire, et 2) que ce soit vrai ou faux, le fait d’être pro-Kremlin n’est pas un délit en droit français et ne saurait donc être considéré comme diffamant. Le seul plaignant à avoir partiellement gagné, Olivier Berruyer, doit cette victoire à une formulation particulièrement précise de la part de Vaissié, qui l'accuse d'avoir eu la « volonté de déformer les faits, d’attaquer ou de tromper». La cour relève ainsi que « le passage diffamatoire est particulièrement imprudent », dépassant les limites de la liberté d'expression, et que, par conséquent, «l'exception de bonne foi ne sera pas accueillie, faute de base factuelle suffisante [...] et faute de prudence dans l'expression ».

J’ignorais, avant d’entamer cette procédure, qu’il est ainsi légalement possible de raconter une grande variété de mensonges, aussi salissants ou préjudiciables soient-ils pour votre image, du moment que les faits imputés ne tombent pas sous le coup d’un article du code pénal et que les allégations sont exprimées sur un mode allusif. Même l’ayant appris, j’ai néanmoins conservé un petit espoir, d’abord parce que, contrairement aux autres plaignants, je ne suis ni blogueuse, ni personnalité politique, ni écrivaine, et n’ai jamais exprimé publiquement d’opinion sur la politique russe, mais surtout parce que la loi précise que l’atteinte à l’honneur doit malgré tout être appréciée en fonction du contexte. Or, même si le fait de faire partie des réseaux du Kremlin n’est pas un délit, il porte clairement atteinte à ma réputation professionnelle. En effet, les fonctionnaires parlementaires sont soumis à un statut particulier qui implique un devoir de réserve et une neutralité politique absolue. Le fait de s’exprimer et d’agir pour la défense d’une puissance étrangère hostile, soupçonnée de pratiques antidémocratiques et de tentatives d’ingérence dans les processus politiques et électoraux des autres pays est incompatible avec le règlement intérieur de l’Assemblée, et peut m’être directement préjudiciable, d’autant que le passage où je suis citée insinue très clairement que j’utiliserais mes fonctions à l’Assemblée pour influencer les députés.

Je suis donc navrée de cette décision. Ayant fait tout ce que je pouvais par la voie des tribunaux, je pense avoir au moins démontré mon désaccord total avec les allégations faisant de moi un membre des « réseaux » d’un pays étranger. Si je ne puis légalement prétendre avoir été diffamée, je continuerai à affirmer que j’ai été, sans aucun doute possible, calomniée.

Le fond de l’affaire

Maintenant que la procédure judiciaire est close, je peux m’exprimer librement pour appeler l’attention des lecteurs du brûlot que sont Les Réseaux du Kremlin en France, et tout particulièrement de la communauté académique, dont l’auteure du livre fait partie, sur les procédés honteux que s’est permis d’utiliser cette enseignante-chercheuse qui dirige et juge des travaux universitaires, siège au CNU et valide le travail scientifique des candidats à la qualification. Libre à eux ensuite de se faire leur propre opinion.

Voici donc le fond de l’affaire. Vaissié m’a incluse dans son livre pour renforcer sa charge contre mon mari, Djordje Kuzmanovic. Celui-ci, à l’époque conseiller de Jean-Luc Mélenchon, avait publié, en 2014, plusieurs articles de blog sur les néonazis ukrainiens. Cela suffit à Vaissié pour affirmer qu’il relaie la propagande du Kremlin – qui, il est vrai, ne se prive pas de pointer toute dérive de la partie adverse dans la guerre d’information qui les oppose. L’argumentation de Vaissié durant le procès consiste grosso modo à dire : c’est vrai que les néonazis, ce n’est pas bien ; mais pourquoi en parler, sinon pour soutenir Poutine ?

Cependant, s’agissant des « réseaux du Kremlin », que Vaissié présente comme une formidable machine d’influence, une figure de second plan d’une formation « d’extrême-gauche », c’était un peu maigre et pas très menaçant. Découvrant alors, par hasard, que je travaille à l’Assemblée nationale, Vaissié croit sans doute tenir une information susceptible de rendre son réquisitoire plus croustillant, et rédige un petit paragraphe tendancieux : ce ne serait pas si grave que Kuzmanovic soit pro-Kremlin, mais sa femme, qui travaille à l’Assemblée, a un accès direct aux députés et, ajoute-t-elle, « véhicule parfois des idées proches de celles [d’Alexandre] Douguine » (théoricien ultranationaliste et impérialiste de l’ère Poutine, fondateur du Parti national-bolchévique et du Mouvement eurasiste). Ce faisant, elle crée dans l’esprit du lecteur la supposition suivante : je diffuserais des idées impérialistes russes auprès des députés.

Sur quoi se base-t-elle ? J’ai bien fait une thèse de sociologie politique sur Douguine et les militants des mouvements de jeunesse qu’il a créés, mais une thèse universitaire, jugée parfaitement neutre, voire critique du champ du nationalisme russe, soutenue en 2010 à l’université Paris 1 devant un jury éminent qui m’a accordé des félicitations à l’unanimité et une proposition de subvention pour la publication. Trois des membres du jury – Jean-Robert Raviot, professeur à l’université de Nanterre, Gilles Favarel-Garrigues, directeur de recherches au CNRS, et l’éminent politiste Michel Dobry, alors professeur de science politique à l’université Paris 1, président du jury – ont d’ailleurs rédigé des témoignages pour le procès, attestant de la neutralité de mon travail et se disant choqués d’apprendre qu’on puisse m’attribuer des idées « proches de celles de Douguine », et plus largement, me citer dans un livre consacré aux « réseaux du Kremlin ». Le plus hallucinant, c’est qu’en 2011, Vaissié elle-même m’a qualifiée aux fonctions de maître des conférences en section 13 « Langues et littératures slaves », rédigeant un rapport élogieux sur mon travail. Pourtant, en 2016, alors que je n’avais rien publié sur la question qui ne soit une répétition de ma thèse, elle s’est permis d’écrire, dans son livre, que je véhiculais des idées proches de mon objet de recherche.

Perplexe devant une telle mauvaise foi, j’étais impatiente de voir les « preuves » que Vaissié allait exhiber durant le procès. Le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue. Je les ai gardées pour moi durant les cinq années de procédure judiciaire, mais je souhaiterais aujourd’hui que la communauté universitaire en prenne connaissance, et se demande s’il s’agit de procédés admis pour un chercheur et si elle doit tolérer que des personnes qui se permettent de tordre à ce point la vérité siègent dans ses plus hautes instances, d’où ils peuvent juger le travail des autres et parler avec l’autorité qu’emporte leur statut.

Des « preuves » indignes d’un chercheur

Tout d’abord, pour prouver à la cour que ses imputations ne sauraient être qualifiées de diffamatoires, Vaissié a cherché à démontrer qu’elle n’avait rien dit de précis : se contentant de remarquer que j’étais la femme de mon mari et Russe d’origine, travaillant à l’Assemblée nationale, en contact (supposément) étroit avec les députés, et véhiculant (selon elle) des thèses ultranationalistes russes, elle n’aurait d’aucune façon suggéré au lecteur que je diffuse cette idéologie auprès des représentants de la nation, ni même que je fais partie des réseaux d’influence du Kremlin. En somme, ma plainte serait basée sur un malentendu. En première instance, son avocat est allé jusqu’à dire : « On peut figurer dans un livre sur les réseaux du Kremlin en France sans être considéré comme en faisant partie. » Ce raisonnement, d’une mauvaise foi consommée, était à l’évidence uniquement destiné à la cour, car par ailleurs Vaissié ne manque pas une occasion d’expliquer, au contraire, que les personnes qu’elle cible dans son livre constituent bien un réseau dangereux qu’il est important de mettre à jour.

Pour contrer l’argument selon lequel, en m’attribuant le fait de véhiculer des idées proches de Douguine, elle m’associe à une idéologie radicale et foncièrement impérialiste, que Vaissié elle-même ne cesse de dénoncer, elle a également cherché, tout au long du procès, à en minimiser le caractère sulfureux. Ainsi, Douguine qui, dans son ouvrage, apparaît comme l’un des théoriciens principaux de l’idéologie agressive et expansionniste de la Russie de Poutine, un Douguine admirateur de certains courants du nazisme, fondateur d’un parti dont la symbolique mêle la croix gammée et le drapeau soviétique, partisan d’un « empire de Gibraltar à Vladivostok » soumis à la domination russe, devient subitement un personnage complexe aux idées nuancées, seul un grand susceptible pouvant trouver infâmant d’en partager les thèses. Ce point a été particulièrement paradoxal car les témoins mêmes de Vaissié insistent sur le fait que Douguine est un idéologue particulièrement extrémiste, l’un d’eux (Filandrov) considérant comme une « provocation » la question de mon avocat sur ce qu’il aurait pensé si on disait de lui qu’il en véhiculait les idées. Je connais bien Douguine pour avoir effectué plusieurs entretiens avec lui et l’avoir suivi dans ses interventions, dans le cadre de ma thèse. Je confirme : non, ce n’est ni un imbécile ni une brute épaisse puisqu’il est très érudit et manie la rhétorique avec adresse ; mais oui, « ses » idées, celles qu’il a en propre, sont très radicales et les partager peut être considéré comme insultant. Et puis, me concernant, c’est surtout inexact.

Pour démontrer que je véhiculais des idées proches de cet idéologue, en audience ou dans les dépositions écrites de ses témoins, Vaissié exhibe trois éléments : 1) un article de 2008, publié dans la section « débats » de la revue Mouvements – de facture journalistique, écrit à la demande d’un membre du comité de rédaction qui souhaitait une analyse du vote des Russes à l’élection présidentielle de cette année-là –, dans lequel j’avance, certes sur un ton acerbe, qu’on ne peut se contenter, pour expliquer l’élection de Medvedev, de se référer aux fraudes électorales et à la propagande, et que les années 1990, terribles pour la Russie, expliquent l’adhésion d’une grande partie des Russes au nationalisme et à la promesse de stabilité économique incarnés par Vladimir Poutine, et leur indifférence aux leçons en démocratie des occidentaux ; 2) un autre article, publié en 2010 dans la revue Réseaux, consacré aux ficelles de la communication de Poutine qui utilise le mythe du « bon tsar mal entouré », bien ancré dans l’imaginaire populaire, pour s’attribuer toutes les réalisations positives tout en se déchargeant des échecs sur les pouvoirs intermédiaires ; 3) et le chapitre méthodologique de ma thèse, où j’explique la difficulté qu’a représenté pour moi le contact avec des enquêtés aux opinions nationalistes très radicales et où j’avoue, pour dépasser ce rejet spontané, avoir cherché à les comprendre et à trouver des points d’accord limités, chapitre dont j’avais fait un article, publié dans la revue Genèses, dont le titre – « La valeur heuristique de l’empathie dans l’étude des engagements répugnants » – était sans équivoque, et qui a été cité parmi les lectures conseillées dans plusieurs cursus de méthodologie.

Où sont, là-dedans, les « idées proches de celles de Douguine » ?

Mon professeur d’histoire en hypokhâgne avait l’habitude de dire qu’on ne citait un auteur que pour ses idées saillantes, jamais pour dire une banalité. Aussi était-il inutile de convoquer Maurice Agulhon pour remarquer que la Première Guerre mondiale avait commencé en 1914, ni le maréchal Foch pour souligner qu’il avait dit : « Le jour se lève. » Les « idées proches de celles d’Untel » sont des idées proches des thèses principales d’Untel, pour lesquelles celui-ci est connu. Ainsi, si l’on dit de vous que vous répandez des idées « proches de celles de Drumont », personne ne pensera qu’on parle de ses thèses sur l’architecture parisienne. Soyons honnêtes : tout le monde comprendra qu’on vous accuse d’adhérer aux idées antisémites de l’auteur de La France juive.

Il en va évidemment de même avec Douguine : les « idées proches de[s siennes] » sont celles pour lesquelles il est célèbre : le nationalisme, le traditionalisme et l’impérialisme russe à la sauce eurasiste, et avant tout le soutien indéfectible à Vladimir Poutine. Ces idées sont si bien identifiées dans le champ politique russe que les membres mêmes du parti du pouvoir, Russie unie (dont j’ai interviewé quelques-uns dans le cadre de ma thèse), trouvent Douguine trop extrême et veulent se distancier de son soutien encombrant.

Vaissié le sait très bien et comprend parfaitement de quelle manière le passage qui m’est consacré est lu par les lecteurs. Donc lorsqu’elle affirme, en audience, que le chapitre méthodologique de ma thèse ou l’article journalistique dans Mouvements tombent dans la catégorie des « idées proches de celles de Douguine », elle fait preuve d’une mauvaise foi consternante. Dire que dans les années 2000, une grande partie des Russes voient dans Vladimir Poutine l’incarnation d’une revanche géopolitique ou qu’ils éprouvent une Schadenfreude à renvoyer les démocraties occidentales à leurs propres défaillances est une analyse d’une grande banalité. Que Vaissié ne soit pas d’accord n’est pas un problème ; mais qu’elle en fasse une « idée proche » de celles d’un idéologue particulièrement radical est révoltant. Quant au fait de citer une phrase d’un chapitre méthodologique, sortie de son contexte – car le chapitre en question relate surtout la difficulté qu’a représenté le travail sur un « autre répugnant » –, pour en faire une preuve de ma proximité idéologique avec l’objet de ma recherche, tous les sociologues qui travaillent sur les « milieux difficiles » mesureront la gravité de ce procédé.

Ces éléments de « preuve » sont bien entendu absents du livre Les Réseaux du Kremlin en France car les citer pour en déduire mon adhésion aux idées de Douguine ou mon appartenance aux réseaux du Kremlin serait ridicule. Vaissié s’en garde bien ; elle se contente d’insinuations non sourcées. Mais en procès, agitant devant les juges son statut de chercheur confirmé, elle avance sans ciller qu’essayer d’expliquer le vote pro-Poutine est un signe de complaisance envers le régime de Poutine ; son témoin, la journaliste Galia Ackerman – qui ne me connaît pas – affirme dans sa déposition qu’écrire, comme je le fais, que Poutine s’appuie sur le mythe populaire du « bon tsar mal entouré » signifie, en substance, que je regrette l’existence des pouvoirs intermédiaires et que je « [valorise le] modèle de gouvernance autoritaire russe », allant jusqu’à ajouter qu’il est suspect que j’aie fréquenté, dans le cadre de l’enquête ethnographique réalisée pour ma thèse, l’auteur nationaliste auquel celle-ci était consacrée.

Comme je le dis plus haut, la cour n’en avait que faire de savoir si, oui ou non, Vaissié avançait des choses vraies ou fausses me concernant, puisqu’elle n’avait pas l’intention de juger sur le fond. Mais en va-t-il de même pour les pairs de Vaissié, membres de la communauté scientifique ?

J’ai quitté le monde universitaire en intégrant l’Assemblée nationale. Mais si les règles de déontologie n’ont pas, depuis, changé de fond en comble, un rapport aussi négligeant à la vérité, même – ou peut-être surtout – pour se défendre dans un procès, devrait être considéré comme incompatible avec le métier de chercheur.

Absence d’enquête et éthique universitaire

J’irai un peu plus loin. Globalement, le livre de Vaissié est un pamphlet sans substance, sorte d’annuaire des ennemis de l’intérieur. Bien des personnes qui y sont citées le sont sans le moindre début de preuve. Interrogée tout au long du procès sur le problème qu’il y a à affirmer ou à insinuer leur proximité idéologique avec le Kremlin sans avoir jamais cherché à recueillir leur propre avis sur la question, Vaissié a fièrement rétorqué que rien ne l’obligeait à recourir aux entretiens, qu’elle menait son travail de recherche comme bon lui semblait et qu’un chercheur était libre de choisir sa méthode. En effet, rien n’oblige un chercheur à recourir à la méthode des entretiens ; encore faut-il alors recourir à une autre méthode et s’appuyer sur d’autres sources. La méthode, en l’occurrence, reste très approximative – il suffit, à une personne, d’être le conjoint d’une autre ou d’avoir été vue, un jour, en compagnie d’une troisième, pour que Vaissié affirme qu’elles partagent toutes le même « imaginaire » pro-Kremlin ; quant aux sources, elles font tout simplement défaut pour nombre de protagonistes de l’ouvrage. La conviction seule de l’auteure est censée suffire.

C’est le cas s’agissant du passage qui m’est consacré. Vaissié n’a fait aucune enquête sur mes activités à l’Assemblée nationale, ne prenant pas la peine de décrocher son téléphone pour se renseigner sur mon supposé accès aux députés (inexistant), ou pour savoir si je me suis, ne serait-ce qu’une seule fois, exprimée sur la Russie, le Kremlin ou Douguine dans le cadre de mes fonctions. Ainsi, s’imaginant – peut-être au terme d’une recherche Google sommaire – que ces fonctions étaient celles de « secrétaire administrative du groupe d’amitié France-Russie », elle a semblé découvrir en audience mon métier, rédactrice des comptes rendus, pour lequel j’ai passé un concours très sélectif. Elle n’a pas fait l’effort de se documenter sur les tâches, temporaires et bénévoles, des secrétaires des groupes d’amitié, qui se résument à l’organisation matérielle des réunions, ni de contacter ma hiérarchie ou la présidente du fameux groupe d’amitié France-Russie de l’époque, la députée socialiste du Finistère Chantal Guittet, qui a transmis à la cour son témoignage où elle dit sa surprise de voir mon nom cité dans l’ouvrage de Vaissié, moi qui n’ai jamais exprimé un quelconque avis sur les activités, au demeurant très modestes, de cette instance informelle.

Aucune note de bas de page, aucun élément tangible ne vient étayer les insinuations graves à mon encontre que Vaissié y avance, et pour cause : il n’y en a pas. Le lecteur est censé croire Vaissié uniquement sur la foi de son fantasme ; et le pire, c’est que le lecteur la croit, sans doute, à la fois parce que Vaissié se réfère à la menace russe, constamment relayée par les médias, mais surtout parce qu’elle se présente comme chercheuse, auteure de livres historiques sérieux. C’est là que sa responsabilité est immense : comment une chercheuse peut-elle se permettre d’inclure des personnes dans un brûlot sur les « réseaux du Kremlin » sans donner le moindre début de preuve ? C’est une responsabilité morale – je reste interloquée qu’elle ne se soit jamais posé la question des conséquences, notamment professionnelles, que son livre pouvait avoir pour moi –, mais aussi intellectuelle – je reste incrédule qu’elle ait pu accepter le témoignage de Galia Ackerman qui fait dire à un article de ma plume (paru dans Réseaux) l’exact contraire de ce qu’il dit ; Galia Ackerman peut certainement prétendre m’avoir mal comprise (même si, en toute honnêteté, je ne vois pas comment ce serait possible), mais Vaissié, qui est chercheuse et qui connaît mon travail, sait très bien que son témoignage est mensonger.

Sa responsabilité va d’ailleurs au-delà de son seul ouvrage puisque d’autres gens peuvent ensuite reprendre de bonne foi ses insinuations, estimant qu’une chercheuse a forcément fait un travail d’enquête sérieux. C’est d’ailleurs le cas me concernant, puisque le journaliste Nicolas Hénin me cite, lui aussi, dans son livre La France russe, publié postérieurement à celui de Vaissié (et que je n’ai pas attaqué en diffamation car je l’ai appris trop tard).

Chasse aux sorcières et autocensure

Comble d’élégance morale et intellectuelle, Vaissié répète plusieurs fois que je figure dans son livre « en tant que femme de » (sic) et en tant que « Russe », comme si mon statut matrimonial ou mon pays de naissance – j’ai émigré de Russie enfant, mais suis citoyenne française depuis deux décennies et fonctionnaire de l’État français – étaient censés expliquer mes convictions ou mes actions (les réseaux du Kremlin sont, je le rappelle, constitués de ceux « qui s’expriment et agissent […] pour la défense du Kremlin »). En audience, elle n’a cessé de me renvoyer à mes origines, jusqu’à m’appeler, avec insistance, par la version russe de mon nom, qu’elle est allée déterrer dans les archives. Chère communauté universitaire, n’y a-t-il que moi pour être choquée par ces arguments et procédés rhétoriques ?

C’est vrai, je suis née en Russie. Je viens d’une famille décimée par les répressions staliniennes. Mon grand-oncle, juif, rentré en 1933 d’Allemagne où il faisait des études d’ingénieur, a été fusillé comme « espion allemand » et toute sa famille a été envoyée dans les camps sur le fondement de l’article 58.8 du code pénal soviétique, en tant que « membres de famille d’un traître à la patrie » : mère de, père de, sœur de. Mes arrière-grands-parents y sont morts. Ma grand-mère y a passé douze ans, ses meilleures années. Ma mère y est née et y a vécu jusqu’à l’âge de cinq ans. Vaissié, qui a passé sa vie à étudier les opposants soviétiques, ne voit-elle pas l’ironie terrible qu’il y a à reprendre les réflexes de pensée et les procédés argumentatifs de ceux qu’elle a tant condamnés ?

Vaissié a prétendu être victime d’une « procédure bâillon ». Mais c’est elle, en l’occurrence, qui met le bâillon à ceux dont les opinions lui déplaisent. Aurais-je manqué, en public ou en privé, de proclamer suffisamment fort ma haine envers le régime de Poutine ? Aurais-je dû orner mes publications d’épithètes dénonciateurs pour être exempte de soupçon ? Si l’on accepte qu’un universitaire accole des étiquettes aussi infâmantes que celles d’un agent du Kremlin à toute personne qu’il estime ne pas être suffisamment engagée du bon côté politique, que devient la notion de recherche neutre, objective et indépendante ? Si, parce que vous avez étudié de façon dépassionnée des mouvements ultranationalistes a priori très déplaisants ou analysé sans jugement des comportements électoraux – ou religieux – a priori condamnables, vous vous retrouvez étiqueté « agent du Kremlin », « suppôt de l’extrême droite » ou « islamo-gauchiste », qui voudra, demain, se saisir de ces sujets ? Qui voudra étudier l’islam radical, le djihadisme, les mouvements xénophobes ou les régimes totalitaires si une Vaissié peut, du jour au lendemain, parce qu’elle vous a trouvé une relation matrimoniale ou une origine nationale suspecte, vous repeindre dans un pamphlet en partisan de votre objet de recherche ? Il n’est pas besoin d'être devin pour comprendre que si ce genre de pratiques sont tolérées, elles conduiront droit à l’autocensure, et donc au rétrécissement du champ de la recherche. Je ne fais plus partie du monde universitaire ; mais si j’y étais restée – j’imagine le désarroi qui aurait alors été le mien dans ce contexte –, j’aurais sans aucun doute abandonné une fois pour toutes ces objets complexes pour ne me consacrer qu’aux terrains consensuels.

Ne nous y trompons pas : j’inclus, parmi les objets complexes, celui que Vaissié s’est choisi. Il n’est pas inutile, il est même tout à fait indispensable, de s’interroger sur les capacités d’ingérence du Kremlin, en France ou ailleurs, et plus largement sur le soft power déployé par le pouvoir russe, ou par d’autres puissances étrangères. Mais la question, qui fait aujourd’hui l’objet d’un véritable engouement – on voit la main de Moscou partout –, mérite un vrai examen, basé sur l’investigation et appuyé sur des preuves. Des chercheurs s’en saisissent d’ailleurs, à l’image d’un Maxime Audinet qui a récemment soutenu une thèse de doctorat sur le sujet. En revanche, surfer sur ces préoccupations pour publier des annuaires de personnes prétendument suspectes, ressemblant à une compilation de dénonciations rédigées par un voisin haineux, n’est pas digne d’un universitaire, surtout d’une professeure établie, jouissant d’un certain pouvoir au sein des instances académiques. Cela risque d’empêcher toujours plus l’expression des voix nuancées, la condamnation obligatoire remplaçant l’analyse objective et pesée, comme dans les travaux officiels de marxisme-léninisme.

Au-delà de l’impossible sanction judiciaire, c’est à la communauté académique de juger si elle accepte sans mot dire qu’un de ses membres agisse de la sorte en s’abritant derrière sa qualité de chercheur. Je me contente de l’alerter sur le danger qu’il y a à tolérer ce type de chasses aux sorcières déguisées en « recherche », et donc conduites en son nom. La paranoïa ne saurait tenir lieu de méthode, ou alors cela peut mener loin. Ainsi, constatant qu’un de ses collègues spécialistes de la Russie, Jean-Robert Raviot, s’était déplacé, en appel, pour témoigner oralement, Vaissié a immédiatement conclu et proclamé sur les réseaux sociaux qu’il faisait, lui aussi, partie des relais de la propagande du Kremlin. En va-t-il donc de même pour les autres universitaires qui m’ont apporté leur soutien – Gilles Favarel-Garrigues, Michel Dobry, Fabien Granjon (sociologue, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris 8) ? Pour ma directrice de thèse, Frédérique Matonti (professeure de science politique à Paris 1) ? Ou bien, s’ils ne sont pas tous acquis au Kremlin, en sont-ils les « idiots utiles » – terme dont Vaissié gratifie les membres des réseaux les moins conscients de leur embrigadement ?

Je laisse la responsabilité de réfléchir à ces questions aux universitaires, pairs et collègues de Vaissié. Pour ma part, je reviens à mes obligations professionnelles que j’ai l’honneur d’exercer, n’en déplaise à l’auteure des Réseaux du Kremlin, avec toute la rigueur que m’impose ma fonction.

 

Véra Nikolski, docteure en science politique, rédactrice des comptes rendus à l’Assemblée nationale

 

Paragraphe visé dans ma plainte en diffamation :

« Son tropisme pro-kremlin attire d’autant plus l’attention que Kuzmanovic est marié à Véra Nikolski, qui a émigré de Russie enfant, a consacré sa thèse à deux mouvements sociaux liés à Douguine, et est désormais secrétaire administrative du groupe d’amitié France-Russie à l’Assemblée nationale. Elle a donc des contacts directs aussi bien avec les députés français membres de ce groupe qu’avec des représentants de l’ambassade, et véhicule parfois des idées proches de celles de Douguine. » Cécile Vaissié, Les Réseaux du Kremlin en France, Paris, Les Petits Matins, 2016, p. 241.

Résumé de ma thèse de doctorat :

http://www.afsp.msh-paris.fr/activite/salontez10/docteurs/nikolski.pdf

Compte rendu du livre issu de ma thèse, par Ivan Chupin, dans Raisons politiques :

https://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2016-1-page-167.htm

 

couverture

Liste de mes publications universitaires :

https://www.cairn.info/publications-de-Nikolski-%20V%C3%A9ra--64076.htm

 Articles cités dans le texte :

« Elections présidentielles en Russie », Mouvements, « Essai et débat », 18 mai 2008.

https://mouvements.info/elections-presidentielles-en-russie/

 « La légitimation du rôle présidentiel de Vladimir Poutine : dispositif médiatique et fabrication de l’image du “bon tsar” », Réseaux, 2010, n° 164, pp. 197-224.

https://www.cairn.info/revue-reseaux-2010-6-page-197.htm

 « La valeur heuristique de l’empathie dans l’étude des engagements “répugnants” », Genèses, 2011, n° 84, pp. 113-126.

https://www.cairn.info/revue-geneses-2011-3-page-113.htm

 

Le 15/07/2021, j’ai reçu le message suivant de Mediapart :

« Nous avons reçu en tant qu’hébergeur une demande de droit de réponse relative à votre billet : https://blogs.mediapart.fr/veranikolski/blog/090721/la-liberte-de-calomnier-et-l-ethique-universitaire

En tant qu’éditeur vous êtes tenue de publier dans les meilleurs délais ce présent droit de réponse de Mme Cécile Vaissié, dans les conditions de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. »

 

Je publie d’autant plus volontiers ce droit de réponse qu’il rappelle les termes du jugement que je commente dans mon billet, qui en ont justement motivé la rédaction.

Rêvons un peu : si son livre en vient à être réédité, Cécile Vaissié n’oubliera certainement pas d’y joindre mon texte à moi, par souci de transparence et d’équité. ;-)

J’attends avec curiosité la manière dont Cécile Vaissié va « préserver ses droits », s’agissant de mon billet. Par un procès en diffamation peut-être ?

Note : Les arrestations que j’évoque dans mon texte et en audience ayant eu lieu en 1934, ils n’étaient évidemment pas le fait de la Tchéka, qui a cessé d’exister en 1922, mais du NKVD.

Je ne corrige ni la syntaxe ni l’orthographe.

 

Droit de réponse de Cécile Vaissié

 « La publication de mon ouvrage Les réseaux du Kremlin en France en mars 2016 a été le fruit de plusieurs années d’un travail ardu de recherches et de terrain destiné à permettre au grand public de mieux comprendre les campagnes de « séduction » très offensives menées par le Kremlin dans l’Union européenne et, plus spécifiquement, en France. L ’actualité aidant et le travail journalistique réalisé depuis lors ont largement confirmé l’existence des mécanismes d’influence qui y sont mis en lumière.

Six personnes ont décidé de poursuivre pour diffamation différents passages de ce livre les concernant. Parmi elles, cinq, dont Véra  Nikolski, ont fait le choix de coordonner leurs plaintes, en choisissant de faire avocat commun, lequel se trouvera être également l’avocat d’un média diffusant la bonne parole du Kremlin. Le nom de Vera Nikolski n’était pourtant cité qu’incidemment dans un passage traitant essentiellement des prises de position de son époux, lui-même plaignant. 

Véra Nikolski a bénéficié de toute l’attention de deux  chambres spécialisées en droit de la presse, à savoir la 17e chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Paris, puis la chambre presse de la Cour d’appel de Paris, qui l’ont chacune entendue dans ses explications ainsi que celles de son conseil.

L ’on doit à la vérité quelques égards, surtout lorsque l’on a fait le choix de saisir la justice, mobilisant magistrats, avocats, témoins et parties présentes pendant quatre demi-journées, soirées comprises, pour qu’elle puisse être dite.

L’on doit aussi à la décence quelques prévenances après que Vera Nikolski a fait, en vain, plaider devant la Cour que son sort était comparable à celui des résistants poursuivis par la police de Vichy ou à celui des opposants braqués par la Tchéka.

Par deux fois, les juges ont estimé, au visa de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui protège la liberté d’expression, que les propos poursuivis par Vera Nikolski n’avaient aucun caractère diffamatoire. Pour cela, ils ont répondu point par point à ses griefs en retenant notamment que « les propos n’indiquent ni n’induisent que la partie civile utiliserait ses fonctions à l’Assemblée nationale à des fins étrangères au service public » et que le fait de porter un regard très critique sur l’administration russe et les théories de Douguine « ne fait pas de l’imputation de sympathie envers ce régime ou ces pensées une diffamation » car cela reviendrait sinon « à juger les opinions politiques des uns et des autres » ce qui serait « une atteinte excessive à la liberté d’expression » 

La Cour a également rappelé que c’est en qualité de particulier et non de fonctionnaire de l’Assemblée nationale que Vera Nikolski avait choisi d’agir en diffamation, malgré la possibilité qui lui était expressément reconnue par l’article 31 de la loi du 29 juillet 1851 d’agir en cette seconde qualité.

Aussi, à la manière de Don Quichotte, Vera Nikolski combat des moulins à vents avec un excès surprenant de la part de l’enseignant-chercheur qu’elle n’est déjà plus, et paradoxal venant de la part d’un fonctionnaire parlementaire qui prétend, ce faisant, défendre le devoir de réserve auquel il est soumis.

En effet, l’encre du délibéré de la Cour d’appel la déboutant était tout juste sèche lorsque, ne parvenant pas à obtenir satisfaction par la voie légale, Vera Nikolski diffusait publiquement une philippique à l’encontre de cette décision et à mon encontre, qu’elle relayait largement, notamment auprès de mes collègues universitaires. Dans le même temps, elle décidait pourtant de s’abstenir de contester devant la Cour de cassation l’arrêt rendu le 24 juin dernier comme elle en avait pourtant la possibilité.

Considérant que les propos poursuivis par Véra Nikolski n’étaient pas diffamatoires, ni le Tribunal, ni la Cour n’ont eu à se prononcer sur  les  arguments que j’ai subsidiairement développés pour attester de leur sérieux et de ma bonne foi. Aussi, je ne répondrai pas ici aux accusations, graves, portées contre moi et qui  touchent notamment à mon éthique professionnelle, tout en me réservant la possibilité de préserver mes droits à leur égard par la voie qu’il conviendra. »

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