Véronique Bontemps
Gilette jaune, chercheuse, féministe (ce blog a été celui des GJ Enseignement Recherche)
Abonné·e de Mediapart

11 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 mai 2021

Macron, Darmanin et la Palestine : nous accusons !

Nous reproduisons ici avec leur aimable autorisation un texte publié dans l'Humanité.fr, disponible au lien suivant : https://www.humanite.fr/macron-darmanin-et-la-palestine-nous-accusons-707767

Véronique Bontemps
Gilette jaune, chercheuse, féministe (ce blog a été celui des GJ Enseignement Recherche)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Macron, Darmanin et la Palestine : nous accusons !

 Nous reproduisons ici avec leur aimable autorisation un texte publié dans l'Humanité.fr, disponible au lien suivant : https://www.humanite.fr/macron-darmanin-et-la-palestine-nous-accusons-707767

Il est allé à Alger, y a fait son numéro de charme et s’est fendu d’une formule fort opportune : « Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité » (14 février 2017). Une fois élu à la magistrature suprême, il s’est mis à prendre aux pauvres (baisse des aides personnalisées au logement) et aux moins pauvres (hausse de la CSG) pour donner davantage aux plus riches (réforme de l’impôt sur la fortune). C’est bien là l’un des fondements du colonialisme. Deux ans plus tard, toujours sous sa présidence, pendant que sa police et sa justice martyrisaient sa population comme jamais depuis la fin de la « guerre d’Algérie », la chambre française de commerce et d’industrie inaugurait une délégation en territoire colonisé par le Maroc « ami » (Dakhla, 1er mars 2019). Encore près de deux années plus tard, au moment où était examiné et adopté son projet néocolonial dit « loi sur le séparatisme », son parti politique LREM ouvrait également une antenne à Dakhla (8 Avril 2021). Il faut dire que le rapport remis quelques semaines plus tôt (20 janvier 2021) par l’historien macronisé et, plus spécifiquement les digressions orientales sur l’insuffisance et donc l’inutilité des excuses[1], avaient suffi à leur donner bonne conscience.

Aussi, lorsque des élus et des personnalités de la société civile, l’ont interpellé (11 mai 2021)[2] pour qu’il agisse en faveur des droits légitimes des Palestiniens, nous nous sommes dit qu’il aurait été préférable d’adresser la lettre ouverte au père Noël. Sans surprise aucune, Emmanuel Macron a réagi deux jours plus tard (13 mai) pour condamner le Hamas « et d’autres groupes terroristes », et s’inquiéter de la « sécurité d’Israël ». Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a décidé d’interdire la manifestation parisienne en soutien au peuple palestinien, prévue pour le samedi 15 mai.

Malheureusement, cela fait déjà longtemps que les présidents et gouvernements français successifs, au mépris manifeste de l’histoire, des conditions de la création de l’État d’Israël ainsi que des résolutions de l’ONU (et donc des droits humains qu’ils prétendent soutenir) ne font que reproduire la propagande d’un gouvernement d’extrême-droite. La confusion entretenue sciemment entre antisionisme et antisémitisme jette constamment de l’huile sur le feu, en criminalisant les manifestations de soutien au peuple palestinien et provoquant eux-mêmes les rares incidents qu’ils prétendent prévenir. Ne suffit-il pas de constater que samedi 15 mai, toutes les manifestations autorisées en France se sont déroulées dans le calme ?

Mais que peut-on attendre en vérité d’un président et de son gouvernement qui ont fait l’objet en mai 2019, d’une si importante accusation (trop peu relayée par une presse aux ordres), signée par de si nombreux intellectuels et universitaires « respectables » (et exerçant en France)[3] ?

Quant à nous, nous savons que la colonisation est fille de duperie ; elle s’est toujours présentée comme une œuvre civilisatrice, et l’ingérence s’est bien souvent drapée sous les mots de la démocratie. Nous savons aussi, en dépit de la grande propagande de certains gouvernants « donneurs de leçons », qu’un État qui commet des crimes d’apartheid ne peut être démocratique. Aussi tant que durera le joug colonial[4], nous sommes et serons avec la Palestine.

Nous accusons le président Emmanuel Macron et son gouvernement de s’être positionnés comme complices, de fait, du colonialisme. Nous accusons le président Macron, son ministre Darmanin et leur sous-fifre le préfet Lallement de sciemment tenter de provoquer des troubles pour mieux les réprimer. Nous accusons le gouvernement de répercuter dans ce qu’ils nomment bien mal « les territoires perdus de la République » les crimes coloniaux commis par les puissances occidentales.

Nous sommes solidaires de celles et ceux qui en Palestine, en Israël, et à l’international dénoncent et s’opposent à la colonisation, militent en faveurs d’une paix qui placent les droits humains en son centre.

[1] https://www.vie-publique.fr/rapport/278186-rapport-stora-memoire-sur-la-colonisation-et-la-guerre-dalgerie pp. 78 et suivantes.

[2] https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/110521/jerusalem-la-parole-est-vous-monsieur-le-president

[3] https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/040519/nous-accusons-0

[4] Voir les résumés de Julien Salingue : https://twitter.com/juliensalingue/status/1391809463233957889 ; https://twitter.com/juliensalingue/status/1392820092564561920

Sophie Bava (IRD)

Yazid Ben Hounet (CNRS)

Véronique Bontemps (CNRS)

Etienne Bourel (Lyon 2)

Pascal Buresi (CNRS-EHESS)

Jacqueline Fontaine ( militante DH)

Corinne Fortier (CNRS)

Alain Gabon (Université Wesleyenne de Virginie)

Fanny Gallot (historienne)

Marie-Luce Gélard (Université de Paris)

Véronique Ginouvès (archiviste, CNRS)

Barbara Glowczewski (CNRS)

Laure Guirguis (historienne, institut d'études avancées de l'université d'Aarhus - AIAS)

Hugo Harari-Kermadec (ENS Paris-Saclay

Magali Jacquemin, Professeure des écoles 

Chantal Keller (Université Paris-Saclay)

Mathilde Larrere ( historienne)

Emir Mahieddin (CNRS) 

Gilles Martinet (géographe)

Paul Poulain (spécialiste des risques et des impacts industriels)

Christelle Rabier (EHESS)

Gianfranco Rebucini (CNRS)

Vincent Romani (UQAM)

Michel Seigneuret (musicien)

Baptiste Sellier (sociologue, EHESS)

Marion Slitine (anthropologue, EHESS)

Alessandro Stella (CNRS/EHESS)

Hèla Yousfi (Université Paris-dauphine)

Timur Cengiz Uçan (philosophe, Université Bordeaux Montaigne)

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal
L’affaire des « biens mal acquis »
Les Bongo au Gabon, les Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, les Obiang en Guinée équatoriale... Depuis 2007, la police et la justice enquêtent sur le patrimoine faramineux en France des familles de trois clans présidentiels africains qui règnent sans partage sur leur pays.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia
Journal — Santé
Les effets indésirables de l’office public d’indemnisation
Depuis vingt ans, l’Oniam est chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux. Son bilan pose aujourd'hui question : au lieu de faciliter la vie des malades, il la complique bien trop souvent.
par Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr
Billet d’édition
Besoins, désirs, domination
[Rediffusion] Qu'arrive-t-il aux besoins des êtres humains sous le capitalisme ? Alors que la doxa libérale naturalise les besoins existants en en faisant des propriétés de la «nature humaine», nous sommes aujourd'hui forcé·es, à l'heure des urgences écologique, sociale et démocratique, à chercher à dévoiler et donc politiser leur construction sociale.
par Dimitris Fasfalis
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND
Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart