Chronique d'une catastrophe annoncée- Faut pas le dire.

Dimanche 21 juillet

Faire les soldes dans de petites boutiques, puis chez Zara, H&M, Mango, (ou autre marque de « fast fashion »). Déambuler parmi les amoncellements de tissus étiquetés made in China, made in Bangladesh, made in India…  S’enivrer, puis s’écœurer de fantaisie, de longueurs, de couleurs, de plumetis, de fluidité. Palper des imprimés, des acryliques, des viscoses, des nylons élasthanés. Voir apparaitre, au-delà de cette florissante apparence, les cartons dans toutes les villes de France et d’Europe où ces chaines sont présentes. Se représenter les containers traverser les mers sur d'énormes porte-containers. Voir les usines, semblables à celles du Rana Plaza, des jeunes femmes du même âge que celles qui ici palpent, essayent, dédaignent. Des jeunes femmes rivées à leur machine, à leur chaine. Derrière des entrées grillagées. Des rivières fumantes, chargées de produits des filatures. Des cloaques inhabitables, à l’horizon des usines textiles. Faire les soldes, ce rituel d’abondance, de pouvoir d’acheter. Et voir apparaitre, non pas la mondialisation "heureuse", comme nous l’ont vendue il y a à peine 10 ans des hommes très bien éduqués et très bien payés. Mais son visage grimaçant, hideux. La mondialisation aujourd’hui. Celle qui est imposée maintenant, avec ses traités, ses traites, ses traitres. Mais ça, faut pas le dire.

Chronique d'une catastrophe annoncée est un blog créée sur le site des éditions La nage de l'ourse

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.